Ârch. Nat., O1 ïïÎ4f p. 164; O1 îiJ5, fol. îot
3. Lettres de M. Gaut, mandataire de M. le prince de Wagram au château de Grosbois ItSyib
3. Lettre de M. Coüard. archiviste de Seine-et-Qise, du 3 octobre îSyt,
6. Dc/allicr d'ArgeiiviJk, Voyage pittoresque des environs de Paris, 4e édition, p. 353.
7. VU it Edtne Bouchardon , p. 5i-52. — Ce médiocre tombeau était dans la chapelle Sainte- Gai lier in e fThiéry, IL 107}.
Edme Bouchardofl
PJ. VIII
lîlJSTF DU MARQUIS DE GOUVERNË'l - 17 36 ( >
ColltciiûA de M le Aynar dé Chabntlan
PREMIERS TRAVAUX A PARIS ET A VERSAILLES
très belle terre cuite, qui a peut-être précédé l'exécution du marbre, mais ne porte ni signature ni date d execution. Le marbre, au contraire, est signé : EdmuKüus Boucïïàrdox, sgulptqr REGIUS, faciebat a, n, 1736. Il appartient aujourd'hui, par voie d’héritage, à >L le eomte Àynar de Chabrillan, arrière-petit-neveu du personnage représenté, Charles -b redéric de la Tour du Pin, marquis de Gouverner, sénéchal de Valentinois et de Diois, gouverneur de Montélimar (1694-1775). M, de Chabrillan, qui nous a permis d'étudier et de reproduire ce magnifique portrait de famille, possède également deux quittances, signées de Bouchardon, qui se rapportent à son exécution: elles sont datées de 17^7 ^ ^ * 74 ^ ^ mentionnent un paiement total de 1,600 livres £.
Cette œuvre, exposée au Salon de ^38, est ainsi désignée par le livret (lt i53) : - Un portrait en buste de marbre blanc, sans draperies, traité dans le goût de l'antique ». Ce parti pris, que nous avons déjà noté dans une autre oeuvre de Bouchardon, devait plaire infiniment à ceux des contemporains qui voulaient ramener l'art français au « grand goût de l'antique » et incriminaient volontiers les draperies chiffonnées de Lemoyne et des autres :dl n'est point habillé, écri vait plus tard Caylus, et le sentiment de la chair, joint à la plus grande simplicité, rend ce portrait infiniment- recommandable a. » Avec ses cheveux longs rejetés en arrière, son mouvement noble et hardi du coup et des épaules, c'est d’ailleurs, il faut le reconnaître, une œuvre de très grande allure, et le plus beau, le plus vivant portrait qu'eût encore produit Bouchardon MPI. \ 1ÏL)
A cette meme année 1786 doit être rapportée l'exécution du monument funéraire de la duchesse de Laur agitais, que l'on voyait en l'église de Saint-S ulpice de Parts, Ce petit monument, élevé û la mémoire d'une jeune femme dé dix-neuf ans, consistait en un bas-relief en pierre de I onnerre, de petites dimensions, figurant une femme éplorée, appuyée sur une colonne qui portait cette inscription : ut flos axtb diem flebilis occïdit, Caylus exprimait le regret qu'il lût en pierre et mal éclaire (il était du côté de la grande sacristie, près de lu troisième chapelle). On ne s'étonnera pas qu'il l'ait trouvé très beau, comme tou tes les autres oeuvres
c. Ces documents ont été publiés dans le Bulielitt de la Soçiêie d h is foire de I Art français tigoS, p. 3 1-33) par M. Pau) Vitrv, « qui M. de flhabrillan av&it bien voulu les communiquer, et qui ma signalé La situation de ce buste, que je savais seulement exister encore, ï. Caylus, Fie d'Kdme Bouchardon, p. 3S- . ,
iS. Avec le buste de Clément XII et celui du cardinal de Polignae, ve sont Les trois seuls bustes subsistants, à ma connaissance, des neuf que Bouchardon a sculptes.
