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pour me communiquer le texte de l’épitaphe composé pour Mario Gioda. Plus tard, le 1* septembre 1928, il m'adressait la copie d’une lettre qu’il avait envoyée au Secrétaire du Parti, lettre que je veux publier en entier autant pour son importance intrinsèque et toujours actuelle que comme synthèse de ce qu’étaient les idées, les directives, la conscience d’Arnaldo. Au point de vue du style et de lPéducation faseiïste, elle n’est pas moins remarquable que son testament moral, écrit seulement quelques semaines aprés :
«Ma brève polémique avec quelques confrères de Rome au sujet des vertus et des nécessités du journalisme, au cours de laquelle j'avais exposé mon point de vue dans le Popolo d'Italia, en quelques articles que je ne crois pas mauvais, s’est rapidement close. J'ai sur ma table des fascicules entiers d’adhésions à mes idées. Ceux qui affirment que j'ai vu clair sont légion, les réserves et les critiques sont peu nombreuses : avec cela, quelques lettres anonymes sans importance. Je crois que mon point de vue est semblable au tien ou du moins est celui qui se rapproche le plus de ce que tu penses du journalisme et de la disctpline dans les hiérarchies inférieures du Fascisme.
« Toutefois, pour être sincère jusqu'au bout et pour essayer de donner une tournure pratique aux polémiques, je désire te communiquer cette seconde partie, que pour des raisons évidentes, je n'ai pas voulu publier. Il s’agit de certaines précisions d’une importance capitale, nécessaires après une période difficile et agitée comme l'a été cette dernière période de la vie nationale.
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Puisque nous sommes tous doués d’une certaine culture et d’une conscience probe, tirons une conclusion, non
pas tant pour notre satisfaction personnelle, que dans le
but de puiser dans l’œuvre d'hier, des lecons pour un avenir qui ne sera ni plus facile ni moins complexe.
«Je ne prétends pas ici découvrir l'Amérique et je me résumer brièvement :
«1° Il est nécessaire que, dans le cadre général du Fascisme, tu choisisses quatre inspecteurs politiques et quatre inspecteurs administratifs d'une conscience rare, d’une large culture politique, libres de toute doctrine et de tout intérêt caché, obéissants à la loi suprême et harmonieuse du Fascisme. Il faut. qu’ils connaissent à fond nos points faibles aussi bien dans les cas particuliers que dans les cas collectifs, régionaux et nationaux, et aussi nos mérites et nos qualités qui, il faut en convenir, sont trés grandes et très remarquables. Je suis sûr que devant cette trouvaille simpliste, tu souriras, en disant : Encore des bureaucrates ! N'y a-t-il pas déjà les vice-secrétaires du Parti ?
« Je déclare tout de suite que nous avons bien des choses à apprendre de l'Eglise romaine, et un peu aussi de l'Etat et de son Ministére de l'Intérieur. L'Eglise choisit avec soin ses visiteurs apostoliques pour les Diocèses. Ils causent, écoutent, ne se trahissent pas, observent et signalent à qui de droit quels sont les points morts sur lesquels la politique ecclésiastique doit insister. Les autorités supérieures qui sont à l'abri de toute picissitude et de toute manœuvre d'encerclement, prennent les dispositions nécessaires, en tenant compte des indications très sûres des inspecteurs. Tu as, il est vrai,
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les vice-secrétaires, excellentes personnes que je connas, mais qui sont attelés à une tâche très dure, accablés par la paperasserie, et en perpétuel contact avec les commissions, les députés et les hauts-fonctionnaires de passage. Les vice-secrétaires doivent demeurer tels qu'ils sont, ils ne peuvent pas s’absenter souvent de Rome. L’inspecteur politique, au contraire, arrive à l'improviste, sans aucune étiquette hiérarchique, mais avec le viatique des hautes autorités du Parti. Il regarde, observe, fait son rapport. Il est à l'abri de toutes surprises, C’est dans le même sens que doit agir l’inspeciteur administratif, qui pourrait être choisi parmi les meilleurs officiers en congé.
