DÉSIGNATION
DE
l'école.
NOMBRE
des ateliers divers.
NOMBRE
des ateliers
spéciaux à
l'enseignement
de la coupe
et de l'assemblage.
NOMBRE
TOTAL
DES
ÉLÈVES
NOMBRE
des élèves
spécialement
attachées
aux ateliers
de coupe et
d'assemblage.
Rue Fondary .
Rue Bouvet . .
Rue Bossuet. .
Rue Ganneron.
Rue de Poitou.
Ce n'était pas non plus une institution tout à fail nouvelle que celle d'un enseignement de comptabilité. Dès 1870 un cours d'arithmétique appliquée aux opérations du commerce avait été fondé à l'école de la rue Volta ; trois autres avaient presque immédiatement suivi : avenue Trudaine, rue Boursault et rue des Écuriesd'Artois. Peu à peu le programme s'était élargi; les cours, qui n'étaient d'abord que d'un seul degré, en avaient compris deux : degré élémentaire et degré supérieur; le premier de deux années, le second d'une année, soit pour l'ensemble trois années. Aux notions de comptabilité et de tenue des livres avaient été joints les éléments du droit commercial, des exercices de correspondance, la langue anglaise. Un certificat d'instruction commerciale avait été créé1; et la clientèle
1. L'humble origine de ces examens est inscrite dans les procès- verbaux des Commissions qui ont procédé à l'examen des élèves des cours de l'école de la rue Volta et de l'avenue Trudaine.
« L'an mil huit cent soixante-dix-sept, les seize, dix-sept et dix-huit juillet, à neufheures du matin.
« Les membres de la Commission d'examen pour l'obtention du certificat d'études à délivrer aux élèves qui ont suivi le cours de comptabilité du troisième arrondissement, se sont réunis à l'hôtel de la Mairie, square du Temple, à l'effet d'examiner la capacité des jeunes filles qui se sont présentées.
« La Commission d'examen était composée de :
MM. V. Paillard, maire du 5' arrondissement, présidant la Commission d'examen ; Vanderdorpel, adjoint au maire ; Lobey, juge de paix ; Levasseur, membre de l'Institut ; Clair, professeur de comptabilité à l'école Turgot ; Desmarais, membre de la Chambre de commerce ; Berger, inspecteur primaire, et Mlle Malmanche, directrice du cours.
s A la suite des interrogations faites aux élèves, 21 ont été reconnues aptes à recevoir le certificat d'études; 2 ont été éliminées. »
« L'an mil huit cent soixante-dix-sept, le dix-neuf juillet, à deux heures de l'après-midi ;
« Les membres de la Commission d'examen pour l'obtention du certificat d'études à délivrer aux élèves qui ont suivi le cours de comptabilité pour les femmes du 9e arrondissement, se sont réunis à l'école corn*
des cours s'augmentait au fur et à mesure que le profit en devenait plus complet.
a Notre public, m'écrivait Mlle Malmanche, aujourd'hui inspectrice de ces cours qu'elle a fondés, est composé comme suit : 60 pour 100 de jeunes filles de 13 à 15 ans encore chez leurs parents ou en apprentissage, qui ont toutes le certificat d'études primaires; — 20 pour 100 de 15 à 18 ans, employées de commerce au pair ou recevant un appointement minime, giletières, modistes, couturières; — 10 pour 100 de 18 à 22 ans, employées de commerce ayant besoin d'améliorer leur position par l'acquisition de connaissances techniques, fleuristes, brunisseuses, reperceuses fatiguées de leur métier ou n'y trouvant pas une rémunération suffisante; — 5 pour 1 00 de 22 à 28 ans, femmes mariées associées à leur mari ou voulant tenir elles-mêmes les écritures pour faire l'économie d'un comptable ; — 5 pour 100 audessus de 28 ans, femmes veuves obligées de se créer une situation, parfois associées avec un employé ou un ouvrier connaissant bien la fabrication. »
Aux avantages d'une instruction complémentaire répondant à des nécessités pressantes s'ajoutaient pour
merciale, avenue Trudaine, 23, à l'effet d'examiner la capacité des jeunes élèves qui se sont présentées.
« La Commission d'examen était composée de :
MM. Noël (Charles), membre de la Chambre de commerce, Président du Conseil de l'école ; F. Barbedienne, membre de la Chambre de commerce ; Levois, — — —
Desmarais, — — —
J. Garnier, membre de l'institut;
Uzanne, avocat, professeur de droit à l'École commerciale; Vimard, professeur de comptabilité à l'École commerciale; Ed. Jourdan, directeur de l'École commerciale. « A la suite des interrogations, 10 élèves sur 13 ont été reconnues nptes à recevoir le certificat d'études. »
les plus jeunes des chances d'un sérieux et lucratif avenir. Dès l'origine, grâce à l'activité de Mlle Malmanche, les municipalités, presque toutes composées d'industriels et de négociants, s'étaient intéressées à l'œuvre; puis étaient venues les grandes institutions de crédit, Crédit foncier, Société des dépôts et comptes courants, Crédit industriel et commercial, Crédit Lyonnais, qui, trouvant dans les jeunes filles munies du certificat toutes les garanties de savoir, de probité professionnelle et d'éducation désirables, se les étaient appropriées. Nous avons d'abord cherché des emplois pour nos élèves. Bientôt on est venu nous en offrir, dont la rémunération varie, pour quelques-unes, de 1500 francs, prix de début, à 3000, parfois à 36001.
