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amion des suppléants'. Le même privilège était accordé f.iix professours de la Faculté de Médecine. Un pourrait piesque dire qu'en ce temps-là l'enseignenuMit pi'oprenient dit était, dans nos établissements, ce qui occupait le moins de place. Jusqu'en 1851 il n'exista, à l'École de Médecine, qu'un seul amphithéâtre, où tout se faisait, examens et cours. L'École de Droit n'eut pendant trente ans sa seconde salle d'enseignement que hors de chez elle : au collège du Plessis d'abord, ensuite dans l'église de la Sorbonne. C'est en 1824 seulement que le Conseil académique obtint qu'une somme de 200 000 fr. fût prélevée sur les recettes de la Faculté pour la doter de l'amphithéâtre dont elle est entrée en jouissance en 1829. La salle qu'on appelle le « petit amphithéâtre des Lettres » fut une conquête sur les ateliers occupés par Prud'hon. Depuis dix ans, au fur et â mesure que des locaux deviennent disponibles, ils ont été repris et tant bien que mal accommodés à l'enseignement : c'est ainsi que d'anciens appartements ont été convertis, à la Faculté de Droit, en salles de conférences et d'examens. Où nous ne disposions que de la place, on s'est emparé •ie la place pour s'installer comme en campagne. Suivant le système que nous avons fait adopter pour l'École pratique de la Faculté de Médecine, on a construit des bara([uements : rue Gerson pour la Faculté des Lettres; sur les terrains de la rue des Écoles pour la Faculté des Sciences. L'enseignement a envahi jusqu'à la Bibliothèque, où il s'est ménagé, comme il a pu, au milieu des ;asiers et des rayons, de petits réduits de travail l'ommuu.

Néanmoins, après tous ces industrieux aménagements, voici quelle est la situation.

I. Voirie statut du 11 mai 1810 (art. 15), les décisions du Conseil de ri'iilversilé (7 juin 1«11 et 0 octobre 1869;, la loi du 25 avril ISÔô.

A la Faculté de Droit, pour parer à l'insuffisance des locaux, on est obligé d'ouvrir les cours à liuit heures du matin, souvent à la lumière, pendant quatre mois de l'année, et de les prolonger jusqu'à cinq et six heures, à la lumière aussi; ce qui rend difficile, presque impossible, la fréquentation régulière des étudiants qui demeurent loin du quartier Latin. El si tôt que l'on commence, si tard que l'on finisse, les amphithéâtres nu désemplissent pas. Los minutes d'occupation sont comptées pour chaque enseignement. Professeurs et élèves — ce que l'on ne tolérerait pas dans le plus humble de nos établissements primaires, — respirent toute la journéo un air vicié. La salle de la bibliothèque, récemment construite, ne peut contenir, au plus, que 712 étudiants. Chaque soir, celle de la Faculté de Médecine est comble, A la Sorbonne, il y a peu de jours, un maître de conférences de l'École des Hautes Eludes était forcé de « décimer ses auditeurs », comme il disait, l'espace lui faisant défaut même pour les conserver debout.

(( Autrefois, disait en 1868 Cl. Bernard, qui avait été cherclier au Collège de France les ressources dont il manquait à la Sorbonne, autrefois, — il entend par là une trentaine d'années, — lorsque l'idée d'une expérience était conçue, on était réduit à en attendre longtemps la réalisation; nous n'avions ni locaux, ni appareils, ni animaux à notre disposition; il fidlait un heureux hasard et une grande ténacité pour arriver à réunir les conditions nécessaires à une tentative expérimentale. On expérimentait dans sa chambre, sur un animal conquis par surprise, sans aide et presque sans instruments. Quand, en 1850, Magendie fut nommé au Collège de France, il n'obtint pour faire ses vivisections qu'une toute petite salle ou plutôt une sorts de petit cabinet où nous pouvions à peine nous tenii'

I doux; c'est là cepondant et au prix des plus patients llniis que se sont faites ses plus immortelles reclierlios; c'est seulement en 1840 qu'il obtint un véritable lalioratoire, celui où nous sommes. En comparaison de h\ première installation de Magendie, notre laboratoire il iijourd'huiest une cbose splendide, et cependant les - '.iiits d'Angleterre et d'Allemagne qui viennent nous \ \isifer ne peuvent cacher leur surprise à la vue de son exiguïté, de sa pauvreté, de ses labiés raccour-cies'. /) Nous n'en sommes même pas là. Faute decabi-

