‹ Edme BouchardonChapitre 5 sur 80 · PREMIÈRE ÉDUCATION UE BOUCH A K DON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉDUCATION UE BOUCH A K DON

Augustin témoignent d'une certaine facilité de praticien, mais manquent plus ou moins de naturel : saint Joseph, qui tient l'Enfant Jésus sur ses bras, semble fléchir sous le poids d'un aussi léger fardeau. Les draperies sont traitées avec allée ta t ion, dénuées de toute simplicité et de tout calme dans V agencement. Les deux figures ne furent, d'ailleurs, payées ensemble que quatre cents livres, et peut-être furent-elles exécutées d'une manière un peu hâtive.

Ces indications peuvent suffire à donner une idée du talent de Boucha rdon père comme sculpteur, talent assex modeste et renfermé dans les formules courantes de l'art religieux de l'époque, mais qui l’élevait au-dessus de la moyenne des artistes de cette région appelés à travailler dans les églises. Le sculpteur dijonnais Jean Dubois était mou en 1694 et n'avait pas été remplacé dans son pays par un artiste digne de lui succéder. C'est sans doute la raison qui lit appeler Boucha rdon père à Dijon pour y exécuter divers travaux.

Parmi ces travaux de Dijon, il en est un qui nous intéresse par tienfièrement, car il mit en scène le jeune Edme, alors âgé de vingt ou vingt et un ans, et qui avait certainement déjà appris, dans l'atelier paternel, à vaincre les premières difficultés de son art \

Il s'agit de la décoration de la façade principale de l'église abbatiale de Saint-Étienne de Dijon, J.-li. Bouchardon devait exécuter un grand bas-relief en pierre représentant le Martyre de saint Etienne, patron de cette église, et destiné à être placé dans un tympan, au-dessus de la grande porte.

Le correspondant chargé de donner des instructions au sculpteur était M. Bouhiei de Lantenay, conseiller au parlement de Dijon, Nous n’avons pas ses lettres, mais nous possédons deux de celles qui lui furent adressées par le sculpteur c ha u montais *. Dans la première (du 17 octobre 1719), Bouchardon disait: - Je travaille sans relâche, jvac mon jil& , au bas

t. Il lit quelques essais ert peinture, dont i] ne nous est rien resté.

i. J’ai donné les originaux de ces deux lettres à M, Paul VoiÜemier, de Reclaneourï,

BOUCHAKUOtf

BOUCHA R DON

relief. • La seconde (du 3 t mai 1720), découverte depuis la publication de ma notice sur cet artiste, prouve que la collaboration du fils fut très sérieuse : * Ces luy, dit-il, qui a travaillé cet bas-relief sous ma conduite; je luy en ay faite faire sont étude comme son chef dœuvre. *

Des sculptures décoratives devaient accompagner le tympan. Bouchardon proposait dv mettre des groupes d'enfants, mais le grave personnage qui avait reçu la mission de surveiller le travail de l’artiste s'obstinait à lui demander une Gloire. Les raisons que Bouehardon lui opposait sont intéressantes à connaître; il écrivait : a A legard de la gloire.au tnelieu et en place de la clef, je n’y m o posera v pas, car cest de (ouvrage es parnié pour moy, mais je voit tant de gloire à Dijon que, jusque aux moindres colifichets, ils en sont rem ply. L’on Taira ce que Ion jugera a propos là dessus, mais je sceay bien qu'en retranchand cest groupe denfatis Ion retranchera une partie de la richesse qui accompagnie ce bas relief, car les antiques et modernes ont observé donner ces endroietz darchitecture le plus richement qu’ils ont peut, soitderenoméeou trophée darmes, ou autres atribus convenables aux sujets; et en peut font [trouver] de mieux [appropriés] aux nostre que des enfansqui portes des couronnes et des palmes et festons de fleurs, pour marquer la récompance du tuai tir de nostre grand héraux du christianisme? *

[.a cause était trop bien plaîdée pour ne pas obtenir un plein succès; les groupes d cillants furent acceptés, et l’année suivante Ed me écrivait à son père, de Dijon, le i.S juin : * J ay dessigné les en fans, pour les timpans, sur du papier de la grandeur qu'ils doit vent estre; ils font très bien, maisj’apréende qu'en exécution il nesoit trop petit. Cependant ses mesieur, malgré les remontrance que je leur en ay lait, veulent absolument que je les fasse, ne trouvent rien qui puisse mieux convenir au sujet. » Quant au bas-relief du Martyre, il était déjà fait, et dans cette même lettre du 1 5 juin 1720 apparaît clairement la grande part que le fils avait eue à son exécution : il écrivait à son père , * J'ay achevé, avec l’aide du Seigneur, le bas-relief ses jour icy.. ce morceau établira nostre réputation et éternisera vostre mémoire et la mieiie 11 est l’admiration de tous ceux qui le son venu voir : il nous font passer pour des second Dubois: c’est ce qui me donne une grande joie. ‘ *

i- On ne saurai! reconnaître un projet pour ce bas-relief dans une sanguine de Rouchardon conservée au Louvre (n° jfîode Y Inventaire générât des dessins, publié par MM. Jean

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