Mlle Malmanche a formé en outre tout un corps de professeurs qui donnent aujourd'hui l'enseignement commercial- non seulement dans les cours municipaux, mais dans les trois écoles professionnelles de la fondation Élisa Lemonnier, à l'école supérieure de la rue de Jouy, à l'école Sévigné, etc. Même à l'étranger, l'institution a fourni des modèles. En 1878 le sous-secrétaire du ministère du commerce de l'Italie, M. Betocchi, demandait à Mlle Malmanche des indications pour créer à Naples un cours établi sur les mêmes bases, et le 1er janvier 1879 il lui en annonçait l'ouverture.
1. Le nombre des écoles et des cours qui existent aujourd'hui (1887) est de 18 ; ils comprennent 43 classes, dont 3 du degré supérieur. Voir aux Annexes, n° IV. « La femme, dit judicieusement M. Léautey, est l'associée de l'homme; elle lui succède quand la mort rompt l'association. Elle a d'ailleurs de grandes aptitudes au commerce, aptitudes qu'il faut fortifier et développer par l'instruction. Les femmes seront admises avec beaucoup d'empressement dans le commerce et l'industrie, dès qu'elles seront capables d'en remplir les emplois; elles ont l'esprit vif, elles calculent juste et vite, elles sont probes et dévouées. Commerçante, industrielle, fermière, ou simplement mère de famille et tutrice, la femme a de grands intérêts à soigner : les siens, ceux de ses enfants, ceux des tiers..., »
Le même esprit de gradation et de méthode était à fortifier, sinon à introduire, dans les classes de dessin.
Le dessin a toujours été réglementairement compris à Paris au nombre des matières de l'instruction primaire pour les garçons; mais en réalité, sous le régime du mode mutuel, il n'y avait qu'une élite, restreinte le plus souvent aux moniteurs, qui prenait part aux exercices. Une épreuve de dessin d'art ayant été ajoutée, en 1850, aux programmes du concours des bourses municipales créées au collège Chaptal et à l'école Turgot en faveur des élèves des écoles élémentaires, l'enseignement s'étendit à tous les concurrents; c'était encore le très petit nombre.
L'organisation générale des classes de dessin ne date que de 1865. En vertu des règlements des 16 février et 23 mai, une Commission fut constituée pour étudier les programmes et en assurer l'application. Un brevet particulier, obtenu après examen, était exigé des maîtres chargés de l'enseignement. Deux classes par semaine, d'une heure et demie chacune, devaient avoir lieu dans toutes les écoles. Deux inspecteurs spéciaux en avaient la surveillance. L'essor une fois donné, le développement a été rapide. A la fin de l'année scolaire 1867-1868, 3750 élèves suivaient les cours avec profit.
De nouveaux progrès avaient été accomplis depuis 1870. Une troisième classe d'une durée de deux
heures et demie avait été ajoutée, les jeudis, aux deux classes réglementaires, et le nombre des inspecteurs avait été élevé de deux à quatre. D'autre part, les programmes du dessin linéaire avaient été mis en harmonie avec ceux du dessin d'art. Tous les élèves, depuis les premières divisions des cours élémentaires, devaient apprendre les éléments du dessin linéaire; tous ceux des cours moyens et des cours supérieurs, soit 9000 environ, recevaient à la fois l'enseignement du dessin d'art et celui du dessin linéaire. Et pour sanctionner ces diverses mesures, une épreuve de dessin avait été introduite dans les épreuves de l'examen du certificat d'études.
Les filles n'avaient eu le bénéfice du même enseignement qu'à partir de 1867 (règlement du 7 mars). Le programme comprenait le dessin linéaire à main levée et le dessin d'ornement et de fleurs; les éléments du dessin linéaire devaient être enseignés dans chaque école par l'institutrice; le dessin linéaire à main levée et le dessin d'ornement et de fleurs étaient réservés pour des cours facultatifs créés dans un certain nombre de classes centrales, et faits par des maîtresses pourvues du brevet spécial, tous les jeudis de chaque semaine, de huit heures et demie à midi et demi. Ces classes centrales avaient d'abord été au nombre de dix et ne commencèrent par réunir que quelques centaines d'élèves. Le nombre avait dû être porté, en 1869, à vingt — une par arrondissement, — puis à vingt-deux en 1875 et à vingt-neuf en 1878, une classe unique ne suffisant plus aux besoins des arrondissements les plus, étendus ou les plus peuplés de la périphérie.
