Edme Bouchardon
L’artiste qui fait l'objet de cette étude a joui, dès son vivant, d'une réputation considérable. Il avait été chargé de Pexécution d'un des monuments les plus célèbres et les plus en vue qui aient orné Paris au xvme siècle, la statue équestre du roi Louis XV, sur la place du même nom, aujourd'hui place de la Concorde; cette œuvre a disparu dans la tourmente révolutionnaire. Plusieurs autres de ses sculptures ont aussi été détruites ; quelques-unes, un certain nombre de bustes par exemple, existent peut-être encore, mais sont égarées ou se dissimulent sous de fausses attributions. Quoi qu'il en soit, trois groupes du bassin de Neptune, à Versailles, la Fontaine de la rue de Grenelle, à Paris, et la statue de P Amour, au Musée dn Louvre, qui sont les principales de ses œuvres subsistantes, donnent encore une haute idée de sa valeur; elles suffisent à le placer tout à fait au premier rang parmi les sculpteurs du xvine siècle, à justifier les éloges enthousiastes que lui ont décernés ses contemporains, à expliquer son rôle capital dans 1 évolution de Part français, à légitimer enfin l’étude qui lui est consacrée ici,
La vie de Bouchardon a déjà donné lieu à trois publications spéciales. La plus ancienne, sans nom d'auteur, est du comte de
Caylus. C’est un petit in-8, intitulé : Vie d'Edme Bouchardon, sculpteur du Rot* A Paris. M+ DCC LA//. Cette biographie émané d’un contemporain qui était très lié avec P artiste. Les sculptures laites à Paris y sont énumérées dans l'ordre de leur
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exécution, quoique sans indication de date: les renseignements relatifs aux sculptures antérieures, c'est-à-dire celles faites à Rome, sonttrès incomplets et donnés sans ordre : Caylus n'avait lait la connaissance de Bouchardon qu'aprës son retour d'Italie.
À titre de renseignements contemporains, et sans qidon y trouve du reste une véritable monographie, on peut mentionner à côté de l’ouvrage de Caylus les notes laissées par Mariette et par Charles-Nicolas Cochin, publiées seulement de nos jours: celles de Cochin sont particulièrement importantes.
La seconde biographie, donnée en 1857 par Émile Jolibois, est un résumé de l’ouvrage de Caylus, avec quelques indications nouvelles.
Enfin, J. Carnandet a publié, en 1855, une notice accompagnée de lettres inédites du statuaire : la partie biographique a été copiée, mot pour mot, tantôt dans Caylus, tantôt dans Jolibois; il n’y a de nouveau que les lettres.
Outre divers imprimés, dont on trouvera la liste à la lin du présent ouvrage, j’ai utilisé plusieurs sources manuscrites, notamment le fonds de la Direction générale des Bâtiments du Roi, aux archives Nationales, et les papiers mêmes de l’artiste, conservés chez ses descendants1 à Chaumont-en-Bassigiiy et dans les environs.
Jrai essayé de tracer, à l'aide de ces différents documents, un tableau d'ensemble de la vie et de Rceuvre de Bouchardon : riiistoire de plusieurs monuments ayant déjà été traité par moi avec toute E ampleur voulue, soit dans la collection des Réunions des Sociétés, des Beaux- A rts des départements , soit dans celles de la Gaietle des Beaux-Arts et de la Chronique des Arts, j'ai cru devoir éliminer ici un certain nombre de détails d'intérêt secondaire: ils auraient surchargé plus que de raison cette monographie, où je me suis efforcé avant tout de faire ressortir l’activité du sculpteur et le caractère de son talent
i. Familles VoilLcmier, I .aillant et Pesrrie,