Datte, Momimens érigés, etc., p. i
j. Le tableau de Vien a été gravé par Née, d’après un dessin dt Coeltin. Cette gravure a été reproduite, en lithographie, dans le journal L'Ardue. — I /inauguration de lit sterne a encore été gravée par Augustin de Saint-Aubin, en i7&>, d’après un dessin de lu composttîon de Graveîot, pour servir de vignette, en télé de l’ouvrage de Manette. Celte dermere gravure, -qui est a l’eau-forte , retouchée au burin, a été lirèe à part.
BOT CHARDON
bration de la paix; elle Eh, en outre* frapper une médaille portant* d'un
Statue équestre de Louis XV.
Kluilc [tour mit iL--t ;li inities nlu piétk*i;jl, liste du
côte le buste du Roi, avec ces mots: Lunovrcoxv, optjmo principe sur l'autre côlé la figure du monument, avec cette légende :
MONUMEKTOW A MOU JS* et à l'eXetgue : FRÆF. ÆDIL. PARIS* HD. M.
doc. LXin,
Il n'a été question* jusqu’à présent, que de la statue proprement dite: le cheval et son cavalier; c'est, en effet, la seule partie que Bouchardon ait entièrement terminée. Bien qu’il eût préparé l'exécution du piédestal* cette dernière partie restait encore à faire quand il mourut. Au moment de raconter l'achèvement de l’œuvre, il convient de dire tout d'abord ce quelle devait être dans la pensée de son auteur et ce qu'elle fut d’ailleurs effectivement.
Userait facile d+en donner une description très eom plèted'après les ouvrages de Patte et de Mariette et en s’aidant des gravures qui en ont été faites*mais ici, comme pour la Fontaine de la rue de G rend le , no us a von s I a réd action mê me d e 1 a rti ste ; sa desc ri pt i on a ce grand avantage* sur toutes icsautres,de nous faire connaître la pensée du maître, et les motifs qui l'on t déterminé dan s le choix
STATUE EQUESTRE DE LOUIS XV
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des proportions du monument, dans celui des attitudes du cheval et du cavalier, enfin des bas- reliefs et des ornements destinés à décorer !e piédestal :
* Modèle d'une figure équestre de bronze que la Ville de Paris se propose de faire Élever en l'honneur du Roy ♦
* On donne à ce monument trente-trois pieds d élévation depuis le sol j usqu'à sa somm ité ; le pied d’cstal en aura dix-huit, la figure équestre quinze, et celle du Roi, prise séparément, sera sur douze de proportion. Si on faisoit ce groupe d’un plus grand volume on tomberait dans la pesanteur, inséparable de tout ce qui est trop colossal
« C est le même esprit de sagesse quia déterminé ù préférer dans la figure équestre une position simple, noble et tranquille, à toutes les attitudes de manège, où l’art du sculpteur ne brillerait qu’aux dépens du caractère ou de la majesté du héros qui doit être l’objet de son h t- ’
travail.
« Le pied destal étant
SEijrue équestre Je Louis XV, étude puT une des omlidc* du ]üéde?iUi;l - (Mus& «lu Louvre.)
tout revêtu de marbre, il a fallut l'embellir, sans le surcharger, do rnemens de bronze convenables au sujet, et absolument nécessaires pour ôter à une si grosse masse Vidée de sa lourdeur et la sécheresse des angles ou encoignures coupées à plomb; elles se trouveront remplies par des figures disposéesen l’orme de cariatides, qui. en donnant de la légèreté à Y édifice, concourront d'ailleurs à l'éloge du prince à qui le monument est consacré: ce seront ses vertus mâme/ntj, reconnaissables! leurs attributsparticuliers.
a Le parti qu’on a tiré des quatre faces latérales du pied d’estal n’est pas moins avantageux. On place dans les deux plus grandes de ces faces deux bas-reliefs en bronze, dont Vun exprime les conquêtes du Roi et l'autre son amour pour la Paix, au sein même de la victoire. Les deux faces moins étendues contiendront les inscriptions destinées à transmettre à la postérité une partie de sa gloire, et, autant qu’il est possible, l’amour et la vénération des peuples qui vivent sous ses lois.