C'est au-dessus de ces classes élémentaires qu'étaient
établies les classes d'adultes. Il en existait six en 1850. Ce nombre depuis 1865 avait quintuplé. En outre vingtsix écoles libres dirigées par des maîtres pourvus des diplômes réglementaires — vingt pour les femmes, pour lesquelles il n'existait pas de cours municipaux proprement dits, et six pour les hommes — recevaient de la Ville des subventions dont le chiffre total dépassait 50000 francs. « L'avenir des industries de Paris, disait M. E. Guillaume dans un discours où il résumait la situation en 1875, est étroitement lié à la prospérité des écoles de dessin et de leur développement. La statistique de ces établissements a donc pour nous un intérêt sensible; elle mérite d'être connue. En première ligne, Paris présente le groupe de ses classes d'adultes et de ses écoles subventionnées. On compte, en ce moment, 34 classes d'adultes, dont 26 sont consacrées à l'enseignement du dessin d'art et 8 au dessin géométrique : ensemble elles réunissaient, cette année, un personnel de 3215 élèves. En même temps il y a, dans les différents quartiers, 26 écoles subventionnées. 6 sont fréquentées par les hommes : elles en ont compté jusqu'à 980; 20 sont ouvertes aux jeunes personnes, dont le nombre a pu s'élever à 726. La Ville possède donc 60 écoles destinées à exercer au dessin des jeunes gens et des jeunes filles que leur vocation porte à embrasser les professions industrielles relevant de l'art, et qui déjà, pour la plupart, y sont engagés. C'est, avec les écoles nationales, la riche pépinière dans laquelle toutes les industries parisiennes trouvent leurs sujets les plus distingués. La facilité d'accès et la variété des études, l'animation et la moralité d'une jeunesse qui, le soir, souvent au sortir de l'atelier, vient chercher dans un nouveau travail le moyen de rendre plus parfait son travail du lendemain, tout semble d'accord pour assurer le maintien
de la situation présente. Ces classes supérieures ont un recrutement naturel dans les écoles primaires. Grâce à la décision qui a rendu obligatoire l'enseignement des éléments du dessin dans les divisions les plus élevées de ces écoles, grâce au choix gradué des modèles qui leur sont affectés, un nombre considérable d'enfants (il n'a pas été moindre de 9415) se trouve initié d'une manière régulière au dessin linéaire et au dessin d'ornement. Les écoles ouvertes aux garçons sont les plus nombreuses : il y en a 123. Pour les filles il n'y en a qu'une par arrondissement : ce qui fait un total de 145. C'est donc avec les classes d'adultes et les classes subventionnées un enseignement à deux degrés; édifice considérable et qui présente aujourd'hui un ensemble de 203 établissements dans lesquels 14 534 jeunes gens et enfants sont préparés à faire profiter nos industries des leçons de pratique habile et de goût qu'ils reçoivent de professeurs éprouvés1. »
Les mêmes principes réglaient de la base au sommet l'ordonnance de toutes les parties de l'édifice. Au nom de la Commission spéciale, M. Viollet-le-Duc les avait formulés en ces termes: « Pour que le dessin ail la valeur d'une faculté utile, il faut que l'intelligence ait travaillé avant la main, qu'elle ait pris l'habitude de devancer l'exercice mécanique de celle-ci, qu'elle ait compris avant de faire tracer par l'outil . Les deux vers de Boileau :
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément,
doivent être appliqués au dessin aussi bien qu'au style et à l'expression orale de la pensée.... La méthode
1. En 1887 le nombre a plus que doublé. Il est de 50 2C0 élèves, se décomposant ainsi : classes primaires, 27200; classes d'adultes, 5060.
d'enseignement du dessin devrait donc tout d'abord avoir pour objet d'éveiller l'intelligence de l'enfant, et pour cela on ne saurait commencer trop tôt. Apprendre à l'élève à voir (car il ne fait que regarder, ce qui n'est pas la même chose) est le premier des exercices. Voir, c'est comprendre, c'est obliger l'intelligence à se rendre compte des objets, non plus comme un miroir qui reflète une image, mais en supputant leurs dimensions relatives, leurs dispositions, leur couleur, comment la lumière les frappe, quelle distance les sépare, en quoi ils diffèrent de leurs analogues, comment et pourquoi ils changent de forme sous leurs divers aspects, etc. Ce serait donc par un cours oral que l'enseignement du dessin linéaire élémentaire devrait commencer, et on ne mettrait le crayon à la main des enfants que quand leur cerveau et leurs yeux auraient déjà travaillé de concert. Et il devrait en être de même à chacune des périodes de l'enseignement jusqu'aux classes les plus élevées. Forcer l'élève à comprendre avant d'agir, ces quelques mots résument toute méthode aussi bien pour le dessin que pour tout autre sujet. »
En conformité de ces prescriptions, l'usage des modèles d'après le relief pour le dessin d'art avait été généralisé, les modèles d'après l'estampe n'étant plus employés qu'à titre d'exercices préparatoires ou pour servir, soit d'indications auxiliaires, soit de corrigés des exercices exécutés d'après le relief; et tout l'enseignement ayant pour base les principes du dessin géométrique, c'est-à-dire la science des rapports et des proportions indispensables aux arts figuratifs, chaque école avait été pourvue d'une collection de solides qui
permettaient au professeur d'éclairer ses leçons par des explications démonstratives1.
