‹ Education et instruction (volume 2)Chapitre 33 sur 98 · Statut, xvii · texte numérisé non relu

Statut, xvii

par leurs professeurs ordinaires et il n'est pas permis de les éliminer après les compositions écrites. Toutes ces conditions sont absolument acceptées par l'opinion. Il n'est guère d'établissement, non autorisé à faire subir lui-même les examens *, qui ne soit prêt à envoyer ses candidats dans le gymnase où le commissaire royal tient ses assises.

La session close, les dossiers sont expédiés au conseil provincial, dont la fonction est d'assurer le niveau général des études. Le conseil renvoie les pièces avec ses remarques au directeur du gymnase, par l'intermédiaire du commissaire royal, qui, comme le directeur de chaque établissement, a le droit de répondre. Une expédition de ces observations contradictoires est adressée au Ministère, qui en tient tel compte que de droit. Enfin, pour mieux assurer son contrôle, le conseil peut, lorsqu'il le juge utile, adresser, au cours de l'année scolaire, à tous les gymnases de la province, des sujets qu'il fait traiter le même jour, dans des conditions égales, et dont il se réserve l'appréciation2.

1. Statut, i, 2. — « L'Allemagne aussi possède, quoique en moins grand nombre, dos maisons d'instruction secondaire dirigées par des ecclésiastiques. Les plus importantes d'entre ces maisons sont placées dans les mêmes conditions que celles des gymnases de l'État; elles reçoivent deux fois par an la visite du commissaire du gouvernement et elles délivrent sous son contrôle le certificat de maturité. Non seulement elles trouvent naturelle et légitime la surveillance de l'État, mais elles recherchent, elles appellent la venue du commissaire royal, et elles l'invitent à étendre son inspection à toutes les classes. Les Jésuites seuls en Autriche se sont toujours opposés à l'entrée d'un fonctionnaire étranger. » (Michel Bréal, Excursions pédagogiques, p. i*5 et 98.)

2. Les règles suivies en Italie pour la collation du diplôme de maîtrise es arts sont les mêmes. Un professeur du lycée d'Avignon, M. Maillet, les a résumées en ces termes : « L'examen se passe à l'intérieur du lycée, sous la surveillance d'un délégué du Ministère. Les sujets de composition sont identiques pour tous les lycées. En cas de conflit, il y a appel de la décision du jury à un conseil collégial. Il est d'ailleurs tenu compte des examens de passage et du travail antérieur de l'élève, qui ne peut se présenter devant la commission d'examen sans un admittatur délivré par le chef de l'établissement auquel il appartient. Les élèves des séminaires viennent subir au lycée leurs examens. » (Enquête, lycée d'Avignon, p. 15.)

L opinion de V. Cousin. — En 1854 Victor Cousin avait été frappé de celte organisation, bien qu'elle ne fût pas encore arrivée à l'espèce de perfection avec laquelle elle est appliquée aujourd'hui1. La sélection qui en est la base, la nécessité de franchir régulièrement les degrés des diverses classes, des dernières surtout, couronnement nécessaire et consécration des autres, le jugement préparatoire à l'examen, tout cet ensemble de mesures préventives qui tient en éveil maîtres, parents, jeunes gens, et qui laisse le jugement des efforts de l'élève à ceux qui en ont été les témoins et les guides, lui paraissait constituer de sérieuses garanties pour la bonne tenue des études. Il admirait surtout la part respectivement faite dans le contrôle définitif à l'enseignement secondaire et à l'enseignement supérieur. « Ce sont des praticiens de gymnase, disait-il, qui sont chargés des détails de l'examen; ce sont des savants de l'Université qui le revisent et forment une sorte de tribunal d'en haut qui ne prend aucune décision, car les commissions de gymnase sont cours souveraines, mais qui surveille et éclaire les commissions et le gouvernement. Institution excellente, qui prévient la routine et la négligence, lie le gymnase aux universités, répand l'harmonie et la vie dans toutes les parties de l'instruction publique2. »

Les adhésions. — Ni dans les facultés ni dans les lycées ces avantages ne paraissent avoir touché les esprits. Dans un certain nombre d'établissements on les

1. Le ministre Altenstein, après treize ans d'étude, venait d'édicter le règlement du i juin 1854, celui-là même qui a été abrogé par le statut du 27 mai 1882.

2. Mémoire sur l'instruction secondaire dans le royaume de Prusse, par Victor Cousin, directeur de l'École Normale. Paris, 1834. — Cf. Rapport sur Vétat de l'instruction publique dans quelques pays de l'Allemagne et particulièrement en Prusse. 1831.

a discutés1, en leur rendant hommage2, mais sans s'y rallier; dans quelques autres on a proposé d'essayer le système en commençant par l'appliquer aux grands lycées3. Mais quatorze établissements seulement sont franchement d'avis de l'adopter : — parmi les facultés, la faculté de théologie protestante de Paris, qui en a établi magistralement l'esprit et suivi dans le détail toutes les applications4; la faculté de théologie protestante de Montauban5; les écoles préparatoires de médecine et de pharmacie d'Amiens6 et de Grenoble7; — parmi les lycées, Aix 8 et Besançon 9 ; — parmi les col-

1. Enquête, faculté des sciences de Bordeaux, p. 92 ; — des lettres de Bordeaux, p. 94 ; — des lettres de Poitiers, p. 788. = Lycée d'Agen, p. 100-

— Alençon, p. 158; — Montluçon, p. 185; — le Puy, p. 187; — Nancy, p. 526; — Reims, p. 716; — Chàteauroux, p. 790; — Niort, p. 798 ; — Lorient, p. 831 ; — Montauban, p. 873 ; — Rodez, p. 873. = Collège de Dieppe, p. 163 ; — Auxerre, p. 229; — Saint-Pol, p. 552 ; — Nantua, p. 439;

— Épinal, p. bii ; — Lunéville, p. 354; — Châteaudun, p. 752 ; — Provins, p. 767; — Meaux, p. 777 ; — Chinon, p. 806; — Saint-Jean-d'Angély, p. 814.

2. Enquête, faculté des lettres de Besançon, p. 48; — des lettres de Clermont, p. 179 ; — de droit de Grenoble, p. 551 ; — de droit de Montpellier, p. 448 ; — des lettres de Montpellier, p. 463, 476 ; — des sciences de Poitiers, p. 782. = École de droit d'Alger, p. 889. = Lycée d'Avignon, p. 15; — Nice, p. 25; — Belfort, p. 51 ; — Chaumont, p. 215; — Carcassonne, p. 499; — Charlemagne, p. 563 ; — Louis-le-Grand, p. 691, 694 ;

— Rodez, p. 875. = Collège de Saintes, p. 813. = Recteur de Grenoble,

3. Enquête, faculté des sciences de Lyon, p. 414; — des lettres de Lyon, p. 415. = Collège de Saint-FIour, p. 196; — Provins, p. 767. = Recteur de Clermont, p. 201 ; — de Nancy, p. 568.

4. Enquête, p. 571 ; — M. Bossert, inspecteur de l'académie de Paris, partage de tout point l'avis de la faculté de théologie protestante de Paris.

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