‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 53 sur 88 · CHIFFRE · texte numérisé non relu

CHIFFRE

de la

dépense

Frais de personnel (minimum). Frais de matériel

Ensemble

Frais de personnel (maximum) Frais de matériel

Ensemble .

Une dépense de premier établissement de 60 à 70 000 francs et une dépense normale de 50 à 55 000 francs excèdent-elles la part que le budget municipal pourrait consacrer à la création d'une école conçue en vue des intérêts les plus pressants de la jeunesse ouvrière? Est-ce trop demander pour essayer de fournir à l'industrie parisienne les éléments d'un recrutement robuste, intelligent et sain?

Conformément à ces conclusions, une école était ouverte le 8 décembre 1872, boulevard de la Villette, 60, dans le 19e arrondissement, aux confins des 18e, 20e, 10e et 11e, c'est-à-dire dans les quartiers où les familles appartenant à la classe ouvrière ont été de tout temps agglomérées1.

Voici comment, trois ans après, nous rendions compte des premiers résultats.

« Suivant le plan exposé dans le projet d'organisation, l'enseignement se divise en enseignement général et en enseignement technique. L'enseignement général embrasse, outre les matières obligatoires de l'instruction primaire, quelques-unes des matières facultatives, telles que les éléments de la physique, de la mécanique et de la chimie dans leurs rapports avec l'industrie. 11 comprend de plus des explications technologiques portant sur l'étude des outils et celle des matières pre-

1. Loi du 15 mars 1850, art. 51 : « Il peut être créé des écoles primaires communales pour les adultes au-dessus de dix-huit ans, pour les apprentis au-dessus de douze ans. » — Cf. art. 27, 28, 29 et 30 de la même loi. — L'école porte aujourd'hui le nom d' « école Diderot ».

mières. Des visites dans les établissements industriels, visites dont les élèves rendent compte par écrit, complètent cette partie du programme.

« L'enseignement technique, qui a pour objet le fer et le bois, comprend les travaux d'instruction préparatoire et les travaux d'exécution réelle.

« Les travaux d'instruction préparatoire sont communs à tous les élèves. Tous passent successivement, pendant la première année, dans les deux ateliers du fer et du bois, et une feuille d'attachement constate la série des exercices élémentaires auxquels chacun d'eux est d'abord appliqué. Cette sorte de gymnastique générale donne à la main de la souplesse et de la sûreté. On veut d'ailleurs qu'en cas de chômage dans la profession qu'il aura embrassée, l'apprenti ne soit pas incapable de prendre, temporairement au moins, un autre métier qui le fasse vivre.

« Le choix de la spécialité n'a lieu qu'à l'entrée de la deuxième année. C'est là que commence le travail d'exécution proprement dit, et ce travail est soumis lui-même à des règles précises. Aucune pièce, aucune machine, aucun organe de machine n'est exécuté qu'après avoir été préalablement l'objet d'un croquis coté ou d'une épure, de façon que l'élève se rende un compte exact de ce qu'il fait.

« La première partie de la journée, de 7 heures à 5 heures, est consacrée aux exercices communs aux trois années : de 7 heures à 8 heures, étude ; de 8 heures à 11 heures, ateliers; de 11 heures à midi, repas du matin, récréation, gymnastique; de midi à 2 heures et demie, ateliers; à 2 heures et demie, sortie des ate-

liers pour les deux premières années, et goûter. De 5 à 7 heures, les exercices varient suivant les années1.

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