L AMOUR PSYCHIQUE
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n'en sera pas diminué. L'amour psychique et l'amour spirituel étant la réelle expression de l'amour humain.
* "JF
Nous avons vu dans la Loi de Progrès que, chez les animaux domestiques, plus les jouissances de l'amour sont continues et renouvelables pour le mâle, moins l'individu est constructif, plus le mâle est polygame et se désintéresse de ses petits.
Or Tamour n'est ainsi renouvelable que parce qu'il suit son instinct sans choix, qu'il se sert de toutes les femelles de son espèce et que la femelle ne s'y refuse pas. C'est le désordre et Timmoralité complète.
Dans' les espèces où les individus procréent par couples qui se choisissent, le mâle et la femelle deviennent des parents ; ils élèvent ensemble leur progéniture ; et l'amour physique n'est pour eux qu'au commencement et à la fin de la tâche accomplie.
Chez les premiers, la femelle seule élève et éduque les petits
Tous les êtres qui tiennent à la terre pour s'y mouvoir y sentent bien plus les lois matérielles.
Les oiseaux, habitants des arbres, participent généralement des qualités des végétaux ; leurs tendances, leurs aspirations, font qu'ils portent la loi d'ordre dans leur amour. Ils expriment dans un chant la mélodie de leur petite âme. Or le chant, c'est l'Harmonie vibratoire de la qualité d'amour de l'Etre physique et psychique (i).
Mais l'homme, qui chante comme l'oiseau, se vante, d'autre part, de pouvoir, comme les animaux domestiques, faire l'amour en tout temps. Il est très-fier de sa puissance procréatrice qui se trouve également chez la femme, mais comme il ignore pourquoi cette puissance lui est donnée, il la dépense, cherchant dans l'amour physique et ne l'y trouvant pas, Tassouvissement de ses aspirations, et gaspillant ainsi la force motrice qu'il possède pour actionner et réaliser ses réelles facultés psychiques et créatrices.
Le vide, l'écœurement, le dégoût, que l'homme éprouve souvent après ses satisfactions d'amour, ne viennent pas d'autre sentiment que de sa raison, de sa conscience, qui lui font comprendre que l'usage qu'il fait delui n'est pas selon la loi de la vie en lui.
S'il n'en est pas toujours de même chez la femme, c'est qu'elle
(i) Voir Le Chant de la Vie.
VERS l'amour! 129
porte, attaché à l'acte sexuel, et inconsciemment, le sentiment d'amour maternant qui, si elle est fécondée, ce qui est toujours possible, peut devenir tout de suite le sentiment maternel. De là, cette différence d'émotivité dans l'amour des deux sexes qui ne s'aiment ni psychiquement, ni spirituellement :
L'Homme ému avant, la femme le restant après.
L'Homme et la femme qui se livrent à l'amour, parce qu'ils possèdent la faculté d'aimer en tout temps, ne savent pas que, même avec l'eau du baptême, et avec le sacrement de mariage ils se tiennent toujours ainsi dans l'état hybride où ils ne sont ni animaux, ni humains.
Tant que l'homme et la femme ne seront pas déterminés dans leurs réelles facultés humaines, dans la dignité de leur nature, dans la connaissance d'eux-mêmes et le maniement de tout leur être, pour leur progression personnelle et pour l'éducation des enfants, les pouvoirs humains et le bonheur ne seront pas connus.
D'une part, il faut que les deux sexes sachent que, par l'âme, par les facultés psychiques développées, connues et correspondantes au règne végétal, ils portent en eux les moyens d'élever leur amour; que tout l'être moral est contenu, dans l'âme, dans la raison, dans la pensée, l'amour et la conscience; qu'il convient donc que ce côté supérieur d'eux-mêmes leur soit révélé, qu'ils sachent ce qu'il est en eux, pour leur valeur humaine. Si l'Etre Humain chante comme l'oiseau et qu'il porte en lui la nature végétale, l'amour qui fleurit en lui doit au moins lui donner la moralité naturelle qui se constate chez l'oiseau.
Et si. par le progrès et dans l'élévation constante, l'amour sait conjoindre et travailler sans cesse avec l'intelligence, c'est avec tous les pouvoirs de la vie, que renferme l'intelligence, que les facultés psychiques arrivent à conjuguer et qu'ainsi toute la partie qualitative de l'Etre est fécondée par l'Intelligence et rend le produit de cette union intime en moralité, en Beauté, en œuvres de Bien et de Bonté.
