‹ Edme BouchardonChapitre 24 sur 80 · Vie d’Eme îiouçhardoijy p · texte numérisé non relu

Vie d’Eme îiouçhardoijy p

Vierge de douleur.

(Pierre. — Églttt SîitiH-Sulpîcc. Pitm.)

BOUCHA RD ON

sant: * La Notre-Dame,*, est vêtue dans le goût de ces filles dotées, que vous avez vues à Rome...*, Elle a quelque chose de divin et ne représente pas moins une Mère de douleur. Mais toutes les vues de la Figure ne sont pas également belles : celle qui se présente en sortant des bascôtés est équivoque : on n’y démêle qu'un bloc de pierre qui semble être

posé au coin du pillier comme une borne '* »

L’exécution des statues de Saint-S ulpice, qui fut reléguée de plus cnplusau second plan, devait permettre à Bouchard on dh accepter d’autres commandes* et il lui en vint de nombreuses*

Le duc d’Antin avait à cœur de lus donner autre chose que la statue de Louis XIV pour l’église Notre-Dame, et sans attendre l’achèvement de cette sculpture, pour laquelle Bouc h ardoti m o n tra i t, du reste, peu d 1 emp ressentent , il eut bientôt l’occasion de lui procurer une nouvelle commande. Le Roi ayant manifesté l’intention de donner k Chauvelin, garde des sceaux, des sculptures pour orner son parc de Grosbois % Botichardon et son camarade Adam l’aîné furent chargés d’exécuter chacun un groupe en pierre qui représenterait un homme luttant contre une bète fauve. Rouchardon eut à faire un Athlète

Athlète domptant un ours.

Gravure dû Caylus d'apris Boitetiarctnn .

i. Lettre sur la peinture, etc., 2* édit., p, 33.

i. Grosboïs, cotn, de Boîssy-Saint-Léger, arr. de Corbeil jScine-et-Gise).

PREMIERS TRAVAUX A PARIS ET A VERSAILLES

domptant un ours ; le groupe d’Adam, qui lui faisait pendant, représentait un Chasseur enveloppant un lion dans ses filets.

Ces sculptures étaient terminées en i/35 comme le prouve ce passage d'une lettre de B 0 it chardon à sa sœur aînée : * J ai finit mon ouvrage heureusement à Grobois, qui a été admiré de tousceuxqui l'ont veüe , . ♦ Madame la garde des sçaux m'a témoigne quel c toit très mortifiée que je n’eut pas fait la figure du sieur Adam, qui ne lui fit pas beaucoup d’honneur... * Il ajoute qu'il 11 'en veut pas tirer vanité, « parce que chacun fait ce qu’il peut *,et les vrais connaisseurs sauront bien faire la différence; mais dans une seconde lettre* du 10 septembre, il revient, cette fois d’une façon mordante, sur ce sujet qu'il avait

fort à cœur : - Venta- Fûûtaine ailK lit>nS-

(Muue du Louvre.)

blement, dit-il , il 1 a

une grande différence de cette (sic) ouvrage au mien, tant pour la composition, le travaille et le dessein qui est misérable... I! a fait la cassequade de Saint-Cloux et ce groupe pour Grobois : ces deux ouvrage sont méprisé de tous les connoisseurs, Véritablement, je n'ai jamais rien vue de plus mauvais en ma vie : les moindre sculpteur de Paris

1. L’exposilicm des modèles I terre ^uiiei n'eut lieu au Salon qu’en 1737.

aOUCHAKllON-

sont plus habil que cet homme là 1 *. Ce groupe, qui fut payé quatre mille livres2, paraît avoir été détruit *. Dès 1762, Caylus écrivait: « Ce groupe est gravé, la composition subsistera, mais les finesses de l'ouvrage même ne feront pas longtemps honneur à leur auteur : le temps en aura bientôt fait justice; le grand air et la distance de Paris, quoique médiocre, rendent toujours l'entretien et les réparations difficiles: ainsi tout concourt k sa destruction4. * 11 sem~ ble bien que dès la fin du xvnr siècle cette sculpture et celle d'Adam n’existaient plus, au moins à Grosbois : les documents de T époque révolutionnaire relatifs à l'inventaire, à la vente et à la distraction, par la Commission des Arts, des objets se trouvant alors au château et dans ses dépendances, n en font aucune mention s; cependant, Dezallierd'Àrgenville les signalait encore, en 1779, dans les boulingrins qui occupaient les côtés du parterre, et décrit ainsi le groupe de Bouchardon : * ... Un Athlète qui dompte un ours; un de ses genoux porte sur cette bète féroce et occasionne un savant raccourci *

BoucharHon n'avait pas encore abandonné l'exécution de la statue de Louis XIV pour Notre-Damede Parisquand il fut chargé, en 1736, d'une autre sculpture destinée à la même église : c’était le Tombeau de Charles delà Gra nge-Tria non^ chanoine de Paris, conseiller au parlement, mort à quatre-vingts ans, le 10 juillet 17 33. D'après le marché passé avec ses héritiers, le to avril 17,%, ce devait être une oeuvre importante, mais Bouchardon ne fit que les modèles, en plâtre, de la figure et des ornements; le marché fut résilié en 1761, faute de ressources suffisantes. Caylus nous apprend qu'on mit à sa place un médiocre monument7.

C’est également en 1706 que Bouchardon exécuta le husle du marquis de Gouvernet , qu'il traita dans la manière antique, comme il avait fait de celui du baron de Stosch.

Il existe de ce buste, dans la collection de M™ Edouard André, une

k Cii mandée, qui a publié ces deti* telles, daie par erreur de 173+ celle du 10 septembre.

Page 1