‹ Education et instructionChapitre 20 sur 114 · Décision des 2'J seplciubre et 28 octobre ISiO · texte numérisé non relu

Décision des 2'J seplciubre et 28 octobre ISiO

qu'il avait rapportée d'Allemagne, plutôt que le carnclère même de ses programmes, — et le but auquel nous devons tendre de plus en plus*. »

Ce régime dura sept ans, grande mortalis œvi qmtium pour un plan d'éludés. M. Villeniain, y retrouvant ses propres idées, l'adopta, le soutint, le développa. « Dans les classes inférieures, presque toujours précédées des classes élémentaires, écrivait-il [Rapport au roi, 4 mars 1845), l'enseignement comprend des études de grammaire française, latine et grecque, des exercices de mémoire*, des explications d'auteurs, des essais de traduction, des notions de calcul, des leçons sur l'histoire sainte, sur l'histoire ancienne, sur l'histoire romaine et sur la géographie qui s'y rapporte. L'étude des langues modernes commence en Quatrième. La Troisième et la Seconde sont presque exclusivement consacrées à celte étude des langues anciennes, qui, par le travail de l'explication et de la traduction, devient un exercice perpétuel de raisonnement, une épreuve continue d'exactitude et de sagacilé. La part trop considérable faite, il y a quelques années dans ces classes, à la géométrie, est retranchée, sans que, toutefois, pour le plus grand nombre des élèves, les notions élémentaires de cette science soient interrompues.... Au fond et sur le point principal, c'est l'ancien système de Port-Royal et de l'Université de Paris, le système qui depuis deux siècles a formé pour la magistrature et les affaires tant d'hommes capables et d'esprits éclairés. La création de l'Université, dès 1808, fut un

1. Saint-Marc Girardin, De l'enseignement intermédiaire, Paris, 1847, eliup. II.

2. Voir l'arrêté du 1" août 18i3 relatif à l'introduction des exercices ae récitation.

retour à ce système; et, malgré des modifications nombreuses et diverses, c'est le caractère qui prévaut encore aujourd'hui.... » Toutes les mesures de l'administration de M. Villemain sont pénétrées de cet esprit. Même en philosophie, il aurait volontiers réduit l'enseignement des sciences, ne les considérant point comme le fond^ de l'éducalion. Mais, dans les classes où elles étaienl étudiées, il entendait qu'elles le fussent sérieusement et avec de bons maîtres* ; il voulait qu'elles profitassent aux jeunes gens qui se préparaient aux écoles spéciales du gouvernement et aux professions commerciales ou industrielles : les cours de mathématiques préparatoires et de mathématiques élémentaires, créés par M. Cousin, lui doivent en partie la forte organisation qu'à travers bien des vicissitudes elles ont presque intégralement conservée*.

Rentré au ministère, M. de Salvandy y rapporta les idées qui avaient inspiré sa première administration. Le 5 mars 1847 paraissait un statut qui réintroduisait dans les études un ordre nouveau. Une fois de plus, disait-on, l'expérience a prononcé : les conférences d'a.vithmétique et de géométrie sont insuffisantes ; l'étude des sciences, dans la mesure qui convient à la majorité des élèves, doit commencer plus tôt pour tout le monde et se suivre sans interruption. L'article 3 décidait donc qu'à partir de la Quatrième chaque classe aurait, non plus le jeudi, mais aux jours et aux heures ordinaires, sa leçon de mathématiques, obligatoire comnae toutes les leçons de l'enseignement classique : arithmétique, géométrie et algèbre en Quatrième, Troi-

1. Arrêtés des 1-i septembre et 13 octobre 18il, 27 septembre 1842, 10 et 24 février 1843. — Cf. Arrêté du 13 avril 1841.

2. Voir notamment Tarrèté du 12 mai 1843 relatif h l'organisation du coui's de mathématiques élémentaires du Collège de Versailles,

sième et Seconde; cosmographie en Rhétorique; quant à la Philosophie, on verrait, lorsque la génération en cours de scolarité y serait arrivée, s'il fallait retrancher quelque chose des matières prescrites par le Règlement de 1840*. Le statut réglait du même coup, en le fortifiant, l'enseignement scientifique des cours spéciaux^. « La gloire des sciences et des lettres, résultat des bonnes études, tient l'équilibre dans la balance des forces du monde », écrivait M. de Salvandy^ : c'est sur cet équilibre qu'il avait essayé de fonder ses programmes. Finalement, à la veille de la révolution de 1848, le système préconisé et inauguré par M. Guizot au lendemain de l'établissement de la monarchie de 1830 semblait triomphant.

Cependant, à travers toutes ces modifications, les programmes n'avaient cessé de s'accroître. Les vœux des réformateurs du dix-huitième siècle étaient satisfaits et au delà : l'histoire, les sciences, les langues vivantes avaient pris dans l'ensemble des études une place de plus en plus considérable, sans que celle qu'occupaient les lettres anciennes eût été sensiblement diminuée. On avait ajouté de plus le chant^ et la gymnastique^ — celle-ci tout ensemble trop et trop peu, trop si l'on considère le temps qu'elle prélevait sur

Page 1