QUELQUES MOTS SUR L'HISTOIRE DU BACCALAURÉAT
L'examen comparatif des institutions d'enseignement dans les différents pays met parfois en lumière de singuliers nontrasios. C'est en 1788 (25 décembre) que l'examen intérieur a été substitué, dans les gymnases de la Prusse, aux épreuves que les élèves subissaient jusque-là dans les universités ; et cette pratique nouvelle, dont pendant vingt-cinq ans la guerre empêcha l'application, devint le règlement définitif à partir de 1812. (l'est en 1809 qu'en France l'examen de faculté remplaça l'examen intérieur, qui pendant des siècles avait été le mode de contrôle exercé sur les études préparatoires à l'enseignement supérieur.
La déterminance dans les écoles du moyen âge. — li'examen portait à l'origine le nom de déterminance : \c nom de baccalauréat n'apparaît qu'à la fin du XIV* siècle; mais déterminance ou baccalauréat, la valeur de la chose était la même'. Nos bacheliers
1. Chnries Thurot, Di l'organifiation de l'enseignement dans l'université de Paris au moyen âge, clioii. i, § 2.
Baccalauréat ou mailrisc es arts, les deux mots ont le même sens. Voiries Statuts de la Faculté des Arlsde 1338, art. o2, 53, 5i, 53, 50, 57,
modernes, à qui leur tilre permet de préfendre à tout, seraient bien surpris d'apprendre qu'autrefois ce titre ne comptait pour rien. Un baclielier n'était, à la guerre, qu'une sorte de servant; dans la vie civile, qu'un apprenti, en en mot, un lionmie qui n'était pas encore classé. De là vint que, par extension, le nom en était donné aux célibataires', c'est-à-dire à ceux qui n'avaient pas de famille, pas de maison, dont il n'était point fait élal.
On pouvait se présenter à la déterminanne à quatorze ans, un an plus tôt que ceux de nos candidats au baccalauréat qui obtieiuient la dispense d'ài,^e; il suffisait de justifier qu'on avait suivi pendant deux ans un cours de logique à l'université de Paris ou dans une autre université qui n'eût pas moins de six régents «. Les épreuves, composées de trois séries de disputes, soutenues à quelques jours d'intervalle, étaient toutes domestiques ■'. L'étudiant comparaissait au siège de sa
58 et 75. Cf. Projet de réforme des Statuts, 1720, chap. vi 1 à 7 — Celte V assimilation du baccalauréat et de la maîtrise des arts a été rcconnuol torrneliement par l'arrêté du 12 mai 1,S09, qui porte que « le grade de \ maître es arts correspond à celui de bachelier es sciences et es lettres » \oir la circulaire du 50 mars 1818. — C'est à titre de disposition temporaire que le statut du 18 octobre 1808 (art. 21) admettait l'équivalence entre le degré de mailre es arts et celui de docteur es arts ou es sciences.
1. « Baccalarios item nuncupamus qui, egressi ex cphebis, matrimonium non contraxcrunt : immo cielibes, quantumvis grand;evos » (Ilenrici Spelmanni, Equilis Anylo-Drit. Archœoloqus in modum qlossarii ad rem antiquam posteriorem de Baccalariis, p. Ci. Londini apud Joannem Beale, 1626. - Ce sens est resté celui du mot anglais ba-
2. « Quand un écolier avait appris la lecture, l'écriture et les éléments de la langue latine, il était jugé capable de suivre les cours de logique Il pouvait se rendre à l'université de Paris et commencer à suivre les leçons de la Faculté des Arts.... Les études de la Faculté des Arts à cette époque, correspondaient donc à ce.qu'on appelle aujourd'hui les classes Kuperieurcs des lettres : troisième, seconde, rhétorique et philosophie. » (Ui. I liiirot. De l organisation de l'enseignement, etc., chap. i 8 1 )