‹ Edouard le confesseur, roi d'Angleterre [microforme]Chapitre 35 sur 38 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LES PRÉCÉDENTS, plllS EdoUARD.

SiWARD. — 0 Edouard, ô notre roi I

Tous. — 0 notre roi !

Edouard. — Mes pères ! • . . mes frères ! . . . mes amis ! . . .

LÉoFRic. — Quel bonheur inespéré ! Pour nous, mon enfant, c'est une véritable résurrection ; vous sortez de la nuit du tombeau.

Edouard. — Pour moi, après tant d'angoisses, de soul'rances et d'infortunes, croyez que c'est un moment de bonheur indicible, de douces larmes de joie, de reconnaissance et d'ineffable ravissement.

GoDwiN. — Edouard, tu remportes. Voici mon cœur. ..frappe. ..venge-toi.

Edouard. — Le chrétien ne se venge pas, il pardonne.

GoDwiN. — De ton pardon, je n'en veux pas.

Edouard. — Je te pardonne.

GoDWiN. — Alors, mon bras te vengera. (// inU se frapi>er de son poignard,)

Léofric. — Qu'on Tarrête ! {Des .-o/dats lui rdicnnent le bras.)

GoDWJN. — Laissez-moi faire, la vie m'est udieuse... La mort !...Je veux me donner la mort !

Léofric — Godwin, tu auras peut-être ce que tu demandes ; dans tous le« cas, tu auras ce que tu mérites. Dans quelques jours, quand le calme sera rétabli, on instruira ton procès d'après les us et coutumes du royaume. La justice, et non la vengeance, décidera de ton sort. Soldats, conduisez-le dans la tour du nord-ouest, et qu'il y soit tenu sous bonne garde. {Godivin sort, conduit par des soldats.)

l SCÈNE XII

' Edouard, LÉ(»fkic,Siward, Oswin, Sweyn, soldats.

I SwEYN (àc/enoux). — 0 mon prince, j'iuiplore votre

I pardon. J'ai été bien cruel à votre égard ; punls-

I sez-moi. je le mérite. Mais auparavant, je vous en

I supplie, dites que vous m'avez pardonné.

I Edouard. — Sweyn. relevez-vous. Je vous dois la

vie, puisque sans vous, il n'y a qu'un instant, ma

tête serait tombée sous la hnche du boureau. Mon })auvre frère, du reste, le disait : Vous n'aviez pas l'air tout à fait méchant.

LÉOFRic. — Sweyn, allez, vous obéissez aux inspirations d'un plus méchant que vous. Allez, votre pardon vous e.st accordé ! Je vous prends à mon service, et dorénavant vous serez un honnête homme.

{Brithowald entre.)

SCËNE XIII Edouard. Léofric, Siward, Oswix, Sweyn, Buitho-

WALD, soldats.

Brithowadd. — Salut, Edouard, noble fils d'Ethelred, rejeton d'une race sainte et bénie ; salut à mon roi.

Edouard. — Approchez, illu^^tre vétéran du sanctuaire, digne ministre des autels, père vénérable ; venez [)rendre à ma droite la place qui vous convient-

Brithowald. — O jour trois fois heureux! Maintenant je ])uis mourir en paix ; mes yeux ont vu le salut de l'Angleterre, le triomphe du bon droit. Taurore do jours meilleurs, ainsi que l'espérance et la joie de notre peuple.

Léofric. — Pour que notre joie fût complète, n on l)ère, il ne manquait, au milieu de nous, que vctre présence amie et l'autorité de votre ministère. Voici la couronne d'Angleterre qu'Oswin vient de retirer do la chambre des trésors. Veuillez, mon père, In, déposer sur la tête de notre roi.

ir

\ Brithowald. — Bientôt, sans doute, dans la ca-

thédrale de Cantorbéry, avec les [)ompes niajes- ; tueuses du culte, au milieu des transporta et des

acclamations de tout un ])euple, vous serez sacré roi, d'une manière solennelle, de la main de l'archevêque Egelnoth, représentant du siège aposh)tolique et })rimat du royaume d'Angleterre. I^n ; attendant ce jour glorieux, Edouard, recevez de

I notre commune affection ce signe de votre })(iu-

f voir, cet emblème de votre puissance. Rappelez-

; vous toujoiirs, ô mon roi, de faire régner la vertu,

de îuir la flatterie, d'aimer et de souhiger le pauvre peuple, do protéger la faiblesse, la justice et l'innocence. (// lui met la couronne sur la tife.) Ad niultns a/i7Vis. Pi'ospérit''î et longue vie au roi Edouard !

Tous.— Prospérité et longue vie au roi Edouard !

LÉoFuic — La paix et la tranquillité sont entrées dans le royaun^e ; le calme enfin régnera dans nos provinces ; plus de brigandages, [)lus de violences, la justice et les lois, par toute TAî-igleterre. maintenant vont fleurir. Au îiom de vos sujets, ô mon roi, recevez Texpression de nos hoinmnges et de

} notre reconnaissance. Honneur et respect au roi

^ Edouard !

ï Tous. — Honneur et respect au roi P'douard !

f SiWARD. — Le Danois va repasser les mers. Nous

f avons fini de courber nos fronts sous le joug de

; l'étranger ; nous n'aurons plus à supporter les

I mép>ris et les dédains d'orgueilleux vainqueurs. Au

I nom de vos guerriers, ô mon roi, je vous offre nos

I bras, nos courages, nos épées et nos vies. Honneur

I et victoire au roi Edouard !

I Tous. — Honneur et victoire au roi Edouard î

I OswiN. — Au nom de la jeunesse breto* ne, per-

I mettez-moi, ô mon roi, de déposer à vos pieds le

tribut de notre attachement, de notre fidélité et de nos dévouements. Honneur et amour au roi Edouard !

Tous.— Honneur et nmour au roi Edouard !

Edouard. — Mes pères, mes frères et mes amis, mon cœur se brise sous le coup d'émotions si rapides et si diverses. Recevez mes remerciements les plus sincères pour la générosité avec laquelle vous n'avoz pas hésité à prendre les intérêts d'une cause désespérée. Vénérable évêque de Wil-hire, vos avis et votre ex{)érience régleront l'intéjieur de mon palais. Sage Léofric, vous serez Tâme de mes conseils, le promoteur de mes desseiiis et l'inspirateur de mon administration. Brave Siward, soyez le généralissime de mes arniées et de terre et de mer. Pour vous, généreux Oswin, vous remplacerez auprès de moi le meilleur et ie plus tendre des frères. 0 Alfred, du haut du ciel, sans doute, tu prends })art aux joies de ce triomphe... triomphe que ta prière et ton sucritice ont préparé. — Maintei}ant, mes chers amis, allons remercic-r Dieu ; allons de ce pas au temple du Seigneur, entonner ie chant du Te Deum, et rendre au ciel, pour des événements si étrange^, de dignes et solennelles actions de grâces. — Vive Dieu ! Vive la patrie ! Vive l'Angleterre !

Tous. — Vive la patrie ! vive l'Angleterre ! {Toxis sortent^ Brithowald excepte.^

Page 1