‹ Édition définitive des œuvres et discours de Benito Mussolini. II, Vie de mon frère Arnaldo. Précédée du Livre de Sandro Mussolini (mon neveu)Chapitre 77 sur 86 · NO · texte numérisé non relu

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n’était pas seulement d’ordre matériel. Un journal est comme un rivage de l’océan, sur lequel finissent par s’échouer, poussés par la tempête, tous ceux pour lesquels la vie fut un problème insoluble ou une souffrance jamais apaisée. On peut être «bon > en accordant un subside, en s’occupant de trouver une situation ou un logement et aussi par une parole consolante ou même une sévère admonestation. Etre bon signifie faire le bien, sans tapage et sans aucun espoir de récompense, même divine ; rester «bon» toute la vie, cela donne la mesure de la vraie grandeur d’une âme ! Demeurer bon, malgré tout, c’est-à-dire malgré les pièges tendus à la bonne foi par les mystificateurs, malgré l’ingratitude et l’oubli, malgré le cynisme des professionnels ; voila un sommet de perfection morale que bien peu d'hommes peuvent atteindre et où bien peu peuvent demeurer ! L’homme foncièrement «bon» ne se demande jamais, si cela vaut la peine d'agir. Il pense que cela vaut toujours la peine. Aider un malheureux, même s’il en est indigne, essuyer une larme, même si elle est impure ; donner un soulagement à la misère ; un espoir à la tristesse ; une consolation à la mort, tout cela signifie qu’on ne se considere pas comme en dehors de l'humanité, maïs qu’on est solidaire de celle-ci par la chaïr et par le sang. Cela ne signifie-t-1l pas aussi tisser la trame des sympathies avec ces fils invisibles, mais puissants, qui enchaïînent les âmes et les rendent meilleures ? À lexercice de cette vertu, Arnaldo se consacra tout entier après la mort de Sandro. Il n’eut plus alors qu’une seule pensée, un seul but : faire du bien pour honorer la mémoire

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du fils perdu : du bien à tout le monde, aux amis, aux étrangers et même aux ennemis, non pas sans doute à ses ennemis personnels — car, il n’en avait peut-être pas — mais aux ennemis de notre époque et de notre triomphe. Et bien que cela fût très loin de ses intentions, le Fascisme profitait de cette œuvre, sans nul doute.

Le Fascisme prenait avec lui un autre aspect et qui n’était pas seulement celui nécessairement sévère d’une Révolution. Le Régime, à travers son œuvre, s’humanisait : le calcul politique cédaït la place aux mouvements du cœur. Pourquoi dans l’aride domaine de la politique active, la source — même secrète, mais limpide et régénératrice — ne jaillirait-elle pas de la bonté ? Les puissants n’allièrent-ils pas toujours et à toute époque l'exercice de la force à celui de la bonté ? Mais « puissant », Arnaldo ne voulut jamais l’être. Il se considérait comme un disciple et comme un «humble ». Cette parole évangélique jaïllit de son testament. Dans son dernier discours du 20 décembre, vingt-quatre heures avant que son cœur cessât de battre, ne parlaïitil pas encore des «humbles > vers lesquels devait se diriger l'effort solidaire de toutes les organisations du Régime ? La foule innombrable qui se pressa, recueillie derrière le cercueil d’Arnaldo, n’était-elle pas la preuve que l’âme du peuple respecte la force, mais qu’elle aime la bonté ? La bonté porte en soï un autre trésor : le pardon. Arnaldo pardonnaiïit aussi à tous et surtout à ceux qui lui avaient fait du mal. Il était porté à cela par ses fermes et profondes convictions religieuses. Cétait un croyant, mais — ainsi qu’il le dit dans sa

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