CHAPITRE PREMIER BUREAU FÉDÉRAL D'ÉDUCATION
SI Origine du projet. Comment il est-accueilli.
Ce fut vers l’an 1897 que commença la campagne en faveur de la création d’un bureau d'Education relevant du gouvernement fédéral.
Le Dr Harper donna une plus grande extension à cette idée en l’exposant et en la développant dans une conférence qu’il fit à Halifax, en 1898, lors de la réunion triennale de la société d'Education du Dominion. Cette société toutefois ne prit sur le sujet aucune décision, la question pour un grand nombre étant nouvelle ou insuffisamment élucidée. D'ailleurs on jugeait nécessaire de préparer davantage l’opinion publique à accepter le principe qu’elle consacrait.
A linstigation des partisans de la mesure, quelques journaux traitèrent de la question, et le Dr Harper, qui ne restait pas inactif, chercha à faire partager sa manière de voir par l’association des Instituteurs protestants de la province de Québec.
De son côté, le comité exécutif de la société d'Education présenta au premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, et aux membres de son cabinet, un mémoire en faveur de la
création, au siège du gouvernement, d’un veau département du service civil, celui bureau d'Education. (1)
En présence de ce mouvement, le Co Catholique du conseil de l’Instruction publ de la province de Québec, composé, comm sait, des archevêques et des évêques de la vince et d’un égal nombre de laïques haut cés dans la société civile, crut opportun « primer son opinion en cette importante tière. A sa réunion de mai 1899, il adopt l'unanimité de ses membres, la proposition vante que fit l’honorable juge Langelier, puyé: par Monseigneur Laflamme, ancien teur de l'Université Laval:
“Que ce Comité, après avoir pris comm “cation, à la demande du Surintendant, “ mémoire que le comité exécutif de l’asso “tion d'Education du Dominion désire pré E= | “ter au premier ministre du Canada, pour | ‘“ emander la création d’un départem “d'Education sous le contrôle du pouvoir f.
“ral, est d'avis que la création d’un tel dé] “tement fédéral n’est ni constitutionnelle “ désirable.” Cette résolution ne renfermait certes cune ambiguïté, et on ne pouvait se mépren:
| sur l’opinion si clairement exprimée de Corps qui, dans notre province, représente très grande majorité de la population.
Quant au Comité protestant du conseil, dois dire qu’il ne se prononça point sur la qu tion.
Partisan résolu d’un bureau central d’Edu (1) Voir Appendice A.
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tion, le Dr Harper ne tint compte ni de la décision du Comité catholique ni du silence du Comité protestant, et présenta de nouveau son projet à l'approbation de la société d’Education réunie en convention à Ottawa dans l’été de 1901.
J'étais présent, en ma qualité de surintendant de l’Iastruction publique de la province de Québec, à cette convention dont j'étais aussi lun des vice-présidents.
Convaincu que j'exprimais le sentiment général de ma province, je m'opposai énergiquement à l'adoption du projet et je ralliai à mon opinion plusieurs délégués d’autres provinces, en sorte que le promoteur ne crut pas devoir demander le vote sur le principe de la proposition.
$S II D'où vient l’idée de ce projet.
D'où vient donc cette idée d’un bureau central d'Education? Il est évident qu'on est allé la chercher aux Etats-Unis. On ne s’en cache pas, du reste; car je lisais en toutes lettres dans un journal anglais de Montréal, en novembre 1898, la phrase suivante qui, je crois, représente parfaitement l’opinion des partisans du fédéralisme en éducation:
“Le bureau d'Education à Washington a été “ créé par une loi adoptée le 2 mars 1867. Il “forme partie du département de l'Intérieur.
“Le chef du Bureau s’appelle le commissaire “de l'Education. Ses fonctions sont de re-
“cueillir des statistiques et des faits mo “la condition et le progrès de l’inst:
“ dans les divers Etats et dans les Terr “et de publier, sur l’organisation et la
“tion des régimes scolaires et les mé
“pédagogiques, toutes informations pre “aider le peuple des Etats-Unis à établ
“maintenir des systèmes efficaces d’éco “à promouvoir autrement l’œuvre de l’ “tion par tout le pays. ”
Le bureau de Washington est donc dèle d’après lequel on voudrait établir :
nistère de l'Education à Ottawa, comme moire présenté à Sir Wilfrid Laurier l'ex d’ailleurs, en toutes Jettres.
Eh bien! si l’on étudie les constitutio régissent le Canada et la république des Unis, on aperçoit entre elles des diffé notables. Notre régime gouvernement:
une confédération de provinces dont les butions ou les pouvoirs diffèrent de cet Etats de l’Union américaine. Par consé ce qui pourrait convenir à l’un des deux peut ne pas convenir à l’autre. Il peut an pas être dans l'intérêt général du Cana même dans celui de l’Empire britanniqi chercher à imiter en tout le peuple qui avoisine ou de vouloir assimiler nos ir tions aux siennes.
C'était l’idée de Washington de crée centre de l’Union une université où viendi se fondre tous les éléments hétérogène d'imprimer par là aux intelligences une :
tion unique pour façonner l’âme améri( Il était secondé dans ses intentions par