Décret du 28 juillet 1882, art
5. « Aujourd'hui le baccalauréat de l'enseignement spécial n'est accepté par aucune administration. Dans les contributions indirectes, par exemple, on recevra un candidat qui apportera un certificat constatant qu'il a fait ses études jusqu'en troisième avec plus de faveur qu'un bachelier de l'enseignement spécial. » (Enquête, lycée d'Albi, p. 872.)
4. « Malgré les plus grands efforts, les lycées de Paris et quelques rares lycées de province sont à peine arrivés à constituer la cinquième année de l'enseignement spécial. La multiplicité et la difficulté des épreuves du baccalauréat de l'enseignement spécial, jointes à l'absence de sanction, en détournent les candidats. Les élèves qui se destinent au* carrières scientifiques abandonnent, comme par le passé, l'enseignement spécial au bout de la troisième ou de la quatrième année pour les classes de mathématiques de l'enseignement classique.» (Enquête, lycée Jansou de Sailly, rapport présenté par MM. Brettling, censeur des études, et Fourteau, professeur de physique, p. 689.)
contré plus de bon vouloir, à en juger par l'enquête. Dans un grand nombre d'assemblées — facultés, lycées ou collèges — il a obtenu les honneurs d'une discussion sérieuse, passionnée même parfois, à son profit1. Il est, semble-t-il, peu d'esprits qui lui restent décidément hostiles2 ; la plupart reconnaissent qu'il a, qu'il doit avoir sa place3. On demande en sa faveur des établissements distincts4; on sollicite des privilèges bien déterminés pour les diplômes auxquels il aboutit ; on compte sur l'opinion pour les réclamer, et sur les pouvoirs publics pour les accorder5. Des juges en mesure de suivre le mouvement des esprits n'hésitent même pas à proposer de fondre le baccalauréat es sciences avec
1. Enquête, faculté dos sciences de Dijon, p. 208; — de médecine et de pharmacie de Lille, p. 276 ; — de droit de Paris, p. 587 et 604; — des sciences de Rennes, p. 818; — des sciences de Toulouse, p. 865, 866. — Lycée d'Avignon, p. 17 ; — Caen, p. 145; — le Havre, p. 153; — Chaumont, p. 220 ; — Lyon, p. -426 ; — Janson de Sailly, p. 681 et 684; — Orléans, p. 737; — Reims, p. 744; — Pontivy, 837. = Collège de Nice, p. 29; — Grasse, p. 34; — Ajaccio, p. 35; — Tulle, p. 199; — Cassel, j). 311 ; — Saint-Amand, p. 551 ; — Gap, p. 578 ; — Chalon-sur-Saône, p. 425; — Cette, p. 509 ; — Perpignan, p. 510, 511 ; — Nogent-le-Rotrou, p 570, 571; — Meaux, p. 776; etc. == Recteur de Besançon, p. 70; — Grenoble, p. 588; — Poitiers, p. 815.
2. Enquête, faculté de droit de Paris, p. G04. = Collège d'Avignon, p. 17. = Recteur de Poitiers, p. 815.
3. Enquête, faculté des sciences de Dijon, p. 208 ; — de médecine et de pharmacie de Lille, p. 276 ; — de Rennes, p. 818, etc.
■1. Enquête, collège de Cassel, p. 311.
