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duisit les événements de ma vie dans une prose sans emphase, simple et pure, comme les Américains le désiraient.
Les lettres que j'ai citées ici ne représentent qu'une minime partie de la collaboration d’Arnaldo. Cette collaboration s’exerca de mille autres maniéres, non seulement à Milan, mais à Rome, non seulement en Italie, mais dans les colonies ;: non seulement dans le domaine strictement politique, mais aussi dans le domaine économique et intellectuel. Un homme politique peut douter de son plus fidèle collaborateur, se voir renié, peut-être, par son fils, mais un frère est un ami sûr, Arnaldo était l’âme dans laquelle je pouvais de temps en temps abriter la mienne, comme un navire à l’ancre dans un port et goûter quelques courts instants de calme. C'étaient les instants pendant lesquels, ou agenouillés sur la tombe de notre mère à San Cassiano, ou réunis le 39 juillet, pour mon anniversaire, ou grimpés à la Rocca delle Camminate, pour y regarder d’en haut les lieux où nous passâämes le meilleur temps de notre enfance et de notre adolescence, nous nous regardions dans les yeux silencieusement, évoquant ce temps, d’ignorance et de bonheur, qui portaient dans leur sein notre âpre destinée.
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