Cel alinéa ne si- trouve dans aucune des éditions
DE L'INTRODUCTION. clxiii
vant en présence d'un Pape nouveau dont l'universelle renommée avait déjà salué le nom, et qui m'était plus particulièrement connu par la correspondance des Affaires Étrangères, par les relations que j'avais recueillies de divers personnages qui avaient eu occasion d'entretenir Pie IX peu de temps après son avènement, et surtout par ce que m'en avait appris M. Etienne, l'éminent Supérieur des Missionnaires Lazaristes et des Sœurs delà Charité'. Contrairement à l'adage latin, la présence de Pie IX ne diminua en rien l'idée que j'avais conçue de l'élévation et de la mansuétude si profondément chrétienne de son caractère ; et les souvenirs que j'emportai de cette courte entrevue, ne se sont point effacés. Je n'eus jamais l'indiscrétion de me rappeler personnellement à sa bienveillance ; mais il me témoigna en plus d'une circonstance qu'il ne m'avait point oublié.
Nommé, peu d'années après mon voyage en Italie, sousdirecteur des Affaires politiques, j'avais dans mes attributions les États du Midi, de l'Orient et de l'Extrême Orient, auxquels furent ajoutés par surcroit pendant quelque temps ceux d'Amérique. Je me trouvais ainsi appelé à m'occuper des Missions catholiques dépendantes de la Propagande à Rome et placées de temps immémorial sous la protection de la France. Cette tâche paraissait bien secondaire eu égard à la diversité et à l'importance des affaires dont j'étais chargé ; mais je m'en acquittais avec d'autant plus de soin, que les choses de la religion et celles de la politique me semblaient inséparables dans les États musulmans, de telle sorte que l'appui donné aux Missions devenait comme une des formes de l'influence française. De toutes les parties du monde, de l'Orient surtout, les préfets apostoliques, les supérieurs de missions, les évêques, les patriarches se rendaient à Paris en allant à Rome ou en en revenant. La plupart demandaient à me voir, et j'ai recueilli
1. « On parle beaucoup des réformes à faire dans les Etals pontificaux, lui avait dit le Pape. Savez-vous quelle est la plus urgente? C'est celle des congrégations et du clergé italien. »
clxiv APPENDICE DE L'INTRODUCTION,
souvent dans leurs entretiens sur la situation des pays où ils résidaient de très utiles renseignements.
Beaucoup m'écrivaient de Rome, et ne trouvaient rien de mieux pour me remercier que de me dire que mon nom, mentionné par eux avec reconnaissance, avait été accueilli avec une bienveillante sympathie par le Pape, qui parfois les priait de me transmettre sa bénédiction.
Qu'il soit permis à l'éditeur de Pascal, maintenant retiré, mais non désintéressé de la politique à laquelle il consacra une grande partie de sa vie, de rappeler un dernier et précieux témoignage des sentiments de Sa Sainteté Pie IX à son égard. Le gouvernement italien s'étant mis en possession d'une partie des États du Pape, il était juste qu'il prît à sa charge une portion proportionnelle de la dette pontificale. Pie IX eut recours pour cet objet aux bons offices de l'Empereur, et je me trouvai chargé de négocier avec le plénipotentiaire italien envoyé à Paris, puis de signer, au nom et avec les pleins pouvoirs de Sa Majesté, la convention du 7 décembre 1866 qui régla la répartition de la dette pontificale. La négociation approchait de son terme, à la fin d'octobre, quand le comte de Sartiges, ambassadeur à Rome, vient me voir et me dit avec un aimable empressement que le Pape, au moment où il avait pris congé de Sa Sainteté, lui avait donné pour moi une commission qu'il lui était bien agréable de remplir. « Je sais, m'a dit Pie IX, ajouta M. de Sartiges, tous les soins que met M. Faugère à sauvegarder nos droits dans le règlement de la Dette Pontificale ; veuillez lui faire mes amitiés et lui annoncer que je vais le nommer Grand- Croix de V Ordre de saint Grégoire. » Le Nonce Apostolique vint peu de jours après me remettre le diplôme et les insignes d'une marque de distinction d'autant plus flatteuse qu'elle m'était spontanément conférée par le Pape, qui seul y avait pensé. Mon excellent collègue M. de Sartiges, aujourd'hui comme moi à la retraite, retrouvera, j'en suis sûr, avec plaisir, quand cette page passera sous ses yeux, le souvenir que je viens de rappeler.
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FQUGEREi R R PI P N D PROSPE
Ch 1900