5. « La nécessité se fera bientôt sentir de donner plus d'importance au baccalauréat de l'enseignement spécial et de le regarder comme suffisant pour les places où il n'est besoin ni de grec ni de latin. On peut ajouter que toute tentative pour diminuer l'importance de l'épreuve classique actuelle est un pas fait vers l'accroissement de l'enseignement spécial. Il y a donc lieu, ce semble, de donner satisfaction à un double besoin : laisser la situation s'établir et apporter à ; un baccalauréat classique plus riche, où le grec aurait une place plus large, les meilleurs éléments du pays (c'est par là que seraient sauvegardes les intérêts des classes supérieures); d'autre part, abaisser devant l'esprit industriel la barrière actuelle nuisible à un autre ordre d'intérêts, non moins pressants, quoique d'une nature moins relevée.» {Enquête, faculté des lettres de Caen, p. 137.) — « Il faut de toute nécessité accorder de sérieuses garanties aux examens de l'enseignement spécial. Sans doute il n'y a pas lieu de dema ider pour les deux enseignements des privilèges
le baccalauréat spécial1. L'intention manifeste est de laisser se faire, de seconder même une sélection qui permette à la jeunesse de suivre ses penchants raisonnes
identiques; sans quoi, aboutissant au même point, ils n'ont plus qu'à se confondre. Mais on peut demander, pour le diplôme d'études de 5e année, l'admission au volontariat ; pour le baccalauréat de 5* année, l'admission à Saint-Cyr, à l'École Polytechnique, à l'administration des Finances, aux Postes, etc. (Enquête, collège de Remiremont, p. 5B1.) — Cf. lycée de Caen, p. 145 ; — de Reims, p. 744. = Collège de Gap, p. 578 ; — Perpignan, p. 510 ; — Meaux, p. 776, etc. = Au lycée de Saint-Quentin, p. 249, on irait jusqu'à l'égalité absolue des droits : le baccalauréat de l'enseignement spécial conférerait pour les écoles, excepté pour l'École Normale Supérieure, les mêmes droits que le baccalauréat de l'enseignement classique. Cette proposition n'a été adoptée qu'à 2 voix de majorité. Toutefois l'assemblée a demandé à l'unanimité qu'il y ait un baccalauréat assurant des droits sérieux aux élèves de l'enseignement spécial. — Voir sur les avantages attribués aujourd'hui au baccalauréat de l'enseignement spécial, tome 11, V Enseignement secondaire spécial.
1, « Chacun sait ce qu'il faut penser de la médiocrité, pour ne pas dire de l'insuffisance absolue, des connaissances en latin (je ne parle pas du grec), en histoire, en français même, de la plupart des aspirants au baccalauréat es sciences. Il n'est pas douteux que le savoir littéraire d'un bachelier spécial, pour être limitée la littérature française, est bien préférable à ce mensonge d'érudition latine qui se dissimule mal, au baccalauréat es sciences, sous les ambitieuses épreuves de la version latine et de l'explication des auteurs latins. Je conclus en demandant résolument que le baccalauréat spécial prenne la place du baccalauréat es sciences, qu'il lui emprunte son programme et même son nom ou un nom voisin, celui de baccalauréat es sciences appliquées, par exemple. » (Enquête, recteur de Douai, p. 545. — Cf. p. 547.) — « La faculté des sciences ne verrait aucun inconvénient à supprimer le latin et les questions de philosophie dans le programme du baccalauréat es sciences; ce qui permettrait d'identifier cette épreuve avec le baccalauréat es arts et d'éviter ainsi une multiplicité d'examens et de programmes destinés à faire la preuve des études d'enseignement secondaire. » {Enquête, faculté des sciences de Poitiers, p. 785.) — « Quant au baccalauréat es sciences et au baccalauréat de l'enseignement spécial, la Commission estime que ce dernier confère de trop médiocres avantages et donne trop peu de droits à ceux qui l'ont obtenu, et que, d autre part, la connaissance du français ou bien d'une langue vivante est au moins aussi utile que la connaissance du latin à des jeunes gens qui se destinent à la carrière militaire, à l'industrie ou au commerce. Aussi juge-t-elle que ces deux examens devraient être réduits à un seul, et que la version latine, dans ce cas, serait avantageusement remplacée par une composition française ou une composition de langues vivantes, au gré des candidats. » (Enquête, lycée de Nancy, p 420.) — Cf. lycée de l'ontlvy (opinion de la Commission), p. 854; — Albi, p. 872. = Collège d'Ajaccio, p. 55; — de Melun, p. 7Gj.
et légitimes dans les voies ouvertes par les besoins d'un monde transformé1.