I. Leçons de physiologie opératoire, i' leçon, p. 62. — Cl. Bernard a raconté en termes piquants l'Iiistoire des diflicultcsdont il eut lui-même à triompher. — « Il y a vin^'l-cinq ans, dit-il, lorsque j'entrai dans la rarrii're de la physiologie expérimentale, je me trouvai dans des circonstances où j'eus, comme d'autres, à subir toutes les entraves qui étaient réservées aux expcrimentaleurs. Dés qu'un physiologiste était découvert, il était dénoncé, voué à l'abomination des voisins et livré aux poursuites des commissaires de police. An début de mes études expérimentales, j'ai éprouvé bien des fois des ennuis de celte nature; mais je dois dire qu'il m'arriva cependant, par le l'ait du hasard, d'être protégé précisément par un commissaire de police. Cela m'advinl par suite d'une circonstance assez singulière que je vais raconter, pour donner une Idée des difficultés physiologiques du temps. C'était vers 1841; j'étudiais les propriétés digestives du suc gastrique à l'aide du procédé découvert par M. Blondot (de Nancy), qui consiste à recueillir du suc gastrique au moyen d'une canule ou d'une sorte de robinet d'argent ada()té à l'esloniac des chiens vivants, sans que leur santé en souffre d'ailleurs le moins du monde. .Mors un célèbre chirurgien de lierlin, Dieffcnbach, vint à Paris; il entendit parler de mes expériences par mon ami M. Pelouze, que la science vient de i)erdre, et il désira faire l'opération de l'application de la canule stomacale, .\yant été prévenu de ce désir, jî m'empressai de le satisfaire, et je fis l'expérience sur un chien dans i;n laboratoire de chimie que M. Pelouze avait alors rue Daupliine. .\près Popération, on renferma l'animal dans la cour, afin de le revoir plus 'ard. Mais, le lendemain, le chien s'était sauvé malgré la surveillance, important au ventre la canule accusatrice d'un physiologiste. Quelques jours après, de grand rnatin, étant encore au lit, je reçus la visite d'un homme qui venait me dire que le commissaire de police du quartier de l'Écolc-de-Médecine avait à me parler et que j'eusse à passer chez lui. Je me rendis dans la journée chez le commissaire de police de la rue du Jardinet. Je trouvai un petit vieillard d'un aspect très rcsiiectable, qui me reçut d'abord assez froidement et sans me rien dire; puis, me faisant lasser dans une pièce à coté, il me montra, à mon grand étnnnement, le chien que j'avais opéré dans le laboratoire de .M. Pelouze, et me demanda si je le reconnaissais pour lui avoir mis l'instrument dans la

^'■* ENSEIGNEMENT SII'ERIEIH'..

n.-l. l'im do nos plus illiisiros professeurs de cliinii. dov;ii(, tout réc.îinineiit onooro, .'i[)j)or(er dans ui pfiiiier. à cliaque leçon, les produits qu'il avait pré parés dans un laboratoire voisin. Lorsqu'on visite I masures de la i-ue Saint-Jacques où la Faculté d, , Sciences a trouvé un asile, on ne sait ce que l'on doit le plus admirer de la manifestation de notre pénuri.' ou (1(1 di'voiioinont des maîtres éminents qui ont réussi, l'un à installer dans des caves des collections de minvralogie dont l'abondance et le bel ordre font penser aux merveilles des villes souterraines; l'autre à organiser lui cabinet de pliysique et un atelier de travail,

venli-e. Je répondis affirmativement, en ajoutant que jV-tais trô-; content Je rclroiivor ma ranule, que je croyais penlue. Mon aveu, loin de salislaire le commissaire, provoqua probablement sa colère, car il m'adressa une admonestation <l'iine sévérité exagérée, accompairnée de menace, pour avoir ou l'audace de lui prendre son chien pour rcxpérimenler' J expliquai au commissaire que ce n'était pas moi qui étais venu prendi-r^ son c lien, mais que je l'avais acheté à des individus qui les vendaient aux physiologistes, el qui se disaient employés par la police pour ramasser les chiens errants. J'ajoutai que je regrettais d'avoir été la caus.> involontaire de la peine que produisait chez lui la mésaventure de son .luon. Ces dernières paroles firent changer le commissaire de langage .elles calmèrent .surtout complètement sa femme et sa (illo J'enlevai mou instrument, et je promis en partant de revenir. Je retournai en eflel plusieurs fois rue du Jardinet. Le chicii fut parfaitement guéri au bout de quelques jours; j'étais devenu l'ami du commissaire et ie pouvais compter désormais sur sa protection. C'est pourquoi je vins lucnlo m.filler mon laboratoire dans sa circonscription, et pendant plusieurs années j.; pus continuer mes cours privés de phvsioogie expérimentale dans le quartier, avant toujours lavertissement et la protection du commissaire pour m'évitor de trop grands désa-rémenls .lusqualepoqiieoùenlinjc fus nommé suppléant de Magendie au Collège de France. Telle était alors la triste destinée des débutants en pliysiologi-. evp.TiiMcntale lorsque par des circonstances spéciales ils Il avaient i.ii trouver à être cachés ou tolérés dans quelqnesetablis.semeiits publics. J'en ai connu qui, malgré leur goût pour les éiuiles phv- •sio ogiques, ont reculé devant de tels obstacles, ou qui, v.iinciis dans U iMtte ont été obligés de changer de direction ou de quitter la France Aojourdhui les conditions sont meilleures sans doute; la pbvsiolo'M.-- Il est plus al index; on commence à com|.rendre son importance, '^.n

