‹ Education et instruction (volume 4)Chapitre 6 sur 87 · Voir aux Annexes le plan n · texte numérisé non relu

Voir aux Annexes le plan n

i> ENSEIGNEMENT Sll'ËRIEl'l!.

toire des Cordeliors, classé à juste litre panni l(vs inonuinents historiques, et du côté de l'est il se heurtait aux bâtiments occupés par l'Kcole municipale di> Dessin. Enfin le devis s'élevait à 15 000 000. (In n-cula devant la dépense.

Les études furent activement réengagées en 1800. Les limites assignées à l'Ecole pratique étaient à peu prés les mêmes : le projet de pi-oiongement de la rue Voltaire ayant été abandonné, l'espace réservé était li mité à l'ouest par la rue Antoine Dubois dont les maisons devaient être expropriées; par contre, on conservail le réfectoire des Cordeliers. La Eaculté restait également dans le périinélre déterminé en 1855. Seulement, sur cet emplacement, il s'agissait d'établir à côté de la Faculté l'Académie de Médecine et l'École de Pharmacie. On visait à l'économie. C'est dans cet esprit que lurent i)réparés les nombreux avant-projets qui datent de cette période. Pour l'École pratique, le devis de la dépense fut abaissé successivement de ll!2'25 000 l'r. à 9 400000 francs, puis à G 500 000 fi-ancs dont 2 200 OOO francs absorl)és par des 0])éralions de voirie. Pour la Eaculté, le dernier projet (1 '2 lévriei- 1807) évaluait les frais de construction à 5 272 000 francs, indépendamment des expropriations, estimées alors à 5 552 000 fr., ce qui donnait un chiffre total de 8 024 884 francs K Les

1. « Le |)rojel t'iiidiô sur ces bases, écrivait le l'réfel de la Seine au lliiiistre de l'Instruction itublique le 2 mars 18(57, satisfait à la de- UKindc de Vulie Excellence en ce qui louche l'Académie inijji^riale de MiMli'cinc ; mais on n'a pu trouver place jiour les services de l'École de riiarmacie.

« L'espace indiqué j)our la recevoir n'a (pic 81)0 mètres carrés au lieu de 1S0U mètres carrés au minimum, qui, suivant l'apprccialioii des aixliitecles de la Ville, seraient m'-ccssaires, non compris les jardins liotaiiiqiios, pour une inslallulion complète. Ces 800 mètres carrés ne pourraient d'aiil<-urs être afieclés à l'École de l'iiarmaeie qu'en ressei-rant ou en supprimant plusieurs services iinporlanisdc l'École de Médecine.

« On ne trouverait même pas la surl'ace néces-aiie à l'École de l'Iiar-

travaux de l'École pratique étant les plus urgents en raison des exercices de manipulation imposés aux étudiants, on s'était accordé à les placer en première ligne. Les plans approuvés par la Ville venaient d'être soumis îi l'approbation du Conseil des ministres par l'administration de l'Instruction publique, lorsque la guerre de 18 TU éclata.

macie en renonçant à iiislaller l'Académie de .Mcdecine dans les liàliloenls de la Faculté.

« Il serait peut-être possible d'établir les bâtiments de l'École de ('liarmacie — non compris les jardins, pour lesquels dos terrains paraissent pouvoir être réservés rue de Lacopède — sur l'emplacement d'un jardin de 1600 mètres carrés environ dépendant do l'hôpital des cliniques et auquel on adjoindrait une surface de 500 mètres carrés pris aux dépens de l'Ecole pratique. On rendrait à l'École pratique, en compensation de ce retranchement, une surface d'environ -laO mètres carrésà provenir de l'École communale, rue Racine, n" 8, et d'une partie do l'É'^ole impériale de De?sin, ces deux écoles devant être transférées sur d'autres points.