« Tu sais que, dans l’ensemble, le Parti est solide et digne du Régime. Dans les lignes principales et essentielles, tous savent comprendre les ordres du Duce et le but du Fascisme. Il nous manque seulement un peu de prévoyance et de cohérence. Ces dépenses exagérées d'automobile, de transports, de secrétariats, d’imprimés doivent être réduites. Dans une période aussi difficile que la nôtre, il faut donner à tous l'impression du recueillement. Rien n'offense davantage le peuple italien que l’ostentation de la richesse. Je te le répète, ce n’est pas que je croie à l'importance de ce fait. Je crois à ce que je vois, je crois à l'importance des rumeurs qui circulent, qui ne peuvent être ni arrêtées, ni démenties, si ce n'est par les affirmations de personnes supérieures, au-dessus de tout soupçon, qui aient accompli avec toute la sévérité et toute la conscience fasciste leur tâche d'investigateurs. Les organisations provinciales, dans l’ensemble, marchent bien aussi. Mais quand elles
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se sentiront surveillées et quand elles auront la sensalion, que, d’un moment à l’autre, certaines situations peuvent être diminuées ou supprimées, il en résultera une metlleure tenue et une plus grande discrétion. Cette manière d'arriver toujours en quatrième vitesse, avec un tapage infernal et des airs arrogants et dominateurs. ennuie terriblement les gens. Quand on a l'honneur d'appartenir, trois ans après la clôture des inscriptions, au Parti Fasciste, on peut et on doit aussi accepter de bonne grâce l'enquête la plus sévère sur la vie publique et privée.
<Il n'y «à pas d’honneurs- sans devoirs.
«Je te le répète, pense sérieusement à ces nominations. À première vue elles peuvent paraître faire double emploi, mais cela n’est pas. Les inspecteurs du Ministère de l'Intérieur sont supérieurs par leurs fonctions aux Préfets. D'autre part, ces inspecteurs qui rendent de notables services, ne peuvent souvent, à cause de leur mentalité et de leurs opinions, juger impartialement ce qui concerne le Fascisme. Si, comme je le crois, le Fascisme est appelé à vivre, à s'affirmer et à être utile au Régime, il est nécessaire qu'il ait aussi ses dirigeants pour le guider et le contrôler.
«2° Il est nécessaire que tu crées un Bureau de Presse du Parti. Je sais très bien qu'un Bureau de Presse, à Rome, où il y a déjà celui du chef du gouvernement et où siège l'Agence Stefani, ne peut être qu’un organisme de second ordre. Mais pour que ce bureau soit utile, il n'est pas nécessaire qu’il recommence à fournir à la presse italienne des théories, des tendances et des espoirs, ni qu'il se borne à lui donner des indications
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Dù | sur les opinions ou les jugements qui doivent étre émis sur des innombrables événements nationaux et internationaux. Ce qui au contraire est nécessaire au Bureau de la Presse, c’est de signaler les lacunes de leurs publications aux directeurs des journaux. Ceux-ci doivent Se sentir soutenus et surveillés, et chaque fois qu'il teur parviendrait un rappel, un avertissement, un reproche émanant du Parti, ils seraient nor seulement aiguillés vers un plus grand souci de leur responsabilité, mais ce serait pour eux un motif de s’amender et dinterpréter plus fidèlement les directives du Régime. Maintenant il ne s'agit plus d'étudier la facon de faire circuler les actions des différents journaux. L’important c'est de voir comment sont sentis, traités et développés les grands problèmes qui intéressent la vie nationale dans le cadre du Régime fasciste. Si, lorsqu'un quotidien fasciste commet une erreur, un rappel lui arrive rapide et motivé, fu peux croire qu’au bout de Le Sit Imois la presse, qui, 4 mon avis, s’est déjà beauai : coup améliorée, se rapprochera toujours de plus en 11 plus des directives suprêmes du Fascisme.
15e | «3° Népotisme. — 17 se peut que sur cette question M J'enfonce des portes déjà ouvertes. Je suis sûr que dans 1: des communiqués réservés aux organisations périphériques, tu leur as déjà fait comprendre combien est dangereuse, injuste et peu généreuse la tendance, manifestée de tout temps, à chaque révolution et à chaque guerre victorieuse, qui pousse des chefs, grands ou petits, a amédiorer les conditions d'existence de leurs parents proches ou éloignés. Je crois que les parents du Duce n'encourent pas ce reproche. Les Italiens auraient là-
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dessus beaucoup à apprendre. Il est indéniable que souvent les parents proches et lointains mettent au service de leur intérêt et de leur vanité, la situation politique de la « gloire de la maison ». Il faut blämer ces misérables tendances et y couper court. Les chefs sont des soldats, ce sont des hommes de foi, ils doivent avoir bien plus conscience de leurs devoirs que de leurs droits. Ils ne doivent pas grouper autour d'eux des clientèles toujours détestables, mais qui le sont encore plus quand il s’agit de parents. Sur ce point tu dois être clair, absolu, droit: tu auras Fapprobation de toutes les consciences justes et bien trempées.
