‹ Education et instruction (volume 2)Chapitre 87 sur 98 · DE LA NOUVELLE SORBONNE · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE SORBONNE

3 août 1885.

Monsieur le Ministre1,

En apportant à l'État pour la reconstruction de la Sorbonne le concours de la Ville de Paris, le Conseil municipal a demandé que la première pierre fût solennellement fondée. Vous avez pensé que cette cérémonie ne pouvait être accomplie plus dignement qu'en ce jour de fête universitaire : sous les yeux de cette jeunesse d'élite, aujourd'hui l'espérance, demain la force libérale du pays ; en présence des familles, témoins une fois de plus des sacrifices que le Gouvernement de la République n'hésite pas à s'imposer pour le développement de l'éducation nationale ; au milieu des représentants des divers ordres de l'enseignement, étroitement unis dans la solidarité d'une œuvre commune. Au nom de l'Université, Monsieur le Ministre, je vous remercie.

Cette restauration de la métropole de nos études supérieures ne répond pas seulement aux besoins d'une extension nécessaire; elle marquera, elle marque dès aujourd'hui le commencement d'une ère féconde.

L'histoire de la vieille Sorbonne est liée par plus d'un point à l'histoire de l'esprit français. Au moment où elle va disparaître, n'est-ce pas surtout des services qu'elle a pu rendre qu'il convient de se souvenir? Même alors qu'ils étaient le plus enchaînés aux traditions du passé, les héritiers de Robert

Page 1