D'autre part, il importe que la femme sache ce qu'est, ce que vaut le sexe féminin par rapport à la moralité des deux sexes et que, pour l'ordre et la régularité de la vie, pour la loi de progrès dans les êtres Humains, elle sache et veuille être la régulatrice de l'amour, (i)
Il est curieux de remarquer que pour toutes les races animales,
{ r) Pour paraître : VHofiime et la Femme vivants et libres dans la nature. V ordre et VEtcrnel Jéminin.
domestiques et autres, dont rHumanité s'occupe, soit pour la reproduction, soit pour la sélection, elle connaisse les lois particulières, les âges, les circonstances favorables à l'obtention de beaux ou de nombreux sujets. Elle gare les femelles, elle enferme les màl'es, etc. elle les nourrit d'une façon spéciale et observe toutes les exigences du temps, du lieu. Pour elle-même, au nom d'une prétendue science infuse (qui ne se révèle que tardivement, car l'Etre Humain jeune ne sait rien de lui ni des autres), pour l'humanité, en possession de tout ce qui agite les autres règnes de la nature (possession qui est sa grandeur et sa faiblesse), on ne lui dit rien ou on lui fait peur de tout. On a, pour refréner sa vigueur, imposé les lois protectrices du mariage ; mais le mariage en soi, à part les questions financières et encore les connaît-on mal, on ne sait pas ce qu'il est. Si bien que dans l'amour, en apparence si complexe de l'Etre Humain, et qui est en réalité une œuvre d'ordre et de science mécanique pour lui permettre d'être ce qu'il doit produire dans et par lui en doter l'acquis humain, et l'Individu est livré à lui-même, àsa nature, à son imagination, et Ton s'étonne de l'immoralité croissante chez des êtres qui ne savent pas pourquoi ils feraient autrement et qui n'ont même plus peur du bon Dieu ni des gendarmes.
Vraiment, le danger de notre époque est réel. On ne craint pas grand chose. On ne croit à rien. L'Idéal ne se formule pas nettement. L'Etre Humain ne se connaît pas et il jouit de l'Idée de liberté sans être libre, de la liberté de penser et de la liberté de conscience sans savoir penser et sans être conscient. Voici un état peu propice à l'éclosion de la morale, si l'Education, si la réelle connaissance et la prise de possession de l'Etre en lui-même n'y mettent bon ordre.
Plus nous allons, plus la licence engendre l'amour libre. Encore une idée qui détermine des faits sans que TAmour et la Liberté soient existants dans les Individus et connus d'eux.
11 est temps de livrer bataille à la tare originelle et de vouloir que cette merveille qu'est l'Etre Humain ne soit pasplus longtempe perturbée par ses impulsivités.
La liberté est l'exercice conscient, l'usage de tous les pouvoirs de la vie créatrice, en l'homme, par sa volonté supérieure réalisée.
La science, la liberté et l'amour feront la vie dans l'homme et dans la femme.
Il ne s'agit donc pas seulement, si l'on veut être libre et rationnellement heureux, de renseigner la jeunesse sur ses devoirs futurs,
VERS l'amour! 131
sur les lois sacrées de la vie et de la nature ; il faut d'abord qu'elle sache ce que doit être un Etre Humain dans sa dig-nité et sa valeur humaines, et qu'il doit être mis en œuvre, dans ses facultés psychiques et morales, avant que s'accomplisse en lui le :grand œuvre de la nature : l'embrasement du feu de l'âtre, faisant monter vers la mentalité, en actionnant le cerveau, toutes ses facultés, à l'âge de la puberté.
L'amour sexuel tout seul est l'infériorisation de l'Etre psychique intellectuel.
Pour l'être réellement progressif, l'amour n'est profitable que s'il est à la fois psychique et intellectuel sinon, c'est sa déchéance. Les supériorités de l'être sont esclaves des infériorités et perturbées par elles. Or l'amour, c'est la force conjonctive, progressante et reproductrice de tout l'être, sinon c'est son avilissement ou tout au moins la souffrance et l'atrophie de l'âme et de l'esprit qui se révoltent contre ce qui détruit leur équilibre, en leur prenant la vie absorbée par la matière.
Un amour où l'âme et l'esprit sont satisfaits est toujours un progrès : il fait accomplir un tour à la spirale individuelle.