a On n’entre point dans le détail des autres ornemens, parce qu’il n’y en a aucun de fini dans cette légère ébauche, et que le premier coup d’ceil en fera mieux juger que la lecture du plus long mémoire*. *
Le marché signé avec la Ville (23 octobre 1749] avait réglé toutes les questions d’exécution conformément à ce projet, et ratifié, notamment, les proportions adoptées par Bouchardon\
Aux termes du même traité, les cariatides, sur le compte desquelles le projet ne donnait pas d’explications, devaient avoir neuf pieds de proportion, et symboliser la Force J* Amour de b Paix , la Prudence et la Juslice, caractérisées : la première par une massue et une branche de chêne, la seconde par une branche d'olivier et un cornet d’abondance, la troisième par un miroir entonré d'un serpent, la quatrième par des balances.
De même, pour les bas-reliefs destinés ! revêtir les deux grandes faces, le marché précisait leurcomposition, tandis que le projet n en avait qu’indiqué le sujet. Il y est dit que a l'un représentera le Roy, dans un char de triomphe, couronné par la Victoire et recevant les hommagesdes provinces conquises », Pour le second, la manière de traiter le sujet s’y trouve moins nettement caractérisée; heureusement, les gravures du monument nous le représentent vu de ce côté (celui de la rue Royale).
i. De la main de Itouchardon | Papiers de famille).
Arch, Nai+, Ht iiftt, original; H1 1 jî , fM îfh r<> et suiv., copie- — ■ On ne s'explique p:i s U différence de ces chiffres avec ceux indiqués par Paue et Mariette,
statue équestre de louis xv
La meilleure gravure, à ma connaissance, est celle B.-L. Prévost, faite pour la Description de Mariette, ouvrage dont toutes les planches se trouvent à la Chalcographie du Louvre; celle de l'ouvrage de Patte a P avantage de présenter le monument de trois quarts, ce qui permet de voir trois cariatides.
Il est inutile de décrire les ornements secondaires, — on peut les voir sur la planche ici reproduite; — j'ajouterai seulement que le socle était orné des armes du Roi à la partie antérieure, regardant les Tuileries, et des armes de la Ville, à la partie postérieure. Sous chacun des écussons était une inscription latine, dont le texte se trouve dans les publications de Patte et de Mariette.
Le ciseleur, un sieur Gastelier, obtint l'autorisation de graver son nom sur le fer d'un des pieds du cheval. On avait oublié de rappeler les noms du sculpteur et du fondeur : cette omission fut réparée, de leur vivant, par Tinscription suivante, placée sur le fer du pied levé de devant : Fa if par Ednte Bouckardon, sculpteur du Roi, de Chaumont en Basstgm . Fondu par Gor en jy5£i
On sait que l'artiste, se voyant mourir écrivit à la Ville de Paris pour demander que l'achèvement de son oeuvre fût confié à Pigalle. Cette lettre a été publiée plusieurs fois déjà, mais on ne peut se dispenser de la donner ici : c'est le testament artistique de Bouchai don, rédigé trois jours seulement avant sa mort, suprême écho de sa pensée, la dernière page que sa main défaillante ne put meme tracer et qu’il a seulement signée,
Bou chardon ne fut pas guidé dans ce choix par des relations d'amitié avec Pigalle, qu'il ne connaissait guère, mais par la seule considération de son talent : c’est Caylus et Mariette qui en témoignent. La lettre qu’on va lire indique une seconde raison ; * l’accord de sa manière avec celle de Bou* chardon. * Cependant Pigalle n'était pas le seul artiste capable de terminer dignement cette œuvre. Cochin aurait préféré Michel -Ange Slodtz; il reconnaît que Pigalle était supérieur à Slodtz dans l’art de traiter le nu. mais ce n’était pas le cas : les cariatides et les personnages des bas-reliefs devaient être drapés. Sous ce dernier rapport, Cochin affirme que Slodtz était passé maître, et d’ailleurs * plus propre à se rapprocher du goust de Mr Boucha rdon, * seulement, Bouchardon ne laimait pas \
D’un autre côté, Pigalle avait un adversaire résolu dans le comte de
(, Cochin, Mémoires inédits, etc,* p. 7 a.