Cette direction n'avait rien qui ne s'accordât avec les principes de Y Organisation pédagogique. Ici encore, la question était de substituer la méthode à la routine, l'enseignement collectif à l'enseignement individuel, la leçon par le maître à la leçon par le modèle. Ce que nous avions à demander au professeur, c'était qu'il ne se bornât pas à placer une estampe sous les yeux de l'élève et à passer dans les bancs pour rectifier un ensemble mal établi, un trait inexact, une ombre fausse; avant de laisser prendre le crayon ou le fusain, il devait expliquer à tous à la fois le modèle proposé, l'animer, le faire vivre, si bien que l'élève fût pénétré, en l'exécutant, de l'idée ou du sentiment qu'il exprimait.
À tous les degrés, les élèves étaient prêts à entrer
1. Voici l'indication sommaire des trois degrés du programme de l'enseignement :
1" degré. — L'enseignement se fera à l'aide : 1° de deux planches graphiées comprenant des exercices relatifs aux lignes droites, aux lignes courbes et aux ombres ; 2° de six plâtres, reliefs plats, comprenant l'application des lignes droites, des lignes courbes, et qui devront être copiés sans le secours de l'estampe.
2* degré. — L'enseignement comprend deux parties : 1° l'explication très élémentaire des principes de perspective ; ligne d'horizon, point de vue, point de distance (deux feuilles de dessin serviront à montrer aux élèves l'application de ces principes) ; 2° le dessin exécuté directement d'après les solides suivants : cube, parallélépipède, prisme triangulaire, pyramide, cylindre, cône (ces dessins seront exécutés avec le secours de modèles graphies représentant ces solides dans les positions principales).
3e degré. — L'enseignement comprendra le dessin des reliefs (basreliefs et rondes bosses), ornements, fragments d'architecture, etc., sans le secours d'aucun modèle graphie. Les estampes ne pourront servir que pour montrer aux élèves comment les maîtres ont interprété les modèles.
Chaque exercice doit être précédé ou accompagné d'explications démonstratives au tableau noir.
BBS. PR1M. 9
dans ces voies nouvelles. Est-ce un fruit du sol, est-ce l'effet de la contemplation, même inconsciente, des chefs-d'œuvre de l'antiquité, de la Renaissance et du génie moderne qu'il a incessamment sous les yeux? toujours est-il que l'enfant parisien naît avec l'instinct de l'art. Du jour où les classes du soir organisées pour l'enseignement du dessin ont été ouvertes, elles ont été remplies. La faveur publique nous venait en aide. En 1869 Dantan jeune fondait en mourant un prix de 1000 francs « pour encourager le dessin d'après la bosse » , au profit des adultes des écoles communales; en 1876 M. Mathieu créait deux bourses dites de voyage, de 500 francs chacune, destinées à fournir à deux élèves — l'un des classes du dessin géométrique, l'autre des classes du dessin d'art — les moyens d'aller étudier sur place les principaux monuments de l'art, soit en France, soit à l'étranger. Et ces récompenses, ajoutées aux récompenses ordinaires, prix et médailles, étaient l'objet d'une vive émulation. C'est au mois de juin, le dimanche, qu'ont lieu les concours, et deux fois nous l'avons vu tomber le jour d'une revue militaire, spectacle toujours cher à la jeunesse. Sur 300 élèves appelés à participer aux épreuves, pas un n'a manqué à l'appel, pas un n'a hésité à venir s'enchaîner pendant neuf heures à un travail qui ne devait rapporter au plus grand nombre d'autre satisfaction que celle du travail luimême.
