DÉSIGNATION
fc-i
École Polytechnique.
École Centrale . . .
École Normale (scien-
ces)
École des Mines. . .
1er de
la prom.
École municipale de
Phys. et de Chimie
Institut Agronomique
École d'Arts et Mé-
tiers
Baccalauréat ès-
sciences
Baccalauréat de l'en-
seignement spécial
communes du département de la Seine — notamment Saint-Denis et Neuilly — entrent aussi pour quelque chose dans le chiffre de l'effectif. Mais ces divers courants réunis n'amènent, en totalité, que 200 élèves sur 1200. Les autres, pensionnaires, demi-pensionnaires, externes, appartiennent à Paris.
Ce qu'il puise ainsi dans la population de Paris, le collège Ghaptal le rend chaque année à l'industrie, au commerce, à la banque de Paris. Sur les 240 élèves qui sont sortis de la 4e et de la 5e année, de 1872 à 1874, et qui se sont livrés depuis au commerce, à l'industrie, à la banque, il en est bien peu qui ne soient pas attachés à des maisons parisiennes. Une enquête nominative nous permet de l'affirmer1. L'administration du collège reçoit incessamment des demandes de sujets pour les emplois les plus divers. Elles sont si nombreuses, qu'il est devenu impossible aujourd'hui d'y satisfaire. Ajoutons que 47 des jeunes gens de cette catégorie sont en ce moment soit en Angleterre, soit en Allemagne, pour compléter sur place, dans de grands établissements, leur éducation spéciale : c'est un exemple qu'on ne saurait trop encourager.
1. Ces renseignements sont confirmés par ceux que nous avons pu recueillir sur la promotion sortie en 1886. Sur c206 élèves qui ont achevé la 5e ou la Ae année, 149 sont entrés dans la banque, le commerce, les compagnies industrielles de Paris. — Sur l'ensemble des résultats, voir plus bas, pages 508 et suivante.
Créée cinq ans avant le collège Chaptal (1839) dans les étroits et obscurs bâtiments d'une petite école de la rue Neuve-Saint-Laurent, l'école Turgot a eu la fortune, rare entre toutes, de rester fidèle aux principes de son origine1.
C'est à la loi du 28 juin 1835 qu'elle se rattache directement : « Tous les chefs-lieux de département et toutes les communes de plus de 6000 âmes, disait l'article 10 de cette loi, devront avoir, outre les écoles primaires élémentaires, une école primaire supérieure ».
L'article 1er déterminait ainsi les matières de l'enseignement : « L'enseignement primaire supérieur comprend, outre les matières de l'enseignement élémentaire, les éléments de la géométrie et ses applications usuelles, le dessin linéaire et l'arpentage, des notions des sciences physiques et d'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie et surtout l'histoire et la géographie de la France. Selon les besoins et les ressources de la localité, était-il ajouté sagement, l'instruction primaire recevra les développements qui seront jugés convenables. »
Trente ans après, le législateur, reprenant le pro-
1. Elle est également restée à la même place, mais dans les bâtiments agrandis et transformés qu'a permis de lui donner le percement de la rue Turbigo, sur laquelle elle a aujourd'hui son entrée.
gramme de cet enseignement supérieur qu'avait effacé la loi du 15 mars 1850, en le fondant, sous la dénomination d'enseignement facultatif, avec renseignement élémentaire, le complétait en ces termes : « L'enseignement primaire peut comprendre, outre les matières déterminées par le § 2 de la loi du 15 mars 1850 S le dessin d'ornement, le dessin d'imitation, les langues vivantes, la tenue des livres et des éléments de géométrie2. »
C'est sous le couvert de cette législation libéralement interprétée, que l'école Turgot s'est développée naturellement et harmonieusement, comme un corps bien organisé. Son esprit constant, depuis la fondation, est celui d'un enseignement général, tendant à la pratique et ne s'y engageant pas, écartant avec la même rigueur, d'une part, les exercices classiques propres à l'enseignement des humanités et qui pour la clientèle à laquelle elle s'adresse ne seraient qu'un leurre dangereux, d'autre part, les exercices professionnels empruntés aux écoles d'arts et métiers et destinés à tormer les contremaîtres et les artisans.
Ainsi défini, le programme des études, réparti en trois années, a été appliqué successivement, sous les yeux des familles et avec leur concours, au fur et à mesure qu'elles prenaient confiance dans l'école. Au bout de trois ans, les cadres étaient formés. L'expérience ayant fait reconnaître la nécessité de recueillir séparément les nouveaux venus, pour les élever à
1. Ces matières sont : l'arithmétique appliquée aux opérations pratiques; les éléments de l'histoire et de la géographie; des notions des sciences physiques et d'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires sur l'agriculture, l'industrie et l'hygiène, l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le chant et la gymnastique.