S'il est des prisons aux étapes de la Loi de Progrès et de la conquête de la Liberté et que l'Etre humain, même bien déterminé, bien mis en œuvre, peut se créer lui-même, c'est que chaque état plein d'un tour de spirale, chaque étape est une réalisation partielle dans laquelle les facultés progressantes, sous l'influence d'une fécondation antérieure, précédente, sont arrivées à être capables de produire l'amour de cet état, et qu'elles le produisent généralement chez l'être normal.
Mais comme celui-ci ne sait pas, d'une part, ce qui se passe en lui, ni d'autre part que son amour qui contient le physique, le moral et l'intellectuel dans sa quintessence, c'est sa volonté tout entière, et que, de ce fait, tout en lui est devenu conjonctif avec l'extérieur, s'il rencontre l'illusion de son complément, dans la société, toutes ses facultés fécondantes et fécondables s'élancent vers lui, aptes à produire le fruit de ce qu'il est devenu. Il s'attarde alors très souvent dans une intrigue.
Qu'il ait été heureux ou dupe dans cette .aventure, pendant qu'il s'est attardé à la fécondation, à la reproduction d'un état partiel de la vie, d'une étape de la montée, il a éparpillé sa volonté et au lieu de s'élever rapidement, de donner vigoureusement l'impulsion à un nouveau tour de spirale progressante, comme il a dépensé, amoin-
dri, dévoyé sa volonté dans son amour, généralement, il faut qu'il se concentre à nouveau, qu'il se resaisisse pour repartir.
Beaucoup ne repartent pas. Ils souffrent toute leur vie de leur stagnation impuissante.
Car ils ne peuvent plus aimer dans cet état, dans ce plan, qui a donné son fruit par l'amour sans trop souvent laisser après lui le terrain propice à une sève nouvelle.
Ne pas aimer semble une cruelle détresse pour lEtre Humain^ tant est puissante la loi du, progrès qui est en lui : C'est par V illusion d'amour quil voile son ignorance des lois de la vie. Il cherche, par d'autres, la lumière qu'il devrait savoir faire luire en lui-même. Et il se diminue sans cesse.
Car dans ce même plan, ce qu'il sentira ne pourra être que du déjà connu, vu, conçu et rendu. C'est la prison, c'est l'arrêt. Et si l'être est très actif, ce sont alors toutes les aventures occasionnées par les outrances, les impulsions des facultés qui sont habituées à vivre et qui ne veulent pas rester infructueuses. Elles grapillent partout, dans le plan trop connu, et en arrivent à ses déchets, qui sont de la vie cependant et qui conjoignent quand même. C'est l'enlizement et l'amoralité.
C'est pourquoi la souffrance, la douleur, après un grand amour terminé brusquement, qui n'est pas mort d'anémie ou d'indigestion, est un grand bien pour l'être qui n'a pas su choisir sa moitié réellement progressante et accomplir le grand œuvre du progrès, de la vie, de l'amour et de l'Harmonie avec elle ; car c'est de lui que repart, chez les natures fortes et trempées, de leur moi plein de sève supérieure, riche de vigueur parce que toujours économe d'amour et gardien d'équilibre, la montée vers un plan supérieur, vers un idéal plus élevé ; c'est elle, par son choc, qui le rend à lui-même, en rouvrant à la germination progressante les facultés qu'il avait arrêtées et sacrifiées à l'impulsion de tout ce qui lui reste d'inconscient. Heureux les travailleurs, ceux qui ont un but et le poursuivent, ceux qui se connaissent et connaissent : ils évitent ces misères qui les effleurent comme elles s'attaquent à tout ce qui est capable de vibrer et de conjoindre, mais ils sont victorieux d'elle par l'action adéquate aux aptitudes. Et le plaisir goûté dans l'extension des facultés cultivées, employées et réalisatrices, est un'préservatif qui joint à la morale ou loi d'ordre Humaine, les met à l'abri des déprimantes et décevantes sollicitations de ce qu'on pourrait croire de l'amour et qui n'en est que l'illusion.
VERS L amour! 133
L'amour doit toujours être une fécondation progressante. Sinon ce n'est pas l'amour.
La femme normale le sent si bien qu'elle n'aime d'amour que rilomme qui est supérieur à son état d'évolution soit physique, soit intellectuelle ou psychique et qui ne l'est quelquefois et même souvent que par un point.
Voilà pourquoi l'on dit encore que la femme est changeante. Si elle est impulsive, et dès qu'elle s'est assimilé ce point différenