PI. II
PREMIÈRE ÊDt'CATÏGN DE BOUCHARDON 7
maisons et des remparts de la ville, de pavage des rues, etc* ; à recevoir les travaux des ouvriers et à régler leurs mémoires. Mais l'architecte de la ville n'en était pas moins un personnage, et à ce titre il recevait chaque année un pain de sucre pour étrennes.
Comme architecte particulier, il ne semble pas que Rouchardon père ait lait beaucoup de constructions offrant quelque caractère artistique; dans ce genre, je ne pourrais mentionner avec certitude que le porche de l’église abbatiale de Notre-Dame, à ChâtLlloti-sur-Seïne ( 17081, la porte d'entrée de l'abbaye du Val-des-Écoliers(i7i3)et une «toge en portique», sorte de serre, du château de Chanta randes, prés de Chaumont ( 1 7 3ô) .
Jean-Baptiste Bou chardon était né le 1 6 niai 1667* à Saint- Didier en- Velay1, où son père, Antoine Bouchardon, était marchand. Je ne sais ce qu’il devint ni ce qu'il lit jusqu'en 1692 : à cette date, il avait vingt-cinq ans et se trouvait à Chaumont-en-Bassigny, où il se fixa définitivement par son mariage avec Anne Cheré. Sa femme était fille df un maître cordonnier qui jouissait d’une certaine aisance, car il avait pignon sur rue, Sa maison existe encore, et c'est dans cette même demeure que vînt au monde, le 29 mai 1698, le futur sculpteur du roi, Edme; là aussi naquirent quinze autres enfants, de 1694 à 1720. Quoique plusieurs soient morts jeunes, la charge d'une si nombreuse lignée fut pendant longtemps une cause de gêne pour la famille,
J -B, Bouchardon dirigeait un véritable atelier où travaillaient deux ou trois compagnons; une fille du maître-sculpteur Jacquette* l aînée de ses seize enfants, était spécialement chargée de la dorure des nombreux reta b le s d "égl i se s ( gé n é ra I cm en t e n bo t s ) q ue dess i n a i t e t scu 1 p tai t son pè re *
Sans entrer ici dans le détail des travaux de cet atelier, il suffira de dire que, parmi les œuvres qui en. sont sorties* les plus importantes sont : le banc -d'œuvre et la chaire à prêcher de l'église Saint -Jean -Baptiste, à Chaumont (1700-1701), ert bois de chêne, non dorés; un très grand retable en pierre dorée, qui occupait tout le fond de la chapelle des Ursulines de la même ville (1712), retable dont les principales parties sont maintenant dispersées et partagées entre le Musée, l'église Saint- Jean et la chapelle du Lycée.
11 faut signaler aussi, parce qu elles sont en ronde bosse et en pierre,
1, Aujourd’hui Sa int- Didier- la- Scauve {Hauie-Loire|,
ROÜCHÀKD0N
deux statues, saint Joseph et saint Augustin ( 1718-17] 9}, à l'église Saint- Bénîgne de Dijon, qui proviennent de la chapelle des Ursulines de la même ville et mesurent i"8o de haut; comme on le verra plus loin, ce ne sont pas les seules sculptures que Bouchardon ait exécutées à Dijon.
Cet artiste a surtout sculpté pour les églises, mais il a aussi traité des sujets profanes, certainement en moins grand nombre, notamment pour le parc du château de Loulans (H au te- Saône), de 1732 à 1737, quatre statues: Apollon et Diane, Flore et Bacchuâ, et quatre bustes: Mars, Pallas, Hercule et Déjan ire. Le tout était en pierre: il n'en reste plus rien aujourd’hui.
Les sculptures en bois exécutées par J.-lL Bouchardon sont incontestablement les meilleures. Dans la chaire et le banc d'œuvre de Chaumont, les guirlandes, les petits amours, en général tout ce qui constitue la partie purement décorative, sont traités habilement et avec grâce, tan dis que les bas-reliefs (baptême de saint Jean, au banc d'œuvre ; femmes assises, symbolisant les trois Vertus théologales, à la chaire), présentent une certaine sécheresse et une grande banalité. Il en est de même pour les statuettes qui entrent dans la composition d'un grand nombre de retables, comme celui de l'autel de l’ Hôpital de Chaumont: ces figures, de petites proportions, sont d'assez bon style mais légèrement maniérées.
Parmi les sculptures en pierre, le haut-relief, de très grandes dimensions, qui représente I Assomption, à la chapelle du Lycée de Chaumont, a été entièrement redoré dans les temps modernes, ce qui en rend la vue assez fatigante. Légèrement renversée en arrière, les bras étendus dans une attitude assez naturelle, la V ierge y apparaît enlevée sur des nuages parsemés de petits anges, aussi gracieux que ceux du banc d’œuvre de l’église Saint-Jean.
Deux statues, également en pierre entièrement dorée, un saint Augustin et une sainte Ursule, aujourd’hui à l’église Saint-Jean, proviennent du même ensembledécoratifque le bas-relief du Lycée; celle de sainte Ursule est la meilleure : la draperie en est sobre, la pose naturelle et pleine de noblesse, tandis que la figure de saint Augustin a une attitude mouvementée et qui manque de dignité; son corps est, sans raison plausible, légèrement rejeté en arrière et sa crosse tenue avec négligence : un grand vent semble agiter sa barbe et ses vêtements.
A Téglise Saint- Bénigne de Dijon, les statues de saint Joseph et de saint