Arrélé du 11 Juin
'o. Voir aux Annexes, n° III, le Hapiiorl de M. .1.-1!. Dumas et le plan M" l
ti. Arrélé du 17 novembre 18lo.
7. Voir au.x Annexes, n" IV, le Uapport de -M J.-D. bunias et le plan h* 1.
L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR A PARIS EN ISSii. 10
posait soit de transporler la Facullé dos Sciences hors de la Sorbouno et même hors du quartier laliii, soit de développer la Sorbonne, au sud, derrière le chevet de l'église, sur la rue Saint-Jacques et la rue des Poirêes,soit de cherciier l'extension nécessaire du coté du nord, vers la rue des Mathurins.
La première proposition avait élé repoussée d'un avis unanime ; on ne voulait pas quitter la Sorbonne. La troisième olTrait l'avantage de s'attaquer à des maisons de peu de valeur; elle permettait, en même temps, de donner à l'édifice de Richelieu une entrée d'honneur et un débouché sur une voie dont on projetait l'ouverture, laquelle, partant de la place Cambrai pour aboutir à l'École de Médecine — c'est aujourd'hui la rue des Ecoles, — devait mettre en communication le faubourg Saint-Germain et le pays latin. Mais l'entrée d'honneur se présentait obliquement à l'axe des bâtiments, et l'ensemble de l'opération soulevait de grandes difficultés d'exécution'. Plus coûteuse, mais plus décisive était la seconde combinaison, celle qui avait pour objet l'expropriation des bâtiments de la rue Saint-Jacques et de la rue des Poirées. Llle assurait immédiatement un terrain de près de 2000 mètres, indépendant et régulier. Deux vastes constructions pouvaient y trouver place : un amphithéâtre capable de contenir 2400 personnes et destiné aux grandes solennités de l'L'niversilé ; — un bâtiment en forme de cloître, propre à recevoir, au rez-de-chaussée, les salles d'enseignement de la Faculté des Sciences et ce qu'on appelait alors les ateliers de préparation, éclairés par une cour spacieuse ; dans les étages supérieurs, les galeries et les collec-
1. En écartant le projet, on se bornait à indiquer comme dtsirablo l'isolement de la Sorbonne de ce coté par une large rue.
^0 ENSEIGNEMENT Sl!PÉI\IELl\.
lions. La dépense totale élail évaluée à 5 04r) 650 fr. : ti^ôS 450 Ir. pour les terrains à acquérir, 2 507 500 fr. pour les constructions à élever. Ce fut le parti qui prévalut ^ Adoptée par le Conseil académique dans une séance qu'avait voulu présider le Ministre, M. de
1 Séance du 9 mars 1846. Voici roxlrail du procùs-verbal : « M. \c Happoiteur, dans un exposé plein de précision et de clarlé, fait connaUre les points principaux qui ont fixé Tatlenlion de la Commission dans son importante délibération : ce sont l'iusufûsance (le l'installation acluollo des Facultés des Lettres, des Sciences et de Théolo'-ie : rimpossibilité où se trouve, en particulier, la Faculté des Sciences de placer et d'accroitre ses collections, d'instituer des maniimlations en taveur de ses élèves ; les dépenses quesigerail une restauration bornée au développement de Censeiynemeat oral, comparées à lelles qui seraient nécessaires pour une restauration embrassant l'enseinemenl oral, les travaux des élèves, les collections publiques et l'administr.ilion de la Faculté; les travaux de construction réclamés par les besoins communs aux trois Facultés des Lettres, des Sciences et d- Théolo-ie; les inconvénients graves qu'il y aurait à séparer la Facultc <les Sciences des deux autres Facultés et des divers services de l'Aca- <léraic de Paiis; enfin la nécessité de pourvoir à la construction dune nouvelle sillo pour la distribution des prix du Concours général ei remplacement de la salle actuelle, qui est insunisanle et qui menace
ruine. ,./.,. • •.• ,
« Après un mùr examen, la Commission a adopté, a I unanimité, le pro-r^mme d'un projet d'a^-randisscment de la Sorbonne, d'après les bases suivantes : une cour principale, entourée de promenoirs ouverts; une "rande «aile, pouvant contenir environ deux mille quatre cents personnes pour la distribution des prix du Concours général; une cour particulière autour de laquelle sont rangés les ateliers de prepaiation, et dans les étapes supérieurs toutes les collections; enfin une partie de bltinieiit réscr^vee à l'administration de la Faculté des Sciences et au lo-
gemenl du doyen. ,.• j i .. .1
. b'après les combinaisons de ce projet, les Facultés des Lettres et de Théolo-ie et l'Académie de Paris prendraient possession, dans les anciens b°âtiments de la Sorbonne, des localités occupées aujourd'hui i)ar la Faculté des Sciences, et y trouveraient, moyennant des modilications nru importantes, tous le,^ services qui leur ««'''""'^''""'fo-oTonr. r . Les dépenses de construction s'élèveraient à la somme de 2 a07 200 fr. . Les terrains à acquérir sont évalués à 2 55S 4-20 francs. . La Corn nission pense que la ville de Paris devrait intervenir et se fliaiL-er de l'achat des terrains; l'État, de son coté, demeurant obli-e a l'égard des constructions nouvelles à y élever; constructions qui, du reste, deviendraient la propriété de la Ville et devraient être entretenues par elle en bon état de ré|)arations à l'avenir, selon le contrat gênerai passe entre la Ville et l'Université.
