Voir Uisioire littéraire de la France, t. VI, p. ô"i
2. Endmeri Canlttnriensis monaclû ordinis S. lienedecli libri duo de Vita S. Ansclmi. p. 7 et 8. — Voir Cli. de liémusat, Saint A7iselvie de Canlerburi/, chap. v, p. 63-64 : « Un jour un abbé renommé par sa piété s'entretenait avec saint Anselme de leur état et de la difficulté de discipliner les enfants élevés au monastère. « Ils sont pervers et incorrigibles, disait-il; cependant nous ne cessons de les battre nuit et jour, et ils deviennent toujours pires. » — « Vous ne cessez de les battre, dit Anselme; et, quand ils sont adultes, que deviennent-ils'? » — « Hébétés et brutes », répondit l'abbé. — « Que diriez-vous, reprit Anselme, si, ayant planté dans votre jardin un arbre, vous le comprimiez ensuite de manière à l'empèclier de déployer ses rameaux? Ces enfants vous ont été donnés pour qu'ils croissent et se fortifient, et vous les tenez dans une si rude contrainte que leurs pensées s'accumulent dans leur sein et n'y prennent que des formes vicieuses et tourmentées, ^ulle part autour d'eux la charité, ni la piété, ni l'amour; dans leur âme irritée croissent la haine, la révolte et l'envie. Ne sont-ce pas des hommes pourtant? Leur nature n'est-elle pas la vôtre? et voudriez- vous qu'on vous fit ce que vous leur faites? Vous les battez. Mais est-ce seulement en battant i'or et l'argent que l'artiste en forme une belle statue? » — Cf. Lanfranc, Epist.
5. Blandiliis magis quant terreribus parruli capiiinlur, dit Gerson dans son traité De l'arvulis trahcndix ad tllirisluiit; et ailleurs : iSa pucri cxdaiilur verherdms, minime iraciindus sil prxceptor; quant rari sint boni mnfjistri co'jilare stupor est.
4. « Gallia lilteratoribus, secundum Scolos, nihil est plagosius. Hi moniti respondere soient eam nationem non iiisi jilagis einendari. » Declamalio de pueris ad virltilem ac lilteras liberaliler iiislitiievdix idque prolinux a nativitate — Cf. De conscril>endis epistolis, cliiip. i\, De emvitdando .
de Rabelais*, do Montaigne^ contre les barjjarifiques traitements dont ils avaient été témoins ou victimes. Encore doit-on ajouter que ce maître de Saint-Paul, dont Erasme a tracé le terrifiant portrait, était un principal anglais'', et que, si Montaigne, avec son imagination qu'exalte parfois le plaisir de peindre les choses, nous re|)résL'nte les classes jonchées de tronçons d'osier sanglant, il reconnaît lui-même qu'en son bas âge, dans la maison patci'nelle, il n'a « tasté des verges qu'à deux coups, et bien mollement* ». Mais, à partir du seizième siècle, le fouet cesse au moins d'être le principal instrument de l'action disciplinaire^. Son efficacité est ouvertement mise en doute. On répète avec Montaigne « que ce qui ne peult se faire par la raison ne se faict jamais par la force, et qu'il ne s'est vu aultre effet aux verges, sinon de rendre les âmes plus lasches ou plus malitieusement opiniastres®)). Les Jésuites, qui en conservent l'usage dans leurs écoles, ne les appliquent qu'avec discrétion, et regarderaient comme un déshonneur pour un membre de la Société de les infliger lui-même : c'est un correcteur spécial qui est chargé de celte besogne servile'. « Il y a plusieurs autres voies que le fouet pour rame-
1. Liv. I, chap. nxxvii. « Tempcsle l'eut un grand foucttcur d'escholicrs au collège de Moiitagu. Si par foucUer paovrets petits eiifans, escliuliors innocents, les pédagogues sont damnés, il est, sus mon lionneai', en la roue d'ixion, foueUant le chien Courtault, qui l'esbranle. »