B 0 1/ CHARDON
Caylus, qui mit tout en œuvre pour assurer à son cher Yassé lu suc* cession de Bouchardon. Ses démarches semblaient devoir être couronnées de succès : le comte de Saint- Florentin, ministre de la maison du Roi, le duc de Chcvreuse» gouverneur, et plusieurs éche vins lui avaient promis leur appui. Dans cette circonstance, Caylus agissait à l'insu de son ami Bouchardon; il n’ignorait pas que ce dernier ne consentirait jamais à confier l'achève ment de son œuvre à son élève Yassé, qu'il n'en jugeait pas capable. Mais un autre ami de Bouchardon, le dévoué Mariette, veillait au chevet du malade et le tenait au courant des intrigues : les deux amis imaginèrent alors la lettre adressée au Prévôt des marchands, qui produisit reflet d’un véritable coup de foudre \ La voici :
« L’ouvrage important que j’ay entrepris pour la Ville de Paris, et que j’ay actuellement entre les mains, ne cesse do m’occuper, même dans l'état de souffrance et d’infirmité auquel m’ont réduit des travaux peut-être audessus de mes forces. Plus j’approche du terme où il plaira à Dieu de m’appeler à lui. plus cet ouvrage me devient cher et méfait penser aux moyens de I ni donner son entière perfection. S uppose que lors de mon décès il ne fut pas tout à fait terminé, dans ce cas je supplie très humblement Monsieur le P révôt des marchands et Messieurs du Bureau de la Ville de Paris de vouloir bien permettre que je leur présente Monsieur Pigalle, sculpteurdu Roy et Professeurde son Académie Royale de Peinture et de Sculpture, dont l'habileté est suffisamment connue, et que je les prie de l'admettre et d’agréer le choix que j’ay fait de lui pour l’achève ment de mon ouvrage, assuré que je suis de sa grande capacité et de l’accord de sa manière avec la mienne. J’espère que ces Messieurs ne nie refuseront pas cette dernière marque de leur confiance; je la leur demande sans aucune vue d'intérest, et avec l’instance de quelqu'un qui est aussi véritablement jaloux de sa réputation qu’il Test de la perfection de l'ouvrage même, et je compte assez sur l'amitié de mon cher et illustre confrère pour oser me promettre qu'il fera pour moy ee qu’en pareille occasion il ne doit pas douter que j'eusse fait pour lui, s'il m'en avoit jugé digne : qu’il se chargera volontiers de terminer ce qui pourroit manquer à mon ouvrage au jour de mon décès. Je luyen réitère ma prière, et je souhaite, s'il s'y rend, ainsi que je l'espère, qu’il s’entende pour cela avec nies héritiers, et que les
i. Gochin, p, 54-57. — Vassé tenta, dans la suite, de fnîre échec à Pigalle, en employant des procédés peu hu ru trahie s jCochin, p. - f î 4 1 -
STATU K ÉQUESTRE DE LOUIS XV
ai
modèles et dessins que j’ay déjà préparé (sic) pour cette lin d ouvrage, cl qu il estimera lui être nécessaires, lui soient remis, sous le bon plaisir de la Ville, afin qu'il puisse mieux juger de mes intentions; et, en les i emplissant autant quïl trouvera à propos, qu il travaille pour ma gloire et pour la sienne, car, quoyque je sois très convaincu qu il ne seroit pasditiici le de fa i re m îeux , j e c ro i s de voi r déc I are r q uc , dan s l’ë tat a u q uel j ai ame né l’ouvrage il seroit dangereux d'y rien changer, tant par rapport a l'ordonnance générale que pour la disposition particulière de chaque figure. Aussi, est-ce par cette considération, et parce que je cou no i s le goût et la façon d'opérer de Monsieur Pigai le, que j ' ay p ri nci pal e m en t jette les yeux sur I u i , et que, sans vouloir faire tort à aucun de nos autres con f : rè res , dont j e respecte les talens, j'ose assurer de I a ré u ssi te de Tou v rage d e la Ville, du moment que la conduite lui en aura été confiée.