BOL CHARDON
de son ami Bouchardon; du reste, l’abbé Le Blanc s'écriait, dès l'année 1747 : * Le petit tombeau de Madame la duchesse de Loraguais..,*, soit pour le dessein et la manière de traiter les draperies, soit pour la force de l'expression, n'est-il pas comparable à ce qu i! nous reste de plus beau de l'Antiquité?»; Dezallier d’Àrgenville le déclarait * admirable»; Baillet de Saint- Julien reconnaît à la Vertu qui pleure * un tour simple, gracieux et élégant 1 ; Bach au mont le proclamait « beau comme le bel antique, aussi pur et aussi sage », et Lenoir estimait que l’artiste y avait mis « de la grâce et de la vérité Malheureusement, si Lenoir le reçut bien au dépôt des Petit s-Âugustins \ on ne sait ce qu'il devint à la dispersion de son Musée et l'on n’en trouve pas trace à l'église Saint-S ul pice
A l’époque où nous sommes arrivés, Bouchardon n'avait guère traité en ronde bosse que des sujets très simples, bustes et statues, et chaque œuvre ne comportait qu’un seul personnage : un seul groupe, en effet, nous est apparu, dans la liste déjà longue de ses sculptures, celui du château de Grosboïs, qui n'existe plus ; ceux du bassin de Neptune, beaucoup plus importants, dont il va être question, existent encore.
Le duc d’Àntin, malgré dus procédés hautains dans ses rapports avec les artistes, avait un véritable souci de leurs interets : la conduite qu’il a tenue à l’égard de Bouchardon en est un exemple bien probant; le duc lui avait promis * de la belle et bonne besogne », et vraiment il lui tint parole . Nous l’avons vu, dès T arri vée d u scu lpteur à P ans , lui co in m a n de r une statue de Louis XIV pour l'église Notre-Dame* Bouchardon ne se pressa pas de l'exécuter, mais le duc ne lui tint pas rigueur, et dès l'année 17,15 il lui commandait le groupe de Grosbois; enfin cette sculpture était à peine terminée qu’il lui en ordonnait plusieurs pour Versailles.
i. Cavlus, p. 48; (Le Blanc], Lettre sur i’ Exposition des ouvrages de peinture, sculpture, etc., de Vannée 1747, P- 170, noie; (Dezallier tTArgefivilte], Voyage pittoresque à Paris, 174^, p. s5[,et 1778, p. 353; [Bailteï de Saint- Julien], Lettre sur la peinture, 2* édit,, 1749, p. ; Bac h au mont, dans Revue universelle des arts, V, 4at ! Lenoir Musée des monuments français, eSio, p, 272, nf 37L — Cependant Lenoir avait écrit sur sun exemplaire de >793 = ■ Ce monument,,, n'est pas du meilleur temps de cet artiste * iCourajod, ^iearaMdre Lenoir, E 1 , 269, note),
i, Courajod, Alexandre Lenoir , I, p. 41, no 184.
3. Il ligure cependant sur I* * État des statues* bas-reliefs, etc.* transportés à Saint-Denis et au Musée du Roi, restitués à des particuliers et aux églises p, iftei, et j] y est dit qu'il fut restitué à Saint- Su] pi ce (Courajod, Alexandre Lenair, I, p. 191I,
PI. \x
Le Dieu PruTce. — Plomb- (Butin <3e Neptune, à Versaîll»)
PREMIERS TRAVAUX A PARIS ET A VERSAILLES 4 S
Bouchardon devait être satisfait, mais il trouvait que les paiements faits au nom du Roi se faisaient trop attendre. Le duc d'Àntin finit par se fâcher, comme en témoigne la lettre suivante, qui se passe de commentaire :
* A Versailles, Ie5may 1736.
« Je reçois votre lettre du 3. Si vous voulés que le roi se serve de vous.
Lit Lant au dragon.
Group* çn plomb. (lîawîn cle Neptune, k Venaîlk*.)
je VOUS conseille de n'être pas si difficultueux et de ne pas demander de l’argent tous les jours, comme vous faites. Je sçai que vous n êtes pas riche: ainsi j’aurai soin de vos affaires à mesure que vous travaillerés. Vous pouvés mener ici les gens qui vous sont absolument nécessaires: j'aurai soin de les faire payer,
a On va vous donner cinq cens écus tout à l'heure; ce n'est point lu mode chés le Roy de payer par avance.
* Le Duc d'àktin1, >