..... !'"',t'r''"'' "','"' ''",""*"■ ''"'* '"">•'"'« ''" '''■volopr^ment dont elle manque. . l,,„,,„.rl ,,„■ trs pror,rrs et la marche de la physiologie yeiif-nilf en Iniiice, 18(j7, H' partie, p. liS.) ■'

L'ENSKIGNEMEM SUPÉRIKUK A PARIS EN 18M. 57

otage pai' étage, en utilisant tous les accidents, tous les recoins, en tirant parti du jour, du demi-jour, même de l'obscurité'.

Ajoutez que cet enseignement, si largement étendu, €^t encore incomplet. Partout on réclame des chaires nouvelles : à la Faculté de Droit, 2; à la Faculté de Médecine, 2 ; à la Faculté des Sciences, 5; à la Faculté des Lettres, i. Ajoutez enfin que, de son côté, le Conseil municipal, ainsi que nous l'avons vu, revendique une place dans les bâtiments nouveaux pour l'enseignement libre; celle qui ne lui a jamais été refusée j)ùur les cours des A.'-sociations Polytechnique et Philotechnique, pour des leçons populaires d'astronomie, d'iiistoire ou de philosophie, ne lui suffit plus.

Mais ce qui caractérise ce commencement d'essor, ' -I moins encore peut-être le développement des ressources budgétaires et la multiplication des chaires que l'esprit nouveau qui anime l'enseignement supérieur.

La Faculté de Droit et la Faculté de Médecine ont toujours été des écoles professionnelles. Elles reçoivent des jeunes gens dont l'éducation générale est faite;

i. Tous les services delà Faculté des Sciences ont été améliorés depuis l.HSO par suite surtout du transfèrement provisoire de renseignement de la chimie au Luxembourfr. D'importantes installations ont été effectuées aussi à la Faculté de Médecine, en attendant l'édification complète. Même à la Faculté de Droit, qui est notre souci, quelques locaux ont été lieureusement modifiés, restaurés, agrandis. — l'our le projet d'agrandisbenicnt, voir aux Annexes les plans n»' ' et S.

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leur objet propre, c'est de former des juristes et des médecins. Tel n'était pas, il y a moins de quelques années, l'objet des études à la Faculté des Sciences et à la Faculté des Lettres. « A l'époque où elles furent fondées, disait le doyen en 1840, on les regardait plutôt comme des commissions d'examens que comme de véritables corps enseignants.» El en même temps qu'il signalait cette situation avec regret, M. J.-B. Dumas indi- (juait énergiquement le remède.

« Dsns un moment où l'Angleterre, la Prusse, les Etats de l'Allemagne font les plus grands efforts pour donner à leurs enseignements universitaires un luxe inaccoutumé, écrivait-il avec autorité, nous ne devons pas permettre que la Faculté des Sciences de Paris demeure eu arrière de ce noble mouvement de l'esprit humain.... Aujourd'hui il ne suffit plus de l'enseignement oral dont on se contentait autrefois; le temps est passé où l'on pouvait se renfermer dans les abstractions philosophiques : la science a moditié l'industrie ; l'indiislrie, à son tour, a modifié les conditions de la science. A l'Université de Londres, les élèves apprennent dans un «ntelier spécial le maniement des principaux outils; à Turin, les élèves de l'Université étudient l'hydiauliquc dans un établissement où s'exécutent toutes les expériences sur le mouvement des liquides; il faut que nos étudiants trouvent, eux aussi, auprès de nous, les rcs- ^ources d'éducation scientifique dont ils ont besoin.... Même pour l'enseignement des sciences pures, on doit s'aider des moyens matériels qui ont tant de prise sur l'intelligence et la mémoire. Le devoir du professeur est de placer en quelque sorte sous la main de ses élèves tout ce qui peut leur permettre de préciser leurs études. S'agit-il des sciences appliquées, il faut organiser des manipulations qui mettent les étudiants en état de vérifier par eux-mêmes ce qui leur a été en-

