‹ Education et instruction (volume 2)Chapitre 58 sur 98 · Arrêté du Z août · texte numérisé non relu

Arrêté du Z août

La multiplication des baccalauréats. — Ce 'n'étaient pas seulement les matières de l'examen qui se multipliaient, c'étaient les examens eux-mêmes. L'histoire des variations du baccalauréat es sciences est particulièrement intéressante à suivre sur ce point. A l'origine, nul ne pouvait prétendre au diplôme des sciences qui ne fût muni du diplôme des lettres1, et le baccalauréat es sciences était exigé pour l'inscription à la Faculté de Médecine2. Mais on avait presque aussitôt reconnu qu'il y avait intérêt à distinguer dans l'examen des sciences ce qui convenait à la préparation aux études médicales. En 1821, à côté du baccalauréat des sciences mathématiques proprement dites, un baccalauréat des sciences physiques et naturelles avait été institué5. Plus tard, sur cette seconde branche du baccalauréat on avait greffé un baccalauréat spécialement approprié aux candidats à l'agrégation de philosophie4. Après des vicissitudes diverses5, c'est à cette division judicieuse au fond, bien qu'un peu compliquée, qu'avait abouti, en 1848, la constitution du baccalauréat es

1. Statut du 17 mars 1808, art. 22; — Statut du 16 février 1810.

2. Ordonnance du 5 juillet 18-0, art. A; — Arrêté du 9 septembre 1823, art. 1 à 6.

5. Règlement du 25 septembre 1821, art. 1er: « Les aspirants au baccalauréat es sciences seront admis à des examens différents, selon qu'ils se proposeront d'enseigner les sciences mathématiques ou de se livrer aux sciences naturelles et à la médecine. II en sera fait mention sur leurs certificats de capacité et sur leurs diplômes. » — Cf. Règlement du % juin 1848, art. 2: « Le baccalauréat, dit baccalauréat es sciences physiques, est exigible pour les élèves en médecine ».

•i. « Les candidats à l'agrégation de philosophie qui se présenteront au baccalauréat es sciences physiques seront dispensés de répondre à la partie du programme de cet examen relative à la chimie et à l'histoire naturelle. » [Arrêté du 25 février 1857.)

5. L'ordonnance du 18 janvier 1851 avait rapporté l'article 4 de l'ordonnance du 5 juillet 1820, qui obligeait les étudiants en médecine ; à prendre préalablement le baccalauréat es sciences. L'ordonnance du 9 août 1856 l'avait fait revivre. — Plus tard, le décret du 10 août 1852 (art. 12) avait de nouveau supprime cette obligation, et de nouveau le décret du 25 août 1S5S (art. 2) l'avait rétablie.

sciences1. Sous l'empire des préoccupations systématiques du plan d'études de 1852 et des règlements de 1854, on avait ramené ces épreuves distinctes à l'unité2, mais pour les diviser à nouveau le lendemain et augmenter le nombre des variétés. Bref, en 1859 il n'existait pas moins de cinq baccalauréats es sciences : le baccalauréat complet3, le baccalauréat scindé qu'on pouvait subir en deux parties aune année d'intervalle4, le baccalauréat restreint ou baccalauréat des aspirants au doctorat en médecine5, le baccalauréat complémentaire, celui par lequel on complétait à son heure les épreuves du baccalauréat restreint6, enfin le baccalauréat à l'usage de ceux qui, étant déjà bacheliers es lettres, n'avaient plus à justifier de leur aptitude littéraire7. Guidés par le Manuel, les candidats, paraît-il, s'y reconnaissaient encore; les examinateurs ne s'y retrouvaient plus.

La procédure des épreuves orales : le tirage au sort; les salles d'examen; le jury. — On n'est pas moins surpris lorsqu'on se représente la procédure des épreuves orales.

Cherchant des garanties, puisque telle était la visée de l'ordonnance de 1820, il semblait qu'on ne pût les trouver nulle part mieux que dans la libre conscience du juge. Mais on se défiait du juge. Pour le défendre contre lui-même et contre tout le monde, on n'avait imaginé rien de mieux que de l'enchaîner. Tous les

Page 1