Cependant il manquait encore à nos classes du soir un degré de perfectionnement. A diverses reprises, à l'Exposition des Beaux-Arts appliqués à l'industrie, les juges compétents avaient remarqué que les écoles qui offraient les résultats les plus satisfaisants étaient celles qui réunissaient dans un ensemble méthodique et bien
ordonné toutes les formes de l'enseignement du dessin, science et art, depuis les éléments de l'imitation jusqu'aux principes de la composition. C'est à ce titre qu'avaient été distinguées l'École nationale de la rue de l'École-de-Médecine et, parmi les établissements se rattachant à la ville de Paris, les écoles subventionnées de MM. Levasseur et Alexandre Lequien ; c'est à leur organisation que leur succès était attribué. Un vœu avait été émis au sein du Conseil municipal, à l'occasion du budget, pour qu'une école fût créée selon cet esprit sur la rive droite de la Seine Ë ; et dans le discours auquel nous avons déjà fait tout à l'heure un emprunt, M. Guillaume, rappelant le texte des lettres palentes du 20 octobre 1767 relatives à la création de l'école de la rue de l'École-de-Médecine, mon-
i. Voici les termes de ce vœu :
« Considérant que l'enseignement du dessin est d'une importance tout à fait exceptionnelle dans la ville de Paris ; que la prospérité et la supériorité des grandes industries parisiennes dépendent, en grande partie, de la propagation de l'étude du dessin et de la bonne direction qui doit être imprimée à son enseignement ;
« Considérant que, dans toutes les capitales de l'Europe, des efforts considérables sont tentés pour que les industries d'art y rivalisent avec celles de Paris et s'affranchissent de l'incontestable supériorité qu'ont toujours exercée sur elles l'art et le goût parisiens ;
« Considérant que, tout en reconnaissant les améliorations que les soins de l'Administration et la sollicitude du Conseil municipal ont déjà introduites dans l'enseignement du dessin, de nouvelles améliorations sont réclamées par la nécessité de soutenir victorieusement de sérieuses concurrences ;
« Que cette question d'un si haut intérêt pour notre cité préoccupe à juste titre les esprits; que l'initiative des chambres syndicales et des associations particulières seconde énergiquement l'Administration dans le but qu'elle s'est proposé : la propagation de l'étude du dessin et son application spéciale aux diverses branches industrielles; que cette sympathie même et l'aide qu'elle en doit attendre imposent à l'Administration de nouveaux devoirs ;
« Considérant que l'organisation actuelle de l'enseignement du dessin laisse une lacune, en ce sens que, dans les écoles subventionnées ou municipales, les diverses branches du dessin, la figure, l'ornement, le dessin linéaire, la perspective, l'architecture, le modelage, etc., sont le plus souvent enseignées par un seul professeur ; que, quels que soient le zèle et la compétence de chacun de ces professeurs, il est bien difficile
trait combien était profonde la conception de cet établissement « où devaient être enseignés les principes élémentaires de la géométrie pratique, de Varchitecture et des différentes parties du dessin, afin de procurer à l'avenir à chaque ouvrier la facilité d'exécuter lui-même et sans secours étrangers les différents ouvrages que son génie particulier pour son art lui fait imaginer ».
En attendant qu'un emplacement pût nous être donné qui nous permît d'élever cette grande école de l'art parisien, nous avons profité de la construction de deux groupes scolaires, l'un dans le 2e arrondissement, rue aux Ours, l'autre dans le 4e arrondissement, place des Vosges, pour mettre à exécution l'idée d'un ensemble de classes où seraient réunis et mis en harmonie les divers cours propres à constituer un enseignement complet.
Le programme en fut arrêté ainsi qu'il suit : Les cours devaient embrasser trois années : lre année, enseignement du dessin géométrique, enseignement mathématique, figures et ornements d'après l'estampe ; 2e année, dessin d'après la bosse, modelage, architec-
que les aptitudes suffisent à donner une force égale à chacune des divisions de l'enseignement;
« Considérant que l'École nationale de Dessin de la rue de l'École-de- Médecine offre à cet égard une organisation beaucoup plus complète ; qu'il serait à désirer que la ville de Paris créât une école municipale qui offrît le même ensemble d'enseignement;
« Le Conseil municipal « Invite M. le Préfet de la Seine à préparer, pour Tannée prochaine, un projet de création d'une École supérieure municipale de Dessin, établie sur les données qui régissent l'École nationale de la rue de l'École-de- Mcdecine, en y apportant, toutefois, les modifications que l'état actuel du dessin fera reconnaître comme nécessa'res.
« Signé : Emile Perrin, Jobbé-Duval, Delzant,
« PlAT, COLLIN, ClIRISTOFLE, ThOREL. »
ture, sculpture ; 3e année, étude de la composition.
Nul ne serait admis dans l'école qu'après un examen d'aptitude. Nul ne serait admis dans les cours de 2e ou de 3e année qu'après un examen de passage.
Chacune des matières de l'enseignement comprendrait un cours oral1.
Restait à retenir les élèves dans ces classes ainsi régularisées.
La difficulté ne venait pas ici de la variété des professions. Contrairement à ce que nous avons remarqué pour les cours ordinaires d'adultes, les corps de métiers auxquels appartiennent les élèves des cours de dessin sont presque les mêmes dans les divers arrondissements. Sur 5852 élèves inscrits en 1876, 2166, c'està-dire plus d'un tiers, appartenaient à la bijouterie et aux arts décoratifs. Les ouvriers en fer — mécaniciens, serruriers, ajusteurs, etc., — les sculpteurs et les ouvriers en bois, menuisiers, ébénistes, tourneurs, parqueleurs, etc., fournissaient presque à part égale l'autre moitié du contingent. Ces industries ayant des nécessités communes de savoir théorique, il n'était pas impossible de leur appliquer une direction commune d'enseignement.