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soigné, qui les familiarisent avec le maniement des sulistancos cliiniic|ues, avec l'emploi des iiislrumenls, avec les méthodes de dissection, qui les laçonnent à l'art difficile d'observer, à l'art d'expérimenter, source vive et inépuisable de toutes les grandes découvertes de la société moderne... »

M. Dumas embrassait dans ce plan de rénovation l'ensemble des Facultés. Il réclamait pour celles de la province 14 chaires, tant de mathématiques que de sciences physiques et naturelles, toutes largement dotées de cabinets et de laboratoires spécialement aménagés pour les travaux de recherches. Si les budgets et les locaux faisaient obstacle à une amélioration aussi étendue, au moins était-il possible à Paris d'entrer tout de suite dans les voies d'exécution. Agrandissement des amphithéâtres, création de bibliothèques spéciales, de salles de manipulations, d'un jardin botanique, développement des collections, institution d'un corps d'agrégés destinés à diriger les travaux des élèves et d'un collège d'élèves groupés autour de ces jeunes agrégés : telles étaient les conclusions qu'il développait dans un langa'ge saisissant.

Cette cause que J.-U. Dumas plaidait avec une véritable éloquence, plus parliculièremont au profit de la chimie et de la physique, Cl. Bernard devait la repren- Ire quelques années plus tard, dans le même esprit de méthode générale, en faveur de la physiologie. « Le laboratoire est la condition aine qua non du développement de toutes les sciences expérimentales », disait-il ' ;

I. Le passage mérite d'élre relevé tout entier : « Le laboratoire est lu condition sine qua non du développement de toutes les sciences expérimentales. L'évidence de cette vérité amène et consacre nécessairement

m ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.

et il se plaignait qu'alors que la France avait été la première à établir « la discipline scientifique », elle se fùl laissé devancer par les aiilrespays dans les moyens d'oii assurer les résultats. 11 n'est pas de question sur laquelle il revienne avec plus d'insistance et de force, a Sans laboratoire réunissant l'outillage du travail, point d'en seignenieut possible, jioint de recbercbe sérieuse. L'enseignement purement théurique et mental des sciences expérimentales et naturelles est un contresens et un reliquat de l'ancienne sculastique. On l'a si bien senti que, même dans les établissements secondaires, on ;i introduit de^ manipulations par les élèves pour la pliysique et la chimie, et qu en physiologie on illusli'e les cours de toute sorte d'expériences et de démonstrations. — Bien plus évidente encore est la nécessité des labo-

une réforme universelle cl profonde dans reiisciîTiieineiit scientifique; car on a reconnu parlent aujourd'hui que c'est dans les lalioraloircs •que permeiil et grandissent toutes les découvertes de la science pure, pour se répandre ensuite cl couvrir le monde de leurs applications utiles. Le laboratoire seul apprend les diflicullés réelles de la science à ceux qui le l'réquentent. Il leur montre en outre que la science pure a toujours été la source de toutes les richesses réelles que l'homme acquiert et de toutes les conquêtes qu'il fait sur les pliénoniènes de la nature, i^'est là une excellente éducation pour la jeunesse, parce qu'elle seule peut bien faire comprendre que les afiilications actuelles si brillantes des sciences ne sont que ré))anouissenient de travaux antérieurs et que ceux qui profitent aujourd'hui de leurs bienfaits doivent un tribut de reconnaissance à leurs devanciers qui ont péniblement cultivé l'arbre de la science sans le voir fructifier.» (La science expérimentale, 2* édition, !S"S : Du proi/rés dans les sciences physiolugiques, 1" août ISGj.) - - « La question des laboratoires, dit-il ailleurs, est une condition essentielle de vitalité i)our les sciences expérimentales. 11 ne faut pas croire en effet que ce soit dans les cours qu'on fasse les savants : dans les coui-s ou |)eut seulement donner des idées g-énérales sur une science et en faire iiailre le î,'ont. C'est dans le laboratoire, quand on est aux prises avec les phénomènes eux-mêmes, que l'on devient réellement savant.» (Leçons de pathologie expérimentale, 1872 : Lefon sur ta médecine d'ol'scrvation et ia médecine expérimentale, ISfî'.ti. — Et encore : « Pour devenir un physiologiste, comme pour devenir un chimiste et un physicien, il faut vivre dans un laboratoire. .Malheureusement nous sommes trop peu pourvus en France de ce penre d'établissements, si connus en Allemagne, où l'on forme réellement de jeunes observateurs. » [Leçons de physiologie opératoire, 1879, 1" Icfon, paye 2 —Cf. (j" lev<m, pa-e IC'2.)