« En mettant à part le projet de reconstruction de l'École de Phaimacie, les travaux d'agrandissement de la Faculté de Médecine, avec adjonction de l'Académie impériale de Médecine, comprenant : l» une salle des séances (100 membres titulaires et le public); — 2° une salle des Pas-Perdus; — ô" une bibliothèque; — 4" une salle de conseil et une salle pour les commissions; — 5" le bureau du secrétaire perpétuel;

— ù^ le bureau de corresjjondance ; — 7" le service de la vaccine ; — 8» le laboratoire pour l'analyse des eaux minérales et remèdes secrets^

— donneraient lieu à une dépense de 5 272 7(0 fr.

« D'un autre coté les acquisitions à réaliser pour former le périmètre dos nouvelles constructions formeraient une dépense approximative de. . . 5157ÔU6 fr.

a Toutofeis comme une partie seulement des propriétés à exproprier serait affectée à la formation du périmètre de l'Ecole de Médecine, il y a lieu de retrancher de cette somme la valeur des terrains qui seraient livrés à la voie publique et des parcelles qui pourraient être rétrocédéts, soit une somme de 1785 212

• Ce qui réduit la dépense à 55j2 18I, ci 33o21Sl fr.

. « Il résulte de ce qui précède que l'agrandissement de

la Faculté de Médecine donne lieu à une dépense to-

laie de seilSsl fr.

« Dont la moitié, à la charge du budget rnonicipal, serait do 4312 lii fr. .

!i ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.

Quand les événements permirent d'y revenir, on sembla renoncer à (out agrandissement. Dans le tracé de l'opéralion du percement du boulevard Saint-Germain, les terrains reconnus nécessaires pour la Faculté ne lurent pas réservés ; certains lots furent même mis en ^ente. Il ne s'agissait plus que de donner à la Faculté une étroite fac^ide sur le nouveau boulevard, derrière le grand anipliitbéàlre. Une beureuso combinaison du Ministre des Finances, M. Léon Say, permit de rétablir la question. Sur l'avance de 9 400 000 francs faite par le Trésor à la ville de Paris le 20 juin 1871, la Ville consentit, moyennant le règlement du compte, à consacrer G 000000 de francs à l'agrandissement de la Faculté'. Cette convention, consacrée par la loi du 40 août 1870-, avait pour premier avantage de permettre un commencement d'exécution. Elle attribuait eu outre à la Faculté proprement dite tout l'espace compris dans le plan de 185.'), qu'il avait été question de partager entre elle et l'Académie de Médecine, ce qui lui assurait une surface prés de trois fois plus grande^ (7000 mètres environ au lieu de 2500 mètres). Mais le défaut du projet était de maintenir l'École pratique enserrée entre les bâtiments riverains de la rue Iiacine, de la rue Monsieur-le-Prince et de la rue de l'Ixole-de-Médecine, et depuis 1855 les besoins

1. Sur celle somme de 0 000 000 de francs, 2007 587 francs devaient être consacrés aux expropriations, 3'Jiii tlô francs aux constructions. (Happurt présenté au Cunscil municipal par M. Vioilct-le-Duc dans la séance du 20 janvier 1877.) — Le devis approuvé s'élève, en réalité, à lôlS'JU francs.

2. Ilutlrlin lies Lois, année 187G, 2* semestre, n" 511, p. 63, n" 55i9. — l.a convention passée entre l'Klat el la Ville (29 février 1876) est annexée il la loi.

5. Voiri les dimensions exactes. La surface des bâliments de l'ancienne Faculté <le Médecine était de 2iS5 mètres carrés, y compris les cours, cl, avec les annexes do la rue llaulcfeuillo, de 5556 métros carrés. 1/ilol complot limité par la rue des Écoles, le boulevard Saint-Germain et la rue llaulefeuille, mesure 6950 mélres carrés.

n'avaient fait quo s'accroître. Après doux ans de discussion les plans n'étaient pas encore adoptés.