Mais les élèves, hommes faits pour la plupart, avaient aussi leurs habitudes d'indépendance et leurs exigences de profession.
Les exigences de profession sont respectables. On a
1. Le cours de la place des Vosges a été créé en 1877, celui de la rue aux Ours (aujourd'hui rue Etienne Marcel) en 1878. Trois autres cours supérieurs ont été fondés depuis : rue Bréguet (ll# arrondissement), 1879; boulevard de Belleville (11* arrondissement), 1879} boulevard Montparnasse (14' arrondissement), 1882.
remarqué, par exemple, qu'en général le nombre des présences atteint du premier coup son maximum à la rentrée d'octobre, et se maintient ferme pendant tout le mois de novembre. Du 15 décembre au 15 janvier, la courbe fléchit; c'est le moment des veillées pour les travaux du jour de l'an et pour la fabrication des articles de Paris. A partir du 15 janvier, elle remonte graduellement et ne redescend plus que vers Pâques. A cette époque, une nouvelle baisse se produit. L'élan reprend en mai, et jusqu'aux concours de juin les effectifs se soutiennent. Évidemment il y avait là une sorte de loi dont il fallait que les programmes des cours tinssent un compte sérieux.
D'autres habitudes étaient moins dignes d'intérêt, je veux parler des irrégularités du samedi et du lundi. La marche progressive de l'enseignement devait précisément nous aider à les combattre.
Il semblait moins aisé de convaincre des hommes, sur lesquels on n'a d'autre autorité que celle qu'ils veulent bien accepter, que, lorsqu'il s'agit de suivre un cours, le maître ne doit pas s'asservir à la fantaisie ni même à un désir motivé, mais mal raisonné. Il fallait s'attendre à des résistances, peut-être même à des désertions, avant d'arriver à établir les règles de l'examen de passage. Mais ces résistances ne devaient pas être de longue durée, nous en avions la confiance. L'expérience a confirmé nos prévisions1. L'esprit de
1. Voici quel a été le chiffre de la fréquentation annuelle de 1879 à ce jour :
1879 509 élèves. 1883 857 élèves.
« Ces chiffres démontrent avec éclat, dit justement M. l'inspecteur Bronquiart, qui a si habilement contribué à l'organisation des cours, que l'idée d'un enseignement supérieur complet répondait à un besoin. »
ce régime d'études judicieusement gradué a été compris, la règle en a été acceptée. Nos élèves 1 ont senti: l cette patiente et forte école le goût s'affermit e s'épure, la main s'assouplit, se façonne, s enhardi . Nul doute qu'un enseignement ainsi suivi ne contribue a nous conserver dans les productions de 1 art industriel la supériorité que les nations voisines travaillent si activement à nous disputer.
A cette éducation technique et professionnelle nous avions entrepris d'ajouter un enseignement qui élevât la jeunesse ouvrière au-dessus des pures préoccupations de métier. L'utilité de l'expansion des lumières n'est plus une question qui se discute; mais si 1 instruction facilite à l'homme les moyens d'accroître son aisance, elle ne produit tous ses effets que lorsqu'en éclairant elle moralise et sert de frein en même temps que d'aiguillon.
Pendant l'hiver de 1870-1871 nous nous souvenons d'avoir entendu dans des réunions populaires quelques lectures tirées de l'histoire de France, qui, commentées avec une ardeur généreuse, ont certainement contribue a affermir les courages contre les souffrances du siège. N'y a-t-il pas des lectures bonnes à faire en tous les temps? L'histoire, disait jadis Bossuet en s'adressant au grand Dauphin, son élève, est la leçon des rois; elle est aussi la leçon des peuples. 11 est bon que, par 1 étude du passé représenté dans ses évolutions les plus saisissantes, nos adultes se rendent compte que la société
française cette société chrétienne par excellence, n'est pas née dhier; que les grandes institutions d'égalité fraternelle dont nous recueillons aujourd'hui le bienfait, sont les fruits du travail de plus d'un siècleque le progrès ce beau mot, dont parfois les passions dénaturent et faussent si étrangement le sens, s'appJL que non aux dangereuses saillies de quelques imaginations déréglées vers des chimères, mais à la marche
Slaeire?e,SUre U ^^ pUb'i<ÏUe grad«eliement
Les belles pages de notre littérature ne son! pas d'un enseignement moins fécond. II y a quelques années une administration théâtrale, bien conseillée, eut l'heureuse idée de tenter pour les chefs-d'œuvre de notre littérature dramatique ce qui avait été fait avec succès pour les grandes productions de l'art musical, et ces représentations populaires furent libéralement ouvertes chaque fois à un certain nombre de nos adultes. C'est 1 éternel honneur du théâtre français de ne mettre en mouvement que le fond le plus pur du cœur. Les poètes allemands ou anglais, Shakespeare, Schiller Gœthe ont pu traduire sur la scène, avec une profondeur de génie admirable, les grandes folies de l'âme humaine : Macbeth, Othello, Hamlet, le roi Lear Faust. A Corneille, à Racine, à Voltaire, appartient là g oire unique d'avoir réalisé les types éternellement vrais des passions les plus généreuses et fait vivre les sentiments héroïques, sous la ligure du vieil Horace de Pauline, d Andromaque, de Zaïre. Combien ces sentiments excitaient parmi nos adultes d'émotion sincèrejai tenu moi-même, et par plaisir non moins que par devoir, a le constater. Assurément ceux dont le cœur
s'était échauffé, dont l'âme s'était élevée au souffle de ces sublimes créations, étaient moins tentés, le soir, rentrés chez eux, par les plaisirs avilissants ou vides; et n'eussions-nous gagné dans leurs esprits qu'une heure de bonnes pensées, cela seul serait à nos yeux d'un prix inestimable. Les bonnes pensées produisent dans les âmes les plus grossières, ce que produisent dans l'humble demeure du pauvre les rayons d'un pur soleil : elles les remplissent de nobles et riantes images, elles les assainissent et les parent.