Conclusion. — Et quel bénéfice pourrait-il y avoir, en effet, pour le pays, à conserver sur les bancs de renseignement gréco-latin des jeunes gens qui pourraient fort utilement, pour eux et pour les autres, porter ailleurs l'effort d'une application éclairée2. En sauvant cette catégorie d'élèves qui végètent, et en les rendant à leur activité naturelle, ce sont les études classiques que du même coup on peut espérer de relever. Elles ne perdront rien à se séparer de ceux qui ne leur appartiennent point ; elles peuvent tout gagner à s'assurer plus fortement ceux qui veulent leur rester fidèles3. Allégé du poids qui l'écrase, le ressort des bonnes études se redressera; le baccalauréat, puisqu'il en est le signe reconnu et, quant à présent du moins,
1. « Ne vaut-il pas mieux comprendre que, dans notre société profondément modifiée, renouvelée, des besoins impérieux et les luttes de la vie active restreignent singulièrement la place de ces études désintéressées auxquelles on se livrait aux siècles passés? (Enquête, recteur de Dijon, p. 235.)
2. « L'abaissement des études littéraires et par suite celui de la culture générale qu'elles donnent à l'esprit. ?ont des faits trop certains, qui vont déjà s'aggravant chaque jour avec le système actuel. Il est incontestable, d'autre part, que les besoins de l'époque rendent chaque jour plus nécessaire l'extension des études positives et pratiques. Si l'on ne veut pas, en conséquence, que les études littéraires meurent avant peu de consomption, il faut trancher dans le vif et en faire résolument l'apanage d'une petite élite. » (Enquête, faculté des lettres de Douai, p. 285.)
5. « La variété des aptitudes a pour conséquence la variété des programmes, dit M. Paul Laffite; s'il est déplorable qu'un enfant soit condamné, au nom de l'égalité, à dix ans d'études pour lesquelles il n'a aucun goût, il serait aussi déplorable que celui qui peut tirer profit de ces études en fût privé. Le paradoxe est le même de vouloir supprimer l'enseignement classique et d'en vouloir faire la régie commune.... Ne disons plus : « Faut-il que la jeunesse tout « entière apprenne le latin ? » Mais : « Faut-il enseigner le latin à une « partie de la jeunesse ?» La réponse n'est pas douteuse, si l'on admet qu'un grand peuple a besoin de lettrés, d'historiens, d'érudits, de légistes, tout comme il a besoin de savants, d'agriculteurs, de commerçants, de manufacturiers. » (Le paradoxe de icjalité, ïajalilé dans V enseignement.)
difficile à changer, se relèvera; l'enseignement libre, qu'il n'est possible de régler que par l'exemple, sera entraîné dans le mouvement commun. Sans doute on modifie les institutions dont on améliore les formes; mais on ne peut espérer de les rajeunir qu'en y infusant un sang nouveau. Développer l'enseignement spécial en étendant, dans la mesure qu'il comporte, à ceux qui le suivent, les avantages sociaux qu'ils ont le droit de partager, et, par une bonne constitution des examens de passage, affranchir l'enseignement classique de tous ceux qui lui nuisent sans profit pour eux-mêmes, telle est peut-être aujourd'hui, en attendant mieux, la solution la plus praticable de la question du baccalauréat.
EXTRAIT DES PROCÈS-VERPAUX DES DELIBERATIONS DU CONSEIL ACADÉMIQUE. — AGRANDISSEMENT DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE
(Voir page 8.)
Séance du 29 octobre 1851
M. Lemaire, qui a été chargé, dans la dernière séance, de l'examen d'une réclamation d'honoraires formée par M. de Gisors, architecte de l'École de Médecine, fait son rapport en ces termes :
Avant d'examiner les pièces que vous m'avez remises pour vous l'aire un rapport sur la réclamation de M. de Gisors, architecte de l'École de Médecine, j'ai dû le prier de me donner une connaissance authentique de ses travaux, de ses dépenses, et des ordres en vertu desquels il a opéré.
M. de Gisors s'est rendu près de moi; et, dans une conférence assez longue, i'ai acquis la preuve certaine des faits suivants :
1° Le 24 juin 1829, en vertu des instructions émanées du Conseil académique et transmises à M. LandréBeauvais, alors doyen de la Faculté de Médecine, M. de Gisors s'est livré à la rédaction des projets définitifs et des devis estimatifs de tous les travaux à exécuter pour la construction nouvelle de divers bâtiments destinés à l'École de Médecine et à l'hospice clinique qui en dépend.