«4° Charges économiques. — Tu les sans doute aperçu, Comme je Mm'EeIt Suis aperçu moi-même, que l’économie italienne métait pas encadrée solidement dans le Régime. Le fascisme a extraordinairement favorisé lPéconomtre capitaliste, il lui «a demandé en échange une législation qui est une vraie fortune pour les classes labortieuses, mais qui assure la tranquillité, l'orgueil et la sécurité aux producteurs. Laissons de côté les discours et les parades, en réalité l'économie n'a pas fat un grand progrès. À chaque instant elle demande quelque ehose au gouvernement. L'agricutture semble entre les mains d'amateurs, les exportations agricoles sont en baisse, tandis que le gouvernement et le Régime, avec leur politique de protection des forces vives de la production, sont en droit de s'attendre à quelque chose de mieux de læ part des producteurs et des travaillers. Dans l'industrie il y « ure amélioration sensible, mais tl ne faut pas souhaiter que la Nation édifie de nouvelles cheminées d'usine. Il faut veiller à
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(He celles qui existent et, dans ce but, il serait nécessaire ‘re que dans les Conseils d'administration entrent, non en ME cachette, mais avec l’assentiment formel du Parti, des Hi hommes de notre opinion. On ne peut rester en marge qi du Fascisme. Tu sais que je ne te dis pas cela pour enti trer dans un Conseil d'administration, ce que j'ai tou- JA Jours refusé de faire à cause de ma délicate situation hi comme homme politique et comme journaliste. Je fais Fi partie du Conseil d'administration de quelques journaux fi) Où notoirement on risque plutôt de mettre de l'argent Li de sa poche, que d’en gagner. Mais des éléments à nous, 1 Sorlis des Universités commerciales, après un petit Li DU apprentissage, peuvent dès demain être utilisés comme 3 1e attachés commerciaux dans les marchés internationaux. site Il est nécessaire qu'ils suivent de très près le fonction- VIT nement et l'extension des industries. Le vieux monde Hi s’est barricadé dans ces Conseils d'administration où, LE naturellement, outre l’agnosticisme, il y a des prébendes : HAE importantes qui indemnisent amplement le titulaire : 1H d'une légère fatigue. Si nous ne mettons pas des hommes ‘fi à nous dans les ganglions vitaux du Régime, nous ne : 10 jouerons que le rôle le plus difficile, le rôle abstrait, ri celui qui est impopulaire aux yeux des grandes foules. MAL Il ne faut pas avoir sur l’économie capitaliste les théoà nt ries démagogiques des temps passés. Il ne faut pas la : ER craindre, mais bien la dominer.
ME «5° Propagande. — Je ne crois pas beaucoup à l’effi- AL cacité de la propagande et à la diffusion de discours plus (HR ou moins brillants. Toutefois, quand de certaines bouches 1 1 partent des paroles d'avertissement, l'effet produit est ‘11e énorme. Tu ne limagines pas quelle répercussion peut : HER
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avoir une phrase du Duce, celle-ci par exemple : « C’est tout nus qu'il faut atteindre le but.> Combien de nos camarades ont répété avec orgueil cette phrase, combien, en parlant de leurs déboires, mettaient en avant la phrase : « C’est tout nu que j'arrive au but.» Beaucoup étaient peut-être des marchands d'illusions, mais beaucoup, en prononçant ces paroles, exprimaient un orgueil contenu. Quand le Duce ajouta : « J'ai un mépris souverain pour l'argent », et expliqua cette phrase avec les développements nécessaires pour ne pas faire croire que toute la vie pouvait être envisagée à la manière des moines franciscains, beaucoup se sentirent humiltés de voir les petites vanités, les désirs de richesse, l'ambition démesurée de certaines gens, en face de cet homme capable de dominer tout un peuple, tout en conservant la sérénité primitive d’un ascète. Cette maniere de prêcher non le renoncement stupide, mais la noblesse du travail et du désintéressement «a aussi son importance. Nous sommes un peuple qui a besoin d’'entendre des prédicateurs. On «a eu l’occasion de voir des anticléricaux notoires qui, pendant le carême, allaient entendre avec plaisir les sermons dans les églises. Si, à tout cela, on ajoute aussi l’action de la presse, nous pouvons croire que beaucoup de déséquilibrés au point de vue moral peuvent être contenus et assagis. Les nouvelles générations doivent grandir dans cette atmosphère de sereine vitalité, exempte d'artifice.
« 6° Hiérarchies supérieures. — Il est nécessaire, en ta qualité de Secrétaire du Parti ce qui est une tres haute charge — que tu rappelles également à l’ordre, quand l’occasion s’en présente, les députés, les sous-
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