Cochin, ibid*t pp. et
ï. Dandrë- Bardon, Vie ou Éloge/ ne Boucha r dort ne |
BOUCHA R DON
Nicolas Dupuis (grand in-folio) et de Le Mire1. Lemoyne faisait bien le portrait, mai s, au jugement de Diderot, «lorsqu'il tente une grande machine, on sent que la tête n'y répond pas-», U s'avisa parfois de peindre certaines parties de ses sculptures ou d’y introduire des marbres de différentes couleurs, ee qui fut estime déplorable. Un jour il lit entrer Bouchardon et Cochin a Saint-Louis du Louvre, pour leur montrer son basrelief de r Annonciation, traité dans cette manière. Bouchardon parla peu, et dit à Cochin, dès qu'il fut sorti: * Que veut-il que je lui dise ? Je ne me courtois qu'en sculpture; ce n'est pas là de la sculpture1. *
Bouchardon avait de l'estime, au contraire, on l'a vu, pour le talent de Pi galle et daignait reconnaître des beautés dans le monument de Reims; il est vrai que ce nouvel astre commençait seulement à briller lorsque celui du maître projetait ses derniers feux: il ne pouvait done l'éclipser.
Le mépris de Bouchardon pour les œuvres de ses rivaux était encouragé par les éloges des critiques de l'époque. Voici L'appréciation d’un des plus autorisés, Bachaumont, dont les jugements étaient acceptés comme des oracles :
* Bouchardon est ce qu'on peut appeler un très grand sculpteur, peutêtre égal aux meilleurs Grecs, et fort supérieur aux Romains, Il imite le bel antique, et surtout la nature, mais quelquefois il l'imite peut-être trop exactement et ne l'embellit pas assoit. Il compose sagement et de grande manière; son exécution est parfaite, ses chairs sont de la chair; il termine beaucoup sesdétailset ne néglige rien \ »
Artiste consciencieux, jusqu au scrupule, Bouchardon donnait un temps considérable à la méditation avant de se mettre à l'ouvrage: il se pénétrait tout d'abord de son sujet pendant des mois entiers, puis il fixait ses idées au moyen d'exquisses en dessin et en modèle, les modifiant sans cesse et * les critiquant dans toute la rigueur de l'art * . comme il le dit lui-même '.
Nous avons de précieux renseignements sur l'idée qu'il se faisait de son art et sur ses procédés d’exécution, dans l'Avertissement placé en tête du
t. P» (te MonumenS ériges en France, etc., p. i3R.
i. Diderot, Selon de i 7 65-
3. Cochin, Mémoires inédits, etc., p. 91, — Dandre-Bardon. Vie ou Èhge historique de J. -H. Lemoyne, p. 19 et noie ifi.
4. Jugement de Kachauinont sur les principaux artistes de son temps \Revue umverseMe des Arts, Vp 411 i.
j. Voir ci-dessus, p. 74.