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l’artiste même devait mourir avant qu'elle eût été mise en place.
L 'exécution avait exigé déjà près de dix années pour la seule ligure équestre. Le travail avait langui d'abord par le défaut de bonne intelligence entre la Ville et Bouchardon, La Ville se plaignait des lenteurs de l'exécution, et l'artiste, de son côté, n 'était pas satisfait des procédés de T Administration. * M. Bouchardon, écrit Cocliini. * 3, peut-être trop prévenu de la considération qui étoitdue à ses grands et rares talens, ne pouvoir se prêter à tous les procédés d'ordre mercantile que, naturellement, des échevins marchands mettent à tout ce qu'ils font. SansM. Lempereur,échevin, plus intelligent et plus au fait de la manière d’agir convenable avec les artistes*, peut-être cette statue n’eùt-elle pas été fondue du vivant de M, Bouchardon. » Une autre raison de cette lenteur vint du mauvais succès de la fonte.
Enfin, le retard apporté à l'inauguration fut causé par les événements extérieurs. La F rance était engagée dans la désastreuse guerre de Sept A ns : i I fallait décemment attendre la conclusion de la paix pour célébrer les réjouissances qui devaient accompagner les cérémonies de l'inauguration. Pendant ce temps, la santé de l'artiste allait déclinant: un mal intérieur le minait A Dès la fin de Tannée 1761 la maladie avait fait de grands progrès : c'est le motif d’excuse qui fut présenté à l'Académie de Peinture et de Sculpture, en sa séance du 3t décembre, pour justifier la nomination d'un professeur suppléant chargé de poser le modèle pendant le mois de janvier suivant, L’Académie avait aussitôt délégué un de ses membres, le comte de Caylus, pour * lui témoigner, dit le procèsverbal, l’intérêt que la Compagnie prend à sa santé ». Six mois plus tard, elle faisait encore prendre de ses nouvelles, et le 27 juillet 1762 Bouchardon expirait, âgé de soixante-quatorze ans et deux mois*
La paix ne fut signée que Tannée suivante (io février 1763); le Roi ordonna que la statue serait incessamment érigée. Elle partit de l’atelier du Roule le jeudi 17 février et n'arriva que le samedi 19. En passant devant la maison de Bouchardon, située près des ateliers, on fit une décharge d’artillerie, * afin, dit Mariette, d'honorerla mémoire de l'artiste excellent qui.
i. Cocliin, Mémoires inédits, eue., p. 07.
s. Lempereu rétait amateur d’œuvres d'art : voirie catalogue de b vente de ses collections qui eut lieu, après sa mort, le 24 mai 1773,
3. Maladie de foie, suivant Caylus |p. 3i); épuisement causé par le travail, die Mariette (Abecedario, 1, 164)5 * hydropi sic, causée par un trop grand épuisement d'esprit », suivant La notice placée en tète du Catalogue de sa vente.