‹ Education et instruction (volume 4)Chapitre 21 sur 87 · I.t les résultats répondent aux efforts. A ne consi · texte numérisé non relu

I.t les résultats répondent aux efforts. A ne consi

>.'r que les boursiers, parmi les candidats qui sont

.1 1 ivés à la licence, nous en comptons, dans les let-

ii .s : 7 sur 12 en 1879, 9 sur 24 en 1880, 15 sur 29

tu 1881; dans les sciences, 9 sur 26 en 1879, 11 sur

on 1880, 18 sur 34 en 1881. Les conférences

,'régation ont également porté leurs fruits : 26 de

riDS élèves, tant boursiers qu'auditeurs libres, ont

admissibles et 17 admis, dont deux au premier

,.(, l'un dans les langues vivantes, l'autre en philo-

liie.

1. Faculté des Sciences : mathématiques, 2; physique, 2; chimie, 3; 'omie et physiologie, 1; min<';ralogie,l ; zoologie, 1 ; géologie, 1. — .lié des Leilres : langue grecque, 2 ; langue latine, 3 ; langue fran- -, 2 ; histoire, 1 ; langues d'origine gprmanique, 1 ; |)hilosophie, 1. - Rapport de M. l'inspecteur général Zeller, Journal général de l'In- . ■ tion publique, 21 décembre 1881.

ô. Le nombre des étudiants pour les lettres était, au 10 novembre 188f!. le 970 : réunis aui 4ti7 élijves de la faculté des sciences, ils forment un total de llô" étudiants. A l'origine, pour la faculté des lettres, les élëres étaient tous des boursiers. On conserve d.ins les archive* un takleau où i^ont inscrits les quatre premiers boursiers de licence : chacun 4'eux y a mis son nom, sa profession et la déclaration qu'il accejite la bourse. Aujourd'hui les bourses ne sont plus acceptées, elles sont sollicitées et par un grand nombre de candidats sérieux. L'an dernier, sur 96 candidats, 50 ont été jugés dignes d'une bourse de licence: les IS iremiers l'ont seuls obtenue. • (L'Univertilé de ParUen 18S5-1886, Rap- §9rt du Comeil général des faculté*.)

es ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.

Tels ont été les élans de bonne volonté qui ont suivi ces premiers succès, que le nombre des boursiers a dû être porté, pour la licence, dans les lettres, à 52; dans les sciences, à 58; pour l'agrégation, dans les sciences, à H au lieu de 5 ; dans les lettres, à 50 au lieu de 1 !. En même temps, une entente a été concertée entre les maîtres de conférences, les professeurs de Facultés, ceux de l'École des Hautes Études et du Collège de France pour multiplier les ressources d'une intelligente préparation'.

En compensation de ces avantages, les seules conditions qu'on impose à ceux qui veulent en profiler sont l'assiduité et l'application, une signature à la feuille de présence et des devoirs. Tout le monde a le droit de se faire inscrire au cours ; mais, la leçon commencée, nul n'entre plus. La première obligation de l'auditeur est le respect de la parole du maître Le maître ne se borne pas d'ailleurs à une direction de baut; il suit l'élève. A l'enseignement commun s'ajoute l'entretien particulier. Nous n'avons pas l'ha bilude de dire en France : « le professeur recevra à telle lieure, privatim; à telle autre, privatissime » ; au diences tarifiées suivant des règles budgétaires : sa porte est toujours libéralement ouverte.

Par une mesure non moins favorable au développe-

1. Voici quels ont été les résultats obtenus par les boursiers ou étudiant libres de la faculté des lettres dans les divers examens ou concoui depuis 1881. « La faculté des lettres a eu 210 élèves reçus licenciés di mois d'avril 18S0 au mois de juillet 1886; loi élèves reçus agrégés de 1880 à 1886 : 191 de ces élèves sont entrés dans les lycées et collèges; plusieurs sont déjà dans les lycées de Taris: 12 sont maîtres de conférences dans les facultés ou à l'Ecole des Hautes Eludes; '2 sont secré laires et bibliothécaires. En 1886, 87 élèves de la faculté des sciences ont été reçus licenciés et 5 ngrégés. » IL' Université de Paris en 1885-1886, Rapport du Conseil général des facullés.)

