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et les progrès de l'instruction dans cette province, pour se demander comment un bureau fédéral aurait pu mieux faire.
On a allégué le besoin de statistiques. Mais ignore-t-on que le gouvernement du Dominion, en vertu du chapitre 59 des Statuts refondus dn Canada, a le pouvoir de recueillir les statistiques qu'il croit utile ‘e posséder? Le ministre de l’Agriculture peut établir des règlements à cet effet. Et même, si dans une province ou un territoire de la Confédération 1, xiste quelque mode en vigueur ou en géne,al quelque organisation pour recueillir des statistiques vitales, agricoles, commerciales, ‘criminelles ou autres, le gouverneur en conseil peut faire avec le lieutenant-gouverneur de cette province ou de ce territoire, ou même avec l'association ou les personnes en possession du système, des arrangements pour la collection et l’envoi des renseignements qui seront demandés. C’est le paragraphe 4 de la loi.
La loi actuelle est donc suffisante pour permettre au gouvernement fédéral d'obtenir tous les renseignements qu’on peut désirer en matière d'éducation, sans qu'il soit nécessaire d'augmenter les dépenses publiques par la création d’un nouveau département. Les provinces, ajouterai-je, n’ont jamais refusé de communiquer leurs statistiques à Ottawa et, au besoin, le gouvernement fédéral peut s’entendre à ce sujet avec le pouvoir provincial, ainsi que le permet la loi que je viens de citer.
Mais on veut aller plus loin. On veut favoriser la centralisation, et voilà précisément la
fin que l'on doit combattre, au nom même de la Constitution.
Le motif principal des auteurs du projet, je le trouve eXposé d’abord dans les écrits des journaux favorables au mouvement.
J’ai mentionné le but qu’on assignait au bu-
“ dical, légàl, sanitaire et spécial de quelque “genre que ce soit, ne peut échapper au con- “trôle du Commissaire. ”
Ce but de centralisation, je le trouve implicitement proposé dans une conférence faite, en Octobre 1899, à la Convention des instituteurs Protestants de la Province de Québec. Le conférencier ne V9yaïit dans la Confédération du Canada qu’un assemblage de petits Etats,
religion pour ne constituer qu’un tout compact et homogène. 1] est à présumer que
chaque école Pourrait jouer, dans la municipalité Scolaire, un rôle jusqu’à un certain point
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semblable à celui qu’aurait exercé l’université nationale proposée par Washington. Et, comme couronnement à ce type unique d’écoles, il faudrait, comme bien l’on pense, un bureau d'Education, dans la capitale de la Confédération.
Le conférencier, qui n’est autre que le Dr Harper, aisute que, pour améliorer au Canada le système scolaire, il ne faudrait pas hésiter à recourir au besoin au pouvoir central, “even “+0 look to the federal executive for ameliora- “tion.” Dans l'exposé de sa thèse, il est allé encore plus loin. Il laisse poindre ses préférences pour l'union législative des provinces et paraît désirer la destruction du pacte fédératif de 1867. Sous sa plume se trouve le mot “revolution ”, révolution d’où sortirait, comme une rose de son bouton, l’école de son rêve.
“La constitution, dit-il, que nous a donnée “VActe de l'Amérique britannique du :‘ord, “contient en elle-même les éléments néces- “saires à la formation de la nation, mais ces “éléments ne contiennent pas de base sur la- “quelle on peut fonder une école nationale.
“ L'école nationale ne peut être que le résultat “d’une révolution. ”
Toutefois la “révolution ” que l'écrivain signale comme remède à l’état présent de la Confédération semble assez éloignée, même dans sa pensée, et il s’en console à l’avance en disant: “Mais nous pouvons avoir au moins en ma- “ tière d'enseignement un point de convergence, “comme cela existe aux Etats-Unis. Nous “pouvons avoir à Ottawa un conseil consulta- “tif central qui, sans avoir aucune fonction
US
22 ÉDUCATIOX ET CONSTITUTION
‘administrative directe, constituera ce que “l’on appelle en mathématique l « exposant ” “du pays. ”
C'est là précisément te que nous ne voulons Pas, nous de la province de Québeg, et nous ne Sommes pas les seuls, j'ose le croire, à refuser de recevoir d’un Commissaire fédéral] les opinions qu'il lui plairait d'exprimer et les remontrances qu'il pourrait s’arroge: le droit de faire sur la manière d’agir des Bouvernements provinciaux.
