SCÈNE XI
Brithowald {seul). — Oh! que vois-je !... Le voile de l'avenir tombe devant mes regards étonnés... quel règne s'ouvre devant nous ! La terre est plus féconde, l'air plus salubre, le soleil plus riant, les
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ondes de la mer î)1us paisibles, [.es prêtres, conutif des astres étincelants, répniulent les Inniirres de leur science, de leur zèle et de leur sagesse ; le?^ monastères fleurissent en toute sainteté, le clergé el le peuple à l'envi cultivent la vertu... Quel roi marche à la tête de la nation ! son front est ceint d'une couronne de bienveillance, de bonté, de justice et d'amour. Son camr ne se gonfle pa.*^ d'orgueil ; il foule aux pieds les richesses ; il fuit les orgies des festins ; il ne s'enivre ni de vin, ni de colère, ni de flatteries. Il est humble et petit au milieu de ses serviteurs, compatissant iiour les malheureux, généreux et charitable pour les membres souffrants de Jésus-Christ. Comme une rose au milieu des épines, la pureté virginale, au milieu des dangers de la cour, brille, sur les marches du trône de tout son éclat et de toute sa suavité. C'est un ange du ciel habitant un corps mortel... Entendez les acclamations de tout un peuple. '' Dieu nous conserve notre roi, il est notre père, il est le protecteur des veuves et des orphelins II a allégé le fardeau des impôts ; il sait repousser Tennemi ; il administre la justice en toute équité ; ses lois sont douces et paternelles ; l'harmonie et l'intelligence régnent entre lui et l'assemblée de la nation. Dieu nous conserve notre roi, Dieu nous conserve notre père. — Mais qu'aperçois-je sur le.« bords de la Tamise, aux portes de Londres, sur lep hauteurs de Westminster? Une abbaye, qui s'élève à la gloire de saint Pierre ! la dédicace en est faite avec pompe au milieu du concours des évêques, des seigneurs et d'un peuple immense ; il est honoré des plus hauts privilèges ; il recevra, sous ses voûtes silencieuses et imposantes de majesté, la sépulture de nos rois et des grands hommes de l'Etat. Il restera comme un monun)ent attestant aux âges futurs ie zèle d'un pieux monarque pour la gloire de Dieu et sa dévotion pour le prinee d%6
Apôtres... Toute la cour, en deuil, dans la plus amère douleur, est agenouillée auprès du roi mourant ; la reine fond en larmes ; lui, calme et !^ouriant : " Ne pleurez pas, dit-il, je ne meurs poini tout entier, je vivrai ; en quittant cette terre do mt>rt, j'espère enî ver dan>< la terre des vivants, pour y jouir de la gloire et de la vue de Dieu."... Oui, Edouiird, tu jouiras de la félicité des bienh'nneux ; ton corps chaste et pur, dans la corrupti(m du tombeau, demeure incorruptible ; tes r(»^tes vénérés opèrent des miracles. Tu m'apparais rovôlu de beauté, dt lumière et d'immortalité. L'Illglise t'honore sur ses autels ; et tous les siècles chrétiens, dans leur vénération confiante et respectueuse, t'invoquent sous le nom de saint Edouard 1« Confesseur.