BQ UC H A R DON D E SS I N A T E U R
Dans la plupart des brochures et des articles bibliographiques consacrés à Bouchardon, on ne trouve que la nomenclature ou î'apréciatioii des princ i pa les sculptu re s so rt ie s d e son ha h î le ciseau ou coulées sur ses modèles* Cependant, Mariette écrivait : « Scs dessins ne lui font guère moins d'honneur que ses sculptures. » Il disait encore, en parlant de dessins de Saly, qu’ils étaient « secs et d’assez petite manière» et il ajoutait: * Ce n’est point là le crayon de notre ami. Us veulent tous l*î miter, et aucun n’en approche ; Le Moyne disoit bien que dans cette partie il restoït inimitable1. * Cochin déclarait que c Bouchardon fut certainement le plusgrand sculpteur et le meilleur dessinateur de son siècle », et qu’un éloge accordé par ce grand artiste à Pun de ses dessins lui lit * plus de plaisir que tous les éloges du public, et même des autres artistes*». Dandré-Bardon va jusqu’à dire que Bouchardon n’a pas seulement égalé les fameux sculpteurs de l antiquité, mais * qu’il les surpassa par la fierté de son crayon3 », Caylus, l'abbé Gougenot, Bachaumont, Diderot ne tarissent pas non plus d’éloges sur ses
1, Marieite, Abecedario, I, p. 164; V, p, itig.
2, OîChiru Mémoires inédits sur le rom te de Cajrtust cic., pp. S5, g3-p4-
3, Dandre-Bardon, Anecdote s sur la mort de Bouchardon,. p. 4.
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dessins et, dans les temps modernes, Reiset et Edmond do Goncourt ont egalement proclamé leur grande valeur.
L'œuvre dessiné de Rouchardon est considérable, aussi bien sous le rapport de la quantité que sous celui de la qualité, je n’entreprendrai pas don donner un tableau, même succinct: je l'ai fait ailleurs, il y a quelques années, et, d'autre part. Y Inventaire géné-
rjf des dessins du Musée du I .ouvre et du Musée de Vers j illes, publié par MM. Jean Guiffrey et Pierre Marcel* avec de nombreuses reproductions* permettra de s’en faire une idée d’après la seule collection de nos musées nationaux. Je me bornerai à rappeler ici que le crayon de Rouchardon, à la fois merveilleusement souple et ferme, s'est exercé dans les genres les plus divers : études d’après l'An tique, d'après les sculptures et les peintures des grands maîtres (principalement des Italiens) ; études du nu et des drape ries, pour la composition de ses sculptures; inventions polir l'illustration des livres (frontispices, vignettes, fleurons Études prises dans le bas-peuple ou Cris de Paris, dont les eaux-fortes de Caylus nous font vivement regretter de ne pas retrouver les dessins.
Les illustrations échelonnées aux cours de ce volume, celles qui se rapportent à désœuvrés de sculpture comme celles qui ne sont que de pures études de dessin, donneront au lecteur une idée suffisante du talent de Bouehardon dans les différents genres que je viens d’énumérer, et lui feront voir que cet artiste fut un des plus habiles et des plus féconds dessinateurs
Marchand de peaux de h pin.
(Gravure lIc- CayUwK ïl'atKnte lîonrhurdun,)
BQ l ï CH A H D ON I> RSS1 N A ! K U R
de son temps; quelques exemples des gravures qui ont été exécutées d’après ses dessins donneront» d'autre part, une idée de la matière qu il a fournie à de nombreux graveurs; il en est bien une trentaine» que Ion pourrait citer, qui ont reproduit des compositions ou des études de lui» dont la variété égale l'abondance.
Bou chardon a fait également plusieurs dessins qui ont servi de modèles à Jacques Guay pour la gravure sur pierres fines, dessins que M“ de Pompadour a reproduits par l'eau-forte, mais ils ne furent ni inspirés ni commandés par elle, et, d'une manière générale» il ne semble pas qu’elle ait exercé la moindre influence sur notre artiste, quoiqu'on l’ait prétendu *,
Bouchard on ufa fait, d’ail leurs, que les premiers des dessins dont Jacques Guay s’est servi, lors- Apprentie couturière.
(Gravure de Ciivlut. d'après Boiichardon,)
que ce graveur sur pierres fines n était pas encore assez sùr de lui-même pour l'exécution de modèles d'après l'Antique
1 1 est encore un genre de dessin dont je n ai pas parlé jusqu'à présent» et que Bouchard on pratiqua dune façon régulière pendant vingt-cinq ans. jusqu’à sa mort, de 1736 a 1762 : ce sont les dessins des jetons et médailles du règne de Louis XV, qu'il était tenu de fournir en qualité de dessinateur de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il en existe plusieurs recueils, soit d’originaux, soit surtout de contre-épreuves, et
1. Hamn Roger Portalis, Les dessinateurs iliuxtratioms du X Mil* wé, [877, p. 5 16> ja.4.