Traité du 10 août 1S
2. « Anno Domini 1855, curante summo Gallicœ Universitatis praeside, frequentissimo discipulorum et magistrorum, necnon Parisiensis aediliiatis atque omnium ordinum concursu, Sorbonici palatii, ad majorem èonarum artium gloriam novis incrementis augendi atque amplificandi, prima fundamenta rite ponuntur. »
5. « C'était pour la Ville », disait M. Haussmann, dans son discours au Ministre, le jour de la pose de la première pierre, « l'accomplissement d'un pieux devoir que de s'associer dans la plus large mesure à l'acte <mi assure enfin des auditoires dignes d'eux aux plus illustres interprètes de l'Université nouvelle. J'ose même dire que la Ville a pris l'initiative -de cet acte réparateur lorsqu'elle a percé, à travers des quartiers ignorés du grand nombre de la rue des Écoles, cette large voie dont la •direction, quelque temps indécise, est aujourd'hui définitivement iixée. »
municipale pour l'expropriation n'était même pas complètement soldée. Ordre fut donné de cesser les travaux. On se borna à poursuivre l'examen des plans et devis, en élargissant sur le papier les bases du projet. En dernier lieu, l'opération devait comprendre le périmètre limité par la rue et la place Gerson (l'ancienne rue des Poirées), la rue Saint- Jacques, la rue des Écoles et la rue de la Sorbonne; la dépense totale était évaluée à 12 500 000 fr.1.
Il semblait qu'il fût réservé à la longue et féconde administration de M. V. Duruy de mettre fin à cette situation étrange. Mais sur quels fonds aurait-il pu risquer une telle entreprise? Obligé de vivre au jour le jour et souvent d'expédients, ne pouvant grossir un article de son budget qu'au détriment de tous les autres, justement préoccupé d'ailleurs des progrès de l'enseignement proprement dit, le vaillant Ministre dut se borner à enrichir les collections de la Faculté des
1. Le 2 mars 1867, le Préfet de la Seine écrivait au Ministre de l'Instruction publique : « Le devis estimatif des travaux de construction de la Sorbonne s'élève, après revision, à la somme de 9 579 266 fr.
« En outre, les acquisitions à faire pour la formation du périmètre de l'édifice donneront lieu, suivant l'estimation qui a été dressée, à une dépense approximative de 1 315 000
Ensemble 10 694 266
« D'un autre côté, les acquisitions précédemment réalisées par la ville de Paris se sont élevées, en principal et frais, déduction faite de la valeur des matériaux et des terrains revendus, à la somme de 1 802 070 fr. 44 c.
« Il résulte de ce qui précède que l'agrandissement
de la Sorbonne donne lieu à une dépense totale .
de 12 496 536 fr. 44 c.
dont la Ville consentirait à prendre la moitié à sa charge, soit 6 248 168 fr. 22 c.
« Sur la somme de 901 035 fr. 22 c. qui représente la moitié de la dépense nette à la charge de l'État pour les acquisitions réalisées et soldées, il n'a été versé jusqu'ici à la caisse municipale que 425000. Il reste donc dû à la Ville, de ce chef, 476 035 fr. 22 c. »
Sciences, à créer l'École des Hautes Études et les laboratoires de recherches, à ouvrir pour les cours libres de la Faculté des Lettres les amphithéâtres de la rue Gerson qu'on appelait la petite Sorbonne; et toutes ces améliorations n'avaient fait que rendre plus sensible la nécessité d'un agrandissement.
La question ne pouvait manquer de ressaisir les esprits après nos malheurs. Dès les derniers mois de Tannée 1871, tandis que, sous l'active impulsion de M. J. Simon, l'administration de l'instruction publique faisait dresser dans toute la France l'inventaire des richesses, ou plutôt de la misère de notre enseignement supérieur, le Préfet de la Seine, M. Léon Sav, d'accord avec le Conseil municipal, se déclarait en mesure de rouvrir les négociations restées en suspens. On ne pensait pas pouvoir reprendre l'ancien projet avec tous ses développements en raison de la dépense; mais on avait à cœur d'inaugurer les travaux1. Cependant trois années se passèrent encore en pourparlers.
Il était clair que, loin "d'être exagérés, les plans de 1855 n'étaient plus en rapport avec la situation. On offrait à la Faculté des Sciences de se transporter sur les terrains retranchés du jardin du Luxembourg; mais elle ne pouvait se résoudre à s'éloigner2. Après s'être emparée de tout ce qui était disponible dans l'enceinte de la vieille Sorbonne, elle avait, avec le concours de l'Administration municipale, cherché un complément d'abri dans les maisons riveraine 3 de la rue Saint-