Cependant l'application du décret du 10 juin 1878 qui rendait les travaux pratiques obligatoires pour tous les étudiants ne souffrait plus de délai. Pour y donner satisfaction, il fallut se décider à transporter temporairement l'École pratique dans les bâtiments évacués par le collège Hollin; et là l'expérience établissait bientôt que la surface, relativement considérable, occupée par cette installation provisoire — 8G00 mètres — était insuffisante '. L'urgence d'une solution, soutenue avec autorité par M. le professeur Fai'abeut, mise en pleine lumière au Conseil municipal par des interprètes convaincus, triompha des dernières difficultés^. Aujoui'd'hui, dans les plans qui s'exécutent, l'Ecole pratique, dégagée sur toutes ses faces et poussée jusqu'au boulevard Saint-Germain, occupe avec la Faculté une superficie de 21000 mètres (exactement 21042)^, la clinique du Luxembourg non comprise. C'est un peu moins que la Faculté de Lyon, qui a été traitée avec une magnificence incomparable'; c'est plus que les l'uiversités d'Allemagne les mieux organisées, Bonn exceptée^.

1. La dépense de celle installalion s'est élevée à 392 905 francs : £00 000 de compte à demi entre riUat et la Ville; 192 903 à la charge eicliisivedc l'Élal.

2. Procès-vorbaux du Conseil municipal (séance du 21 décembre 1880). Rapport de M. Lcvraud.

5. ()9jO mèti'es carrés pour la Facilité ; li H2 mètres carrés pour l'École pratique. — Voir aux .\niicxes le plan n" 3.

, i. La surface occupée i)ar la Faculté de Médecine de Lyon est d'environ 23000 métrés carrés, dont partie Ml 530) appartenait déjà à la Ville, partie (15130; a été acquise par voie d'expropriations.

5. Nous avons pris possession de l'École pratique reconstruite, le 1" iio- •vembre IHUo.

Los êliulos et los négociai ions relatives à la Sorbonne ont été plus laborieuses encore. Mais il semble qu'il soit dans la destinée de la Sorbonne d'attendre et qu'elle n'ait pas à le regretter.

Félibien raconte' que, « le jour où, en présence du cardinal de Fiicbelieu, on commença les travaux de réédificalion du collège de liobert Sorbon, on mit dans les fondations une grande médaille d'argent où la Sorbonne cstoit représentée sous la figure d'une vénérable vieille qui tenoit une Bible de la main gauclie et avoit la droite appuyée sur le Temps avec cette inscription tout autour : lluic sorte bona senesceham, pour maniuer que c'étoit un effet de son bonbeur que sa vieillesse lut parvenue jusqu'au temps d'un pareil restaurateur '■*. » Cette fois encore, le temps

I. Ilislotre tic la Ville de Pnris, composée par f). Michel Félibien, revue, augmentée et mise au jour par l). Gui/ Alexix Lobiiwaii, tous deux prêtres religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, justiliée par des preuves aulheiiliques et enrichie de plans, de figures et d'une carte lopographique. Toine U, livre 27, i' 50, p. 1378.

i. Sur l'étal des bâtiments avant la restauration, voir le discours de Filesac, docteur de Sorbonne, public en 1629 sous le titre de : Sorhotia instaurata, seii lUuslri.ss. Cardinali D. Jonnni Armando de UicUelicn, l'roL'isori Sorboiix, acliu graliartim. « Cum itaque Sorbonne jiarietfs ipsi, ut est reiuin humanarnm conditio, post tôt setula scnsiin et liiascere et solvi viderenlur, de iis non modo fulciendis, quin potins in novam aliquam eamque praîstantissimam t'ormam restituendis, necessario cogitandura fuit.... » [L'Administration en France sons le ministère du cardinal de Richelieu par J. Caillet, docteur es lettres, 2* édition lefondue, tome 11, cliap. xiv, p. 270 et suiv.) — Voici, d'autre part, comment est décrite la rue de la Sorbonne après la restauration : « La |)lus grande partie, pleine de boues et immondices, et l'autre partie avons veu plusieurs plâtras, graviers et fumiers. » Procès-verbal de visite du 50 avril 103G. [Estât, noms et nombre de tontes les rues des vinqt quartiers de Paris en \d7>(> d'après le manuscrit inédit de la liibliolhèque nationale, précédés d'une élude sur la voirie et l'hi/qiéne publique à Paris dci/uis le doutiémc siècle, par Alfred l'raTicklin, de la Iill)liotli6que Mazarinc. Paris, tS7:j, page IM.) — Helalivement à l'exact emplacement de la Sorbonne, on consultera utilement le Plnn topor/raptiique et raisonné de l'nrijt, ouvrage utile au citoyen et à l'étianger. Dédié et présenté h Monseigneur le duc de Chevreuse, gouverneui' de Paris, par les sieurs l'a-.-