L'ENSEIGNEMENT SUPERIEIU A IWIUS EN 1881. 01

ratoiros pour la recherche. Ni Lavoisier, ni Ampère, ni Magendie, n'avaienl de lahoratoircs hien installés; cela est vrai; mais c'élaient là des obstacles dont leur génie a triomphé, non profité'. »

Le même Iravail s'accomplissait plus sourdement, pour ainsi dire, mais non moins efficacement dans les éludes littéraires. On ne se dissimulait pas qu(v renseignement de la Sorbunnc promettait plus qu'il ne donnait, non par le fait des professeurs, mais par l'effet de nos mœnrs scolaires, que les maîtres, obligés lie satisfaire un public essentiellement variable et mobile, nullement préparé aux études patientes, indifférent aux questions de méthode et ne cherchant guère dans les cours qu'un intéressant passe-temps, devaient -urifier à l'agrément et à l'éclat; et l'on se demandait si le moment n'était pas venu, de même que pour les sciences, de grouper autour de uos chaires, comme en Allemagne, des élèves, de véritables élèves, de sérieuses

1. « Ces instituts aiiraiont dii depuis lon^'temps être formés en Franco, ilaiis la patrie de Lavoisier, Bichat et Magendie, les trois promoteurs principaux de la physiologie moderne. Cependant l'étranger nous a procédés dans le développement actuel de cette science expérimentale. Depuis quelques années le gonvonieinent a senti la nécessité d'intervenir et de relever l'ensei:;neinent suiiéricur des sciences. J'ai eu la satisfaction il'oblenir cette année (1875) la création d'nn laboratoire d'iiislologlc annnalc et pathologique que je réclamais depuis longtemps pour la chaire de Miédocine au Collège de France. « Leçons sur le dinhèle et la glijco^uric animale, 1S77, 2* leçon, 1S55, page ■17. — Cf. Phijsiolo/iia opcraloire, (i' loi'on.) — C'est dans le même sens que .M. lierthelot écrivait récemment : « .Notre état intellectuel n'est inférieur à celui <l'aucuri pcu)ile au point de vue des sommités scienliliqucs. Mais la France n'en a pas tiré le même profit matériel que ses voisins, parce que nos laboratoires, trop petits et mal outillés, n'ont pu fournir aux fabriques et aux ateliers ces nombreux ingcnieui's et chimistes qui font la l'orce des usines allemandes. Nous sommes des généraux sans soldats. Nous soulciions la lutte, comme pourrait le faire un peuple qui aurait conservé rnsngc des routes ordinaires contre une nation pourvue de chemins 'ie fer. » IL'ensrii/nemenl supérii'iir et .son outillage, Revue inteinatiumile de l'enseiijnemenl, 188Ô, l" semestre, p. 5'j2.;

recrues pour la science et l'enseignement. C'est, cet ospril que, sous les auspices et la direction de M. Gui- 70l', M. J.-Y. Le Clerc s'efforçait d'introduire à la Taculté des Lettres. 11 se plaisait à attirer les jeunes j,'ens; et après une sorte d'interrogatoire préalable où il éprouvait, pour ainsi dire, non sans malice parfois, le sérieux des vocations, quand il était assuré d'avoir trouvé des jeunes gens d'un esprit solide et ouvert, il se répandait en indications de toutes sortes, désignait, fournissait parfois les livres à lire, signalait les cours à fréquenter et suivait lui-même les candidats aux grades qui savaient mériter son intérêt.

La première institution établie dans cette pensée de renouvellement date de 1855. Le 22 février-, le Doyen de la Faculté des Sciences, M. M. Edwards, annonçait

1, Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, tome III, cliap. 18. — r.f. les Procès-verbaux des délibérations de la commission instituée pour cvaminer les questions relatives à la liberté de l'enseigncmont supérieur (séance du l"juin 1870, annexe). — Voir aussi le Rapport de M. Duruy (51 juillet 1868) sur la création de l'École pratique des Hautes Éludes.

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