« Au Roule, ce vingtquatre juin 1762.
t E. Boucuardox \ *
l.a Ville ne pouvait hésiter un instant : la dernière volontéde Bouchardon devait être respectée, et les intrigues ourdies par Caylus et \ assé devaient échouer misérablement. Le lendemain du décès de I artiste, le jour même de son inhumation, sa lettre fut remise au bureau de la Y illequî décida, séance tenante, de confier à Pigalle l'achèvement de l’ouvrage, aux conditions de l'ancien marché et sous la responsabilité des héritiers de Bouchardon. Cependant, l’année suivante, sur la demande de Pigalle, la Ville consentit à faire une nouvelle convention (28 avril 1768).
1. Arch. Naï,T H1 aifio. — Bouchardon n’a écrit que la date et la signature.
KKICflARDON
BOICH ARDON
Les travaux 11c furent entièrement terminés qu’en 1772 : le règlement définitif eut lieu le 24 juin, sur le pied de 635.419 livres 12 sous, et la réception le 2 8 septembre.
La Vil le de Pa ri s, e n m èm e tem ps q u'd I e fa i sa i t un m arc h é a vec P i ga 1 1 e . ava \ t con sen t i la résï 1 i a t i 0 n de ce 1 ui d e Bo uc h a 1 don et payé d ix m Ule li vres à François Girard, bou rgeois de Paris, mari de Marie-Thérèse Bou chardon. sœur et légataire universelle du sculpteur* pour règlement définitif de 190,000 livres, chiffre auquel fut arrêté le compte. En outre, elle avait accordé a Girard une pension viagère de 600 livres, pour lui témoigner sa reconnaissance de l’œuvre de son frère, proclamée * le morceau le plus achevé et le plus parfait en ce genre qu’il y ait dans le monde entier r » .
Dans ces conditions, quelle est la part qu’il convient d attribue] à Bouchardon dans l’exécution du piédestal? En d’autres termes, à quel degré d’avancement les travaux étaient-ils arrivés lorsque la mort le surprit?
C a 1 v u s af fi r m e q uc I es o rnem en is é ta i e n t te rm i nés .et m à m e 1 es t ro p hcc s déjà coulés* mais c'était la moindre partie des travaux : les deux basreliefs, et surtout les quatre cariatides, constituaient la principale.
Pour ce qui est des kas-retiefs , il n’y a pas de doute possible : Bouc ha rdon n*avait fait qu’ébaucher l’un des deux, celui qui représentait le Roi. sur un c har de triomphe, couronné par la Victoire. C'est Mariette qui le dit -, Cayïus prétend même qu’ils étaient tous deux sans projet, * leur composition était soumise à la situât ion des affaires politiques * au moment ou aurait lieu l'érection de la statue \ En tout cas Bou chardo n avait esquissé les deux sujets indiqués dans le marché de 1749, comme le prouvent deux d e ssi ns , au c ra y 0 n n 0 i r. c roq u i s très I égers, con servés a u M u sée d u Lo u v re .
! ra question des cariatides parait la plus obscure, mais ne semble pas impossible à élucider; c’est, d'ailleurs, la plus intéressante, Bouchardon avait fait d'abord, selon son habitude consciencieuse, et même de plus en plus méticuleuse à mesure qu'il vieillissait, de nombreuses études d’après le nu; ses dessins sont au Louvre : il n’y en a pas moins de quarante-trois. très finis, à la sanguine et de grandes dimensions, variant pour la hauteur entre 73o et 800 millimètres. Parmi ces dessins, trente-
u Arch, Nïsi,, H* si fat : de libéra lions, du Bureau de la Ville, des itï et sS avril [763.
Girard était alors la seule survivante des frères et sccurs de Bouchardon.
>. Mariette* Description, etc.. 16a.