2° Le 9 août suivant, cette rédaction était achevée et remise par lui à M. Landré Beauvais; elle se compose de huit dessins
ENS. SLP. 15
et de deux devis estimatifs très détaillés. Le premier devis comprend les travaux nécessaires pour construire deux ailes de bâtiment à droite et à gauche de la fontaine actuelle, sur la place de l'École-de-Médecine, et pour agrandir et restaurer l'hospice actuel; le montant de cette dépense est estimé à 490 000 francs. Il s'agit dans le second devis d'établir des salles de dissection et un musée d'anatomie dans l'ancien bâtiment des Cordeliers ; d'élever un mur de clôture et de soutènement sur la rue Racine projetée et arrêtée par ordonnance royale de 1821, et enfin de construire un pavillon d'entrée aux salles de dissection et au jardin botanique. L'estimation de cette dépense monte à 220 000 francs. Le total de ces deux estimations est donc de 710 000 francs.
5° M. de Gisors a remis également un état qui renferme l'évaluation et les superficies de terrains appartenant à l'École de Médecine qui pourraient être vendus à son profit, soit pour former la rue projetée, soit pour construire des maisons particulières ; il a joint également à ce travail l'évaluation des autres terrains occupés en 1821 parle collège Saint-Louis.
Par une décision que vous avez prise le 15 août 1829, vous avez nommé une commission pour examiner ces projets; elle était composée de MM. Lebeau, président, Breton, Cahier, Thenard, Lemaire et Landré Beauvais, chez lequel, comme doyen de la Faculté de Médecine, plusieurs conférences ont eu lieu. Un membre du Conseil des bâtiments civils, M. Rohault, inspecteur général, fut appelé pour donner son avis sous le rapport de l'art; le résultat de ces conférences et l'avis de l'inspecteur général furent favorables à M. de Gisors.
Mais comme il paraît probable aujourd'hui que l'exécution de ces projets est ajournée pour longtemps, M. de Gisors réclame les honoraires qui lui sont dus pour la rédaction de ses travaux; il les évalue à la somme de 11 855 francs, y compris ses déboursés : il établit son calcul sur la jurisprudence du conseil des bâtiments civils près le Ministre des Travaux publics, qui alloue aux architectes 1 § pour 100 du montant de leur devis. Or ces devis s'élèvent, comme je l'ai dit plus haut, à 710 000 francs; donc l'évaluation est juste, car 1 } pour 100 de 710 000 francs produit 11 855 francs.
Le doyen actuel de la Faculté de Médecine, notre hono-
rable collègue M. Orfila, vous a communiqué son avis dans sa lettre du 1er septembre dernier : il a conclu, après un mûr examen des pièces, que la réclamation de M. de Gisors méritait d'être accueillie avec intérêt par l'autorité supérieure. Toutefois, considérant la difficulté des circonstances, il vous propose d'accorder un acompte de cinq mille francs, savoir "2896 fr. 20, pour les déboursés dont les dépenses sont cijointes, et le surplus pour l'indemniser, quant à présent, des travaux auxquels il s'est livré pour la conception et rédaction de ses projets.
J'adopte cette conclusion, et j'ai l'honneur de la soumettre à votre approbation, quoique M. de Gisors n'ait demandé, pour le moment, que de rentrer seulement dans ses déboursés de 2898 fr. 20, en attendant des moments plus favorables pour obtenir la totalité de ses honoraires.
Le Conseil académique, après avoir entendu la lecture de ce rapport et après avoir pris connaissance des observations de M. le doyen de la Faculté de Médecine ;
Attendu que les honoraires de M. de Gisors ont été calculés par lui d'après le montant des travaux dont il a fait les devis, lesquels travaux n'ont point encore été exécutés ;
Attendu que leur exécution paraît être indéfiniment ajournée;
Est d'avis que, sans rien préjuger sur l'indemnité à laquelle M. de Gisors aurait droit pour la confection des devis dont il s'agit, il y a lieu, quant à présent, de payer à cet architecte la somme de 2896 fr. 20, montant de ses déboursés, dont il produit les quittances et qui fait l'objet plus spécial de ses instantes réclamations.