‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 23 sur 88 · Voir aux Annexes, n° III · texte numérisé non relu

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2. Le nombre total des cours d'adultes et apprentis est aujourd'hui (1887) de 80 : 50 pour les hommes, 30 pour les femmes. — Le nombre des élèves est de 8423 : 6021 pour les hommes ; 2102 pour les femmes. Ils sont classés, pour la plus grande part, dans les cours supérieurs.

Depuis 1880, voici, par année, le nombre des certificats d'études primaires qui ont été délivrés :

HOMMES

FEMMES

TOTAL

Total. . . .

Deux points toutefois devaient appeler particulièrement notre sollicitude dans les cours complémentaires destinés aux femmes. L'enquête avait établi que les couturières formaient partout un des groupes d'élèves les plus considérables, d'autre part que la comptabilité était une des professions vers lesquelles, malgré la préparation insuffisante qu'elles recevaient à cet égard, un certain nombre d'entre elles étaient manifestement attirées. N'était-il pas possible de donner satisfaction à ces intérêts ?

De sérieuses améliorations accomplies dans l'enseignement de la couture à l'école même répondaient en partie au premier. La couture a été longtemps considérée dans les écoles de filles soit comme un accessoire sans importance, soit comme la partie presque unique de leur éducation; on en faisait d'une façon insignifiante ou on ne faisait que cela : tel était le caractère des écolesouvroirs, qui n'avaient de l'école que le nom. Or autre chose est le travail de l'ouvroir qui occupe l'enfant à un travail mécanique, l'établissement tirant parti de ses produits, et les produits étant d'autant plus avantageux que les mêmes opérations sont confiées aux mêmes mains; autre chose est un enseignement régulier qui fait passer les élèves par la série progressive des exercices utiles. C'est ce que \ Organisation pédagogique avait marqué en termes exprès. Elle donnait une place à la couture dans les trois cours, élémentaire, moyen, supérieur, et une place relativement considérable :

quatre heures par semaine. En même temps elle déterminait le caractère des exercices : renouvelant les prescriptions de la circulaire ministérielle du 31 octobre 1854, elle exigeait qu'une des séances de la semaine fût consacrée aux raccommodages et aux réparations des objets de toilette ou de ménage.

Mais la couture pouvait comprendre pour les divisions supérieures quelque chose de plus. Les enfants aiment à voir leur travail prendre une forme concrète. Un surjet, un ourlet exécutés sur un morceau d'étoffe, une reprise ou une pièce appliquée à un vêtement en mauvais état, un remmaillage de bas n'auront jamais le même intérêt que la confection d'une chemise, dune jupe ou d'un corsage faits sur mesure, laquelle donne l'idée et procure la satisfaction d'une sorte de création. Pour toutes les jeunes filles, c'est un complément d'éducation utile; pour celles qui sont appelées à vivre du produit de leur travail, c'est un commencement d'éducation professionnelle.

Tel a été l'objet de l'institution des exercices de coupe et d'assemblage organisés en 1872 au profit des élèves du cours supérieur des écoles d'un même quartier.

La leçon a lieu le jeudi, soit le matin, soit l'aprèsmidi, suivant les convenances locales. Elle dure trois heures. L'enseignement est à la fois théorique et pratique. Les règles sur lesquelles il repose sont expliquées au tableau noir. Les mesures pour la coupe du vêtement et les dispositions pour l'assemblage sont l'objet d'un relevé mathématique ou d'une explication démonstrative. On ne passe à l'exécution du travail qu'après que la préparation en a été raisonnée et comprise.

Les familles se sont vite rendu compte que cette instruction spéciale pouvait abréger, comme en effet elle abrège dans une mesure considérable, le noviciat de l'apprentissage; les cours régionaux sont bientôt devenus insuffisants; il a fallu établir une classe dans chaque école1. Nul doute qu'appliqué aux cours du soir, cet enseignement n'y dût rendre des services également appréciés, s'il était soutenu surtout d'explications empruntées aux éléments les plus simples de l'anatomie, aux règles de l'hygiène et de l'économie domestique2.

1. Les administrations locales se sont prêtées avec beaucoup d'empressement à cette organisation; il est juste de citer notamment le 7e et le 9e arrondissement, qui, sous la direction de M. daildraud et de M. Ferry, nous ont puissamment aidé à obtenir de sérieux résultats.

2. Cet enseignement n'a pu être créé dans les classes du soir; mais il a été annexé des classes dites d'enseignement professionnel a un certain nombre d'écoles : les classes comprennent des ateliers pour les divers travaux propres à l'industrie des femmes et spécialement des ateliers pour l'enseignement de la coupe et de l'assemblage. On trouvera la situation résumée pour Tannée 1887 dans le tableau ci-après :

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