< La Commission propose, en conséquence, que son programme et r ivant-projci, prépar.> par SI. l'architecte du .Ministère de l'inslruclion
L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR A l'AIUS EN 1881. 21
Snivnndy, la conclusion fut ininicdialcmcnt soumise à la ralincation du Conseil municipal'.
Par suite d'une nouvelle série de lenteurs et de contretemps, aucune résolution n'élait encore arrcfée lorsque intervint ('24 juillet 18j2) le décret qui décidait l'ouverture de la rue des Écoles. On recommença l'élude du projet*, en l'appliquant aux terrains devenus libres entre la rue des Écoles, la rue de la Sorbonne et la rue Saint-Jacques; et, par un décret du 11 aoûtISrio, cet emplacement, qui mesurait une superficie de plus de oOOO mètres (exactement 511 6'", 00), fut affecté à la Sorbonne. En même temps, un plan de restauration générale était concerté entre la Ville et l'Ktat, qui devaient
publique, soient renvoyés au Conseil des bàliments civils pour ("•tic prcparés, par une discussion sur les bases et les détails entre elle et ce Conseil, à l'examen ultérieur qui en serait fait avec MM. les déléjjuos du Conseil municipal de la ville de Paris.
• Le Conseil académique, après avoir délibéré sur les propositions do !a Commission, reconnaît (pi'il est ur^'cnt d'affeclcr un élablisseiiient spécial et complet au service de Ii Facuî'é des Sciences, et de constinire ;i cet effet un nouvel édifice, qui, rattaché au.\ bâtiments de la Sorbonne. permette de réunir dans une même enceinte les Facultés de Tliéol(igie, des Lettres et des Sciences, la bibliothèque de l'Université, la salle de la distiibution des prix du Concours général et les divers services de r.\cadémie de Paris.
« Le Conseil estime en conséquence ([u'il y a lieu de lenvoyer au Conseil des bâtiments civils le programme de la Commi>si(in cl l'avant-projet de l'architecte pour être procédé comme il a été dit jihis haut. >
I. Voir l'arrêté ministériel du 18 septembre ISlfî. « Il est formé, pour prendre connaissance des plans et rapports relatifs aux travaux projetés à l'édilice de la Sorbonne et émettre îi cet ésard un axis motivé, une commission mixte composée des délégués de l'Université cl des membres du Conseil municipal de Paris désignés par le Préfet de la Seine, savoir : M. le baron ThcnarJ, chancelier de l'Université, j)air de France, président; l'inspecteur général vice-recteur de l'Académie de Paris; .Galis, Pelassy de l'Ousle, Périer, Horace Say, Morlimer-Ternaux, membres du (lonseil municipal; J.-B. Dumas, Victor Le Clerc, l'abbé Glaire, Pouiilet, professeurs de Faculté; Duiand, architecte de la ville; dcGi^ol■s, architecte de l'Université.
t. Arrêté du la décembie.
roxéculer à frais communs'. La dépense totale était évaluée à 8 millions de francs. L'Administration académique, la Bib'.iolhéque de l'Université, le grand amphitliéàlre, la Facuilé des Lettres, étaient établis sur le terrain nouveau; la l' acuité de Théologie restait à la place qu'elle occupait depuis l'origine près de l'église; la Faculté des Sciences prenait tout le reste. Jamais nous n'avions été plus prés d'atteindre le but. Les chantiers de travail avaient même été ouverts, et le 14 août, après la distribution des prix du Concours général, la première pierre était scellée. Le lendemain^ cette solennité était proposée pour sujet de vers latins aux candidats à l'agrégaliondcs (liasses supérieures^. Mais les murs ne pouvaient pas s'élever d'eux-mêmes aux accents des Ampliions modernes. On ne bâtit qu'avec des millions. La ville de Paris, qui avait déjà consacré plus de 1 800000 fr. à rex[)ropriation des bâtiments du terrain de la rue des Kcoles'', tenait toute prête sa contribution de 4 millions; l'État n'était pas en mesure de verser la sienne. Le Ministre de l'Instruction publique, qui s'était engagé à fournir les ressources, ne les avait pas. Le Ministre des Finances, qui disposait des ressources, ne se considérait pas comme obligé pai-un engagement qu'il n'avait pas été appelé à souscrire. La somme due à la caisse