Toutefois, ai-je besoin de le dire, ce n'est pas cet héroïsme que nous songeons à prendre pour thème ordinaire de nos leçons : les cœurs, en France, se montent aisément-au ton du sacrifice. Les lectures que nous avons introduites dans certaines écoles, à titre d'essai, et que nous avons parfois choisies nous-mêmes, portaient sur des sujets simples et familiers. Ce que nous y cherchons, c'est l'enseignement des vertus journalières. Ce n'est rien, en apparence, que ces vertus de ménage; en réalité, c'est tout, c'est la vie même. En même temps qu'elles assurent l'honneur des familles, elles contribuent à la force des nations par l'habitude de ce respect de soi-même qui imprime aux plus modestes existences un caractère de grandeur morale.
L'organisation la plus riche de l'enseignement primaire élémentaire ne saurait suffire dans un centre comme Paris, si elle n'aboutissait, comme couronnement, à un large système d'enseignement primaire supérieur. Le progrès de l'un appelle nécessairement le développement de l'autre. L'enseignement primaire supérieur est d'ailleurs indispensable par lui-même à celte classe sociale, aujourd'hui si nombreuse, à laquelle l'instruction primaire proprement dite ne suffit plus et dont l'instruction secondaire dépasse les besoins.
En 1868, au moment où nous avons commencé la réforme des écoles, l'enseignement primaire supérieur n'était représenté que par deux établissements : le collège Chaptal et l'école Turgot.
L'idée première du collège Chaptal est due à Prosper Goubaux, un brillant condisciple de V. Cousin, plus connu par ses succès au théâtre que par ses doctrines pédagogiques, mais qui, après avoir, non sans éclat,
occupé à titre de suppléant la chaire de rhétorique de Villemain, avait ouvert, sous le nom de pension Saint- Victor, un établissement dont les élèves suivaient les cours du lycée Bourbon.
« Goubaux — nous ne pouvons résister au plaisir d'introduire ici le témoignage de M. Legouvé — Goubaux avait sur l'éducation publique des idées très acceptées aujourd'hui, grâce à son initiative, mais bien nouvelles et bien hardies quand il osa les formuler pour la première fois. Ce qui le frappait avant tout, c'était le désaccord entre l'enseignement de l'État et l'esprit de la société moderne. D'un côté, il voyait le monde tendu de plus en plus vers l'industrie, le commerce, l'agriculture, les sciences appliquées; il entendait beaucoup de pères désirer pour leurs enfants une profession industrielle et réclamer à cet effet des études spéciales; et, en même temps, il remarquait que l'éducation universitaire ne répondait en rien à ce besoin ; la littérature en était le seul objet; il n'y avait pas d'enseignement professionnel. Cette anomalie choquait l'esprit essentiellement moderne de Goubaux, cette lacune le tourmentait; il sentait là depuis longtemps une création à faire; mais comment y parvenir? Tout lui était obstacle, d'abord son institution même ; ses élèves suivaient les cours du collège. Comment introduire l'éducation nouvelle dans cet établissement sans le détruire, et comment résister à sa destruction? Puis que de difficultés préliminaires et insurmontables! L'Université ne s'élèverait-elle pas contre cette innovation? Le Ministre de l'Instruction publique la permettrait-il? Ni M. Jules Simon ni M. Duruy n'étaient ministres alors, et M. Villemain m'avait dit à moi : « Un collège français en France, «jamais! » De plus, n'entendait-on pas déjà de toutes parts les protestations d'une foule d'esprits éminents et
sérieux, qui disaient qu'ôter aux études cette base solide et morale de l'éducation classique, c'était décapiter les intelligences, matérialiser notre siècle et faire de l'argent à gagner le seul but de la vie! Goubaux leur répondait avec l'autorité de sa longue expérience : « Pourquoi cette éducation serait-elle moins propre que « l'autre à élever les cœurs et les esprits? Tout ce qu'il « y a de leçons héroïques, de leçons de patriotisme, de « modèles de force d'âme, est-il donc renfermé dans « les œuvres grecques et latines? Tout ce que la poésie « répand d'idées dans la vie et dans l'âme se trouve-t-il « donc contenu et comme emprisonné dans les poèmes « de Virgile et d'Homère? Le monde de la science que « nous voulons ouvrir aux jeunes esprits, ce monde qui « n'est rien moins