lui a profité. De tous les projets d'agrandissement qui ont été étudiés, celui qui a obtenu la récente approbation du Parlement est assurément le plus avantageux et lo mieux conru.

On rattacbe volontiers à la pierre solennellement posée en 1855 — cette pierre devenue presque légendaire — l'étude de la reconstruction contemporaine. Nos vœux et les obstacles qu'ils ont rencontrés ont une plus longue histoire.

Presque au lendemain des Ordonnances du 5 janvier et du 27 février iS'H, qui « rendaient au service de riiistruction publique l'ancienne maison de Sorbonne fl les bâtiments en dépendant », les Facultés qui y avaient été installées avec l'Académie de Paris se trouvaient à l'étroit. Mais, avant de songer à en poursuivre l'agrandissement, il fiillait s'en assurer la possession. Or cette possession était disputée par le Domaine, et l'on n'a pas aisément raison du Domaine. Le droit semblait cependant incontestable. Les bâtiments de la Sorbonne, devenus biens nationaux en vertu de la loi du 18 août i79'2, faisaient régulièrement partie de la dotation de l'Université en vertu du décret du 11 décembre 1808'. Le Domaine se fondait sur l'arrêté du 19 vendémiaire an X, qui les avait mis « à la disposition du Ministre de l'Intérieur pour y loger les gens de lelli'cs et ceux des artistes qui n'avaient pu être réintégrés dans le collège Mazarin » ; il oubliait que

quier et Denis. Troisi-'rne édition, corrigée et augmentée, 1771, avec pri- \il6ge du Iloy. A Paris, chez Pasquier, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le collège de Clermont; pages 10 et li, troisième leuille du plan.

l. Aux termes de l'article 1" de ce décret, tous les établissements d'instruction publique qui n'avaient point été aliénés ou définitivement .irrectcs a un autre service public par uq décret spécial étaient donnés à rCiiivcrrilé.

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cette affectatitm n'avait qu'un caractère provisoire. Si peu juslilié qu'il parût, le litii,^e dura plus de vingt ans.

En 1845 enfin', l'Université, demeurée maîtresse du terrain, put entrer en ni'gociations avec la Ville, pour oblonir qu'elle lui cédât la pi'opriété des !)àlimenls tant de la Sorbonne proprement dite que de l'annexe de la rue des Poirées (aujourd'hui rue Gerson), qui y avait été rattachée^, et associer ainsi l'Administration municipale aux projets d'amélioration reconnus nécessaires'. Mais la remise des lieux, préparée en 1850*, décrétée le 8 février 1852, ne fut elle-même définitivement accomplie que le 1" avril delà même année; tant il est difficile d'arriver à disposer de son bien!

Ces délais avaient été du moins utilisés. Dès 1857 l'adniinislration supérieure avait misa l'étude les moyens « d'établir d'une façon convenable, dans le bâtiment de la Sorbonne, l'enseignement des Facultés et pai-ticulièrement celui de la Faculté des Sciences, dont l'étal était dé|)lorable^ ». (îette première enquête demeura sans résultat. Elle fut reprise en 1845. La conunission, qui comptait dans son sein MM. llousselle, recteur, .l.-D. Dumas, Le Clerc, l'abbé Glaire, Douillet, Libri et Milne Edwards", avait préparé trois combinaisons ''. On pro-

t. Ordonnance du 21 août. — Arrête du 13 dt-cembre.

2. Ordonnance du KJ mai 1821. C'est là qu'avait été installée provisoircinenl IKcoie iNorniale Supérieure.

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