‹ Education et instruction (volume 2)Chapitre 10 sur 98 · Lettre du Préfet de la Seine au Ministre, 7 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du Préfet de la Seine au Ministre, 7 octobre

2. Voir aux Annexes, n° V, les délibérations des 15, 18 et 20 décembre lS7i.

Jacques1, s'y ménageant, comme elle pouvait, un peu d'espace, d'air et de lumière; et bientôt, ces masures ne suffisant plus elles-mêmes à ses ateliers de travail, elle avait envahi le terrain libre de la rue des Écoles, et disputé la place au chantier des tailleurs de pierres, qui s'y était installé. Ces extensions croissantes faisaient entrer les études dans une phase nouvelle.

Le Parlement s'émut à son tour. Le 10 décembre 1874,. la commission du budget demanda qu'un projet de loi lui fut soumis.

Depuis ce moment, trois plans ont été successivement élaborés.

Dans le premier, introduit au Conseil municipal en 1 876 (25 décembre) et présenté à la Chambre des Députés en 1878, on proposait:

1° De maintenir le périmètre des bâtiments qui constituaient l'ancienne Sorbonne, avec adjonction du terrain de la rue des Écoles, et de six maisons de la partie inférieure de la rue Saint-Jacques : le tout occupant entre la rue des Écoles et la rue Gerson un emplacement a peu près rectangulaire, sauf une enclave formée par le groupe de huit maisons sises au coin de la rue Saint- Jacques et de la place Gerson;

2° D'édifier sur cet emplacement de nouveaux bâtiments raccordés avec les anciens, et d'affecter les locaux anciens et nouveaux à l'Académie de Paris, à la Faculté de Théologie et à la Faculté des Lettres;

5° De transférer la Faculté des Sciences sur un terrain de la rue de l'Àbbé-de-l'Épée, provenant de l'ancienne

1. Ces maisons (n08 112 à 122) avaient failli être détruites en 1S5!5;. C'est M. J.-B. Dumas, Président du Conseil municipal, qui avait arrêté la. pioche des démolisseurs en demandant que les masures qu'on était décidé à abattre fussent louées à la Faculté pour y établir des laboratoires.. — Voir aux Annexes le plan n°5.

pépinière du Luxembourg, d'une contenance d'environ 15000 mètres, ledit terrain cédé gratuitement par l'État1.

La dépense était évaluée à 8 000 000 fr. : 3 500000 fr. pour la construction des bâtiments neufs de la Sorbonne — on ne faisait pas réparer les bâtiments anciens ; — 4500000 francs pour l'édification de la Faculté des Sciences2.

Ce plan était fait surtout pour donner satisfaction à la Faculté des Sciences. Cependant les objections de la Faculté persistaient. Comme en 1846, comme en 1874, les professeurs se refusaient à quitter l'enceinte de la Sorbonne ; ils ne voulaient pas se séparer de la Faculté des Lettres; ils regrettaient le voisinage du Collège de France et de la Faculté de Médecine; ils craignaient enfin que leurs cours ne fussent d'un accès moins facile pour leurs auditeurs ordinaires et pour les jeunes maîtres de nos lycées. Ces appréhensions ayant trouvé créance et appui au Conseil municipal, diverses propositions vinrent se greffer sur le projet5.

La Faculté des Sciences proprement dite avait suggéré l'idée de lui donner tous les terrains situés au nord et à l'est de la Sorbonne, c'est-à-dire l'emplacement compris entre la place Gerson, la rue Saint-Jacques, la rue des Écoles, la Sorbonne et la rue de la Sorbonne, ce qui équivalait à demander l'îlot entier, sauf l'ancienne Sorbonne, qu'on laissait aux services qui

1. Cette cession gratuite de l'État à la Ville était considérée comme équivalente à la cession faite par la Ville à l'État des terrains de la rue des Écoles.

2. Voir le rapport de M. Harant au Conseil municipal (20 mars 1877) et le projet de loi de M. Bardoux (11 janvier 1878).

3. Voir la dépêche ministérielle du 1er mars et le rapport précité de M. Harant.

l'occupaient. Mais ces conditions avaient bientôt paru inacceptables à ceux-là même qui étaient le plus intéressés à les soutenir1. D'une part, elles élevaient considérablement le chiffre de la dépense ; — l'acquisition des maisons du coin de la rue Saint-Jacques et de la place Gerson n'était pas estimée à moins de 3 à 4 millions; — d'autre part, elles rendaient presque impossible toute amélioration sérieuse pour la Faculté des Lettres, la Bibliothèque et l'Académie.

Pour faire le champ libre, d'autres avaient pensé à transporter sur les terrains du Luxembourg les services administratifs de l'Académie et la Bibliothèque de l'Université. « Il n'est personne qui ne reconnaisse, disait-on, que les bureaux de l'Académie sont peu dignes d'une grande administration de Paris, qu'il ne s'y trouve des locaux convenables ni pour les réunions des conseils académiques, ni pour les réceptions des savants français et étrangers que la Ville voudrait dignement recevoir. Il serait utile d'y placer une grande bibliothèque universitaire, d'y établir des locaux pour les agrégations et tous les examens scolaires, d'y refaire même une salle pour les solennités, qui ont lieu actuellement dans la salle dite du Concours, si incommode, si exiguë et si insuffisante. Nous irions ainsi audevant d'une pensée que le Ministre a exprimée et à laquelle certainement Paris tiendra à s'associer, celle de faire de ce palais académique non seulement le cheflieu des établissements de l'État qui sont du ressort de notre Académie, mais une sorte de métropole de l'enseignement universitaire2.» C'était une idée très acceptable

1. Proposition de loi relative à l'agrandissement de la Sorbonne et à la construction d'un bâtiment spécial pour la Faculté des Sciences, présentée par M. Paul Bert {A juin 1878), page 11.

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