Cochin. Mémoires inédits, etc., p
HOUCHARDON
Guiard. son élève. L'anecdote est rapportée par Diderot, mais sans indication de date, dans son Salon de [765, Voici son récit: « En écrivant ce court éloge de Sîodtz, je me suis rappelé un fait qu'il faut que je consigne dans vos fastes, C’était autrefois T usage de présenter au monarque des
morceaux de sculpture des jeunes élèves qui concouraient pour le prix, la pension et l'école de Rome. Un élève de Bouchardon osa lutter contre son maître et faire la statue équestre de Louis XV, Ce morceau fut porté à Versailles, avec les autres. Le monarque, frappé de la beauté Je celui-ci, s adressant à ses courtisans, leur dit: * Il me semble que j’ai bonne grâce à cheval. * Il n’en fallut pas davantage pour perdre le jeune homme. On le força de briser lui-même son ouvrage et l'usage d’exposer aux yeux du souverain les morceaux des élèves fut aboli1. »
Sia iuc c<|utsirü de Louis xv. Guiard était alors pen-
Ëiudc du cavalrtr, (Mtiste du l/juvre.) , , .,i ,
sionnaire de i Ecole des élèves protégés, La date de l'exposition de son modèle, qui sert à préciser l'époque de cel incident, est établie par le document suivant, extrait des anciennes archives de l'Ecole :
1 Exposition desouvrages des six pensionnaires, à Versailles, en 1704: ..... X" 5. Modèle de ronde-bosse, représentant le Roi à cheval, vêtu à la gauloise Par le s, Guiard, depuis deux ans et demi dans l'Ecole*. *
! . Diderot, Œuvras compté ici, AssêühL c. X, ou 1er des Hejujr-Arts, p, 441. i. Arc h, Nat,. Qi 1927 a. — Ouïra jod, L 'École royale des Elèves protégés, pr 36.
STATUE ÉQUESTRE DE LQUtS XV
lût)
Cette exposition avait lieu habituellement au mois de janvier, mais en 1764 le directeur général des Bâtiments Pavait mise entre PAques et la Pentecôte.
D'après une notice sur Laurent G uiard, écrite en l'an XII 1, le modèle ex posé pa r le j eu n e se u 1 pteu r a u ra i t été tellemen t a p p réc îé pa r la C o u r qu’o n aurait songé à charger son auteur de l’exécution de la statue. Le signataire de cette notice, Varney» qui était né en r 756, avait connu Laurent Guiard (mort en 1788), bien que ce dernier eût quitté la France en 1769. En outre* il déclare que son travail a été fait sur des notes de Dalle, peintre chau mon lais, ami de Guiard, et Dalle vivait encore au moment où fut écrite la notice1. Ces considérations doivent donner une certaine autorité au récit de Varney, et cependant il n’est pas pos sible de l’accepter.
On remarquera, tout d'abord, que la Cour n'avait pas qualité pou r ch anger le sc u I pteur chargé d’exécuter cette statue, car l’entreprise était faite aux frais de la Ville et non aux dépens du Roi, La Ville elle-même n'était pas maîtresse de rompre un marché passé en bonne et due forme, ayant déjà cinq ans de date, et dont l'exécution était fort engagée. D'ailleurs, est-il admissible qu’on eut laissé supplanter le maître incontesté, l'auteur de sculptures de premier ordre, par un jeune élève qui n'avait pas encore donné la mesure de son talent?
Etude U’ homme drape (Musée itu Louvre.}
j. Notice historique sur Laurent Guyardr^ lue à la Société d'agriculture, etc., du departement de la Haute- Marne, dam la séance publique du 4 floréal üh > .¥, par ,\f Varney, membre de cette société, Chaumont, in-ti. À été réimprimée en i^îo, avec
quelques différences dans le titre.