iiionl dos aptitudes professionnelles, nous avons établi nos étudiants chez eux. Dans les Universités du Nord, à [ psal et à Lund, les élèves sont divisés en sociétés ou n liions ffiii correspondent aux anciennes distributions - 'ographiques du pays, et chaque nation a son domaine propre : des salles d'étude et de lecture, une bi])liotlièque, une salle des actes, une salle de lécréation, un jardin. Nous avons, nous, nos sections, section de prammaire et de philologie, section d'histoire et de i;éograplne, section de philosophie, section de mathématiques, section de physique et de chimie, — où l'élève est assuré de trouver tous les secours dont il a 1 esoin et où il est à son aise pour les utiliser.

Ces habitudes de bien-être intellectuel sont nouvelles. Elles ont sur les esprits plus de portée qu'on ne croit. (.1^ n'est pas sans raison que Pestalozzi disait qu'au mobilier d'une classe on reconnaît la direction du maitre. On a souri quand, pour la première fois, dans nos amphithéâtres de cours, nous avons mis aux gradins dos dossiers d'abord, puis dos tablettes et iout 1.0 qu'il faut pour écrire. Ce sont là, dans l'enseigne-' ment supérieur comme dans les autres ordres d'enseij:nement, des éléments de discipline, au sens le plus élevé du mot. l'ne salle disposée pour le travail invite et contraint moralement au travail.

Plus d'un de nos élèves a été heureux de trouver l'hospitalité de sa section pendant les vacances, pour se préparer aux épreuves de l'agrégation. Tout récemment les mathématiciens demandaient qu'entre l'heure où les cours se ferment et où la bibliothèque de la Sorbonne s'ouvre pour les séances du soir, récemment organisées, leur salle de conférence fût laissée à leur disposition afin qu'ils pussent s'exercer

entre eux à faire des leçons. Ce sont des mœurs scolaires qui se forment. Pour s'établir définitivement, elles demandent de la part des professeurs une confiance qui ne soit jamais aveugle; de la part des étudiants une gravité dans le sentiment du devoir qui ne se démente point. Si l'on peut compter sur l'une, il y a de sérieuses raisons pour espérer que l'autre ne nous manquera pas'.

Mais ce n'est pas seulement l'enseignement à tous les degrés qui recueillera le bénéfice de cette généreuse émulation de travail. Suivant le vœu des maîtres qui depuis cinquante ans ont préparé les voies, elle doit viser, elle vise plus haut ; l'avenir de la science y est attaché.

L'esprit critique est la marque propre de ce temps. Notre génie, appliqué aux conceptions générales, a produit au dix-sojjlième et au dix-huitième siècle les grandes œuvres de haute culture littéraire et scientifique qui sont comme la bible du monde pensant. Aujourd'hui il s'exerce sur les infiniment petits. Aux synthèses engageantes et hardies ont succédé les analyses patientes et rigoureuses. La gloire qu'un N(!\Yton, un Laplace a due à la découverte; du système du monde, la science moderne la trouve dans l'examen

i. Les étudiants ont répondu eux-mêmes à cet appel en se groupant en Associations instituées en vue de l'assistance pour le travail. Se référer aux statuts de l'Association générale des étudiants, à ceux de l'Association des étudiants de la Faculté des Lettres et à ceux de l'Association des étudiants de la Faculté des Sciences. — L'Association générale des étudiants ne comprend (las aujourd'hui moins de 1(K)0 membres (1887J. Sur son origine et son caractère, voir aux Annexes, n* X.