Tout le monde sait que par la Constitution du pays léducation est'sous le contrôle exclusif des provinces. Or, en vertu de quel droit le parlement: d'Ottawa adopterait-il une loi pour lui permettre d'établir ce que le Dr Harper ap- Pelle “ À central advisory sub-department ” ? Quel pouvoir aurait le BOuvernement fédéral de nommer un Commissaire d'Education qui agirait à da fois et Comme statisticien et comme
Suivant l'opinion de jurisconsultes éminents, ce serait là une violation de l’esprit et de la lettre de la Constitution de 1867, et un empiétement sur l'autonomie des provinces,
Le peuple Canadien a encore présentes à l’esprit les très graves difficultés Scolaires dù Manitoba. Si, malgré l’Acte de l'Amérique britannique du Nord; si, malgré la décision du plus haut tribunal de l'Empire, qui reconnaît au 80uvernement central le pouvoir d'intervenir Pour faire rendre justice à la minorité: le gou- Vérnement manitobain a refusé de se Soumettre, Comment peut-on croire que le conseil exécutif du Dominion réussirait à organiser, en de con-
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ere nntmanmn. o
venables conditions d'efficacité, un département central d'Education, quand dans la constitution rien n'indique qu'il ait même le droit de- l’établir?
Je comprends que chaque individu peut avoir ses préférences et se former un idéal de ce que devrait être le pays ou son régime scolaire, Cependant, si nes examinons ce qui se passe chez nos voisins, nous voyons que, dans les diverses sections territoriales de la République, les méthodes scolaires très souvent diffèrent, de même que les programmes ; j'oserais dire que pratiquement la décentralisation est absolue, et it n'appert pas que le bureau d’Education qu’on nous offre comme modèle ait réussi à établir l’uniformité scolaire. Croit-on qu’au Canada il pourrait en être autrement?
Le commissaire général qu’on nommerait, quelle que fût sa compétence, aurait-il l’autorité de dicter, par exemple, ce qu'il croirait être le meilleur enseignement dans les écoles de droit, quand les lois des provinces diffèrent et que, dans la province de Québec en particulier, c’est le droit français qui prévaut?
Il y à aussi une différence considérable entre l’enseignement catholique romain et l’enseignement protestant. Comparez les high schools protestants aux collèges classiques catholiques. Serait-il loisible au commissaire en chef ou au département fédéral d'Education de remanier les méthodes de ces maisons d’éducation, de façon à les assimiler les unes aux autres et à les rendre uniformes?
Dans une question aussi compliquée, il faut nécessairement tenir compte du caractère, des tendances, des aspirations et des besoins des
Quant à ce qui concerne la race à laquelle j'appartiens, je puis dire hautement qu’il n’est aucunement dans la pensée de l’élément fran- Sais d’absorber l’élément anglais et de le domimer. Ce que veulent les Canadiens français,
une atteinte aux droits et aux privilèges qu’il
nous avons raison d’espérer que la majorité veut avoir pour nous les mêmes égards, Une question se présente maintenent à mon
serait un Canadien de langue frança , ,4s partisans du bureau fédéral d’'Educa un pensent-ils que ce commissaire Canadien-fançais,
cet “exposant ” de la nation — “ exponent of the nation ”, comme on l’appelle, — dont l’intelligence aura été façonnée dans un moule autre que celui de son concitoyen anglo-saxon, qui aura sa façon particulière d'apprécier les régimes scolaires, pourra réellement justifier son titre et exprimer sur les questions d’enseignement des opinions propres à satisfaire tout le monde, de manière à ne pas susciter de récriminations dans certaines provinces?
S:, ?u lieu d’être Canadien français, ce commisszire est d’origine anglaise ou irlandaise, Pourra-t-il faire mieux? Je ne le crois pas.
Le véritable “exposant ” des provinces, ce sont, là où il en existe, les conseils de l’Instruction publique, lesquels, composés de membres compétents, sont, dans mon opinion, beaucoup plus aptes à décider les questions scolaires que ne le serait un officier du pouvoir fédéral, parce qu’ils sont au fait des besoins locaux, tout en ayant une juste compréhension de ce que doit être le sentiment national du pays.
Le Dr Harper voudrait“ a central advisory “sub-department ” à Ottawa. Qu’on me permette de dire que j'aurais moins confiance dans ce bureau, pour décider les questions qui regardent les écoles protestantes de Québec, que dans le Comité prntestant de notre conseil de l’Instruction publique.
Il y a trois ans, le gouvernement impérial a publié plusieurs volumes de documents très intéressants et très détaillés sur les systèmes scolaires des colonies anglaises. Je ferai ob- Server que pour obtenir ces renseignements, le ministre des Colonies n’a pas cru qu’il fallait créer à Londres un burean d'Education
26 ÉDUCATION ET CONSTITUTION dont le chef aurait été reconnu comme J’ « ex ‘Empire. Si] ,
voit pas, du Moins, qu’il soit n organise “an advisory board ” Pour indiqu.
aux provinces du Dominion le régime scolai] qui, à son avis, leur conviendrait.
la responsa bilité de sa
Conseil exécutif du Canada fera preu v.
d’un grand sens politique si ‘égard
tion fait erreur lorsqu'elle vérnement fédéral] d'établir un ,
UCation contre lequel il y a de gi f jections, tant au poin
scute les ; Mais n’ayons une intervention de la Part d’un pouvoir du contrôle de qui avec Connaissance de Cause,
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