que le ciel et la terre tout entière, « ne vaut-il pas bien, comme moyen d'éducation, l'étude « de quelques discours de Tite-Live ou de Tacite? La « contemplation intelligente de toutes les grandeurs de « la création et de toutes les conquêtes de la créature <c apprendra-t-elle moins bien aux jeunes gens à con- « naître Dieu et à devenir hommes, que l'interprétation « souvent incertaine d'une langue morte et d'un peuple « évanoui? Enfin, l'étude de la France, de la langue « française, de la littérature française, ne mérite-t-elle « pas de figurer au premier rang dans notre éducation « publique ? N'y aura-t-il donc pas.de collège français « en France? » Ces paroles touchaient beaucoup d'hommes éminents, mais on lui demandait des faits pour soutenir ses paroles1. »
Goubaux se chargea d'apporter lui-même les faits à l'appui de ses idées. La pension Saint-Victor comptait à peu près cent élèves ; il en remercia soixante, tous ceux
1. Soixante ans de souvenirs, deuxième partie, chap. III, § 3.
qui suivaient les cours du collège, et resta avec les quelques adeptes de sa nouvelle méthode. Pour mieux soutenir l'entreprise , il invoqua le patronage de la ville de Paris. Le patronage se transforma bientôt en adoption. Paris avait à satisfaire aux prescriptions de la loi du 28 juin 1833, qui lui imposait la création d'écoles primaires supérieures. La pension Saint-Victor devint, en 1844, l'école primaire supérieure François Ier. En 1848 l'établissement prit, sous le nom de collège Chaptal, un nouveau caractère. Ce nom aurait pu être celui de Goubaux. Gomme instituteur, a dit justement M. Legouvé, Goubaux a sa place parmi les bienfaiteurs publics, et Paris n'a même pas consacré son souvenir. Toutefois le nom de Chaplal avait aussi une signification heureuse : il marquait une modification profonde dans le régime des études.
Tel qu'il a été organisé à cette époque, tel qu'il existe aujourd'hui, le collège Chaptal n'a pas de similaires en France. Pour trouver des institutions analogues, il faut passer en Allemagne. C'est une Realschule ou École Réale.
Les écoles réaies sont assez difficiles à définir. Le caractère en varie avec les pays. Elles ne sont pas les mêmes en Allemagne qu'en Autriche, en Bavière qu'en Saxe. La Realschule, dans le plan conçu en Prusse par Francke et Hocker, au commencement du dix-huitième siècle, était une sorte d'école technique : l'enseignement avait pour base presque unique l'étude des sciences physiques et naturelles ; les livres étaient remplacés par des collections; la classe aboutissait à l'atelier. Avec Spilleke, vers 1820, l'idée s modifia,
s'agrandit, s'éleva. On avait compris que la Realscliule, maintenue dans les limites d'un apprentissage professionnel, n'assurait point à la classe moyenne l'éducation dont elle avait besoin ; qu'à côté de cet enseignement pratique qui convient à des écoles spéciales d'arts et métiers, il y avait place pour un enseignement général. C'est en ce sens que peu à peu la Realscliule se transforma. « Le Gymnase et la Realscliule, dit une circulaire interprétative du décret du 17 mars 1829, sont deux écoles de même rang. Le progrès des sciences et les changements survenus dans la société ont rendu cette division nécessaire. Tandis que le Gymnase atteint son but par l'étude des langues et surtout par l'étude des langues classiques de l'antiquité, et secondairement par les mathématiques, la Realscliule se tourne plutôt vers le présent, c'est-à-dire vers la langue maternelle et les langues étrangères, auxquelles elle joint les sciences mathématiques, naturelles et physiques ; mais, comme le présent ne peut être compris sans la connaissance du passé, la Realscliule ne pourra négliger l'étude de l'histoire. En réalisant ce programme, elle dissipera l'erreur de ceux qui pensent qu'il suffit à son rôle de transmettre des connaissances d'un emploi immédiat dans la vie. Sans doute, l'école doit avoir égard aux exigences de la vie, et l'institution des Realschulen est là pour prouver qu'effectivement on y a égard; mais il ne faut pas oublier que l'école a affaire à des enfants, à des jeunes gens, chez qui il faut poser un premier fonds de connaissances générales et durables1. »
Si bien déterminées que soient les lignes générales de ce programme, on voit qu'il laisse une grande lati-