l'N plus imperceptibles phénomènes de la vie. Le ciron, it' raccourci d'atomes », ne suffit plus à ses recherclies. Elle a pénétré dans les abîmes de petitesse qui frappaient d'admiration, presque d'épouvante, l'imagination de Pascal; elle travaille à en faire sortir les lois de r< \istence et de la mort. La même transformation -■' -t accomplie pour tous les ordres d'études. Ce que le microscope du savant étudie dans les dernières librilles de la chair et dans les globules du sang, l'œil ^(^utateur du philologue, de l'épigraphiste, de l'histni ion, cherche à le découvrir dans le tissu de la lan- ut', dans les linéaments des textes, dans les moindres organes des mœurs et des institutions. On ne se contente plus des observations de sentiment, on se défie des lumières de l'imagination; on ne méconnaît pas ce qu'elles ont de juste dans leurs élans, d'heureux dans leurs intuitions ; mais ou les soumet à la rigueur de la critique scientifique; on décompose, on analyse, on passe tout au creuset; on veut voir, on veut toucher*.

Du cabinet du maître ces méthodes sont descendues dans l'officine de l'étudiant, A l'École de Médecine, aux termes du décret du 20 juin 1878 « les travaux pratiques des laboratoires de dissection et le stage près

1. « Pendant longtemps, dit Cl. Bernard, la physiolosie fut considérée comme une science idéaie et mt'me romanesque, car on l'appelait « le • roman de la médecine » ; elle n'avait pas encore conquis sa place parmi les sciences expérimentales; elle était complètement né;,'ligée comme science pratique, et l'on croyait qu'il sui'ûsait de l'étudier dans les livres.... Aujourd'hui on ne renvoie plus la physiologie aux bibliothèques, aux livres des anciens et aux descriptions anatomiques; on la reconnaît comme la science expérimentale des corps vivants. Si elle a d'abord été confondue, dans son développement, avec les sciences naturelles et anatomiques, on peut dire que, de nos jours, elle se constitue et conquiert son autonomie. Celte séparation est déjà nn fait accompli à l'étranger.... » (Pathologie erpérimeiitale, p. 411, leçon sur la médecine d'observation et la médecine expérimentale. 1869.)

des hôpitaux sont obligatoires* ». Comme le demandait J.-B. Dumas, on veut, à la Faculté des Sciences, que tout élève ait pratiqué de ses mains les démonstrations de la physique, les manipulations de la chimie ; qu'il se soit rendu compte, en un mot, des tliéories qu'on lui enseigne à la lumière d'une expérience qui lui soit propre. Pourquoi, me disait récemment un père de famille, pourquoi, sans Aiire déchoir l'enseignement du droit de la sphère des principes qui est son domaine, n'éprouverait-on pas, dans les conférences familières, le jugement de l'étudiant sur des textes de procédure vivante et de législation contemporaine? A la Faculté dos Lettres, afin de mieux assurer les résultats du travail, on a divisé les examens; à côté de la licence littéraire proprement dite, l'histoire, la philosophie, les langues vivantes ont leur licence spéciale*; on ne se borne pas à entretenir les élèves des résultats de la science faite ; on leur apprend à remonter aux sources, à démêler les ressorts des langues, à s'élever à la conception des méthodes. 11 y a douze ans, la création du premier laboratoire de recherches scientifiques, celui de Sainte-Claire Deville, étonnait les esprits superficiels; en voyant s'élever au milieu de la Sorbonne des cheminées d'usine, on traitait l'École des Hautes Études d'École des Hauts Fourneaux. Nul ne s'étonne aujourd'hui qu'on ne conçoive plus un enseignement de la

1. Art. 7. — L'obligation de ces exercices était inscrite, il est juste de le reconnaitre, dans les premiers actes constitutifs de l'enseignement de la médecine. « Les parties de la journée qui ne sont pas occupées par les cours sont destinées aux exercices d'anatomie, de médecine oiicratoire et de chimie médicale et pharmaceutique. En hiver, les élèves seront exercés au manuel de l'anatomie et de la médecine opératoire depuis 7 heures jusqu'à 10 heures du matin et dejiuis 5 heures jusqu'à 9 heures du soir. En été, il sera exercé aux opérations cliniques et pharmaceutiques, à l'application des bandages et nppareils et au manuel des accouchements de 5 heures à 8 heures du soir. » {Décret du 21 messidor an I¥ (ii juillet 1790), art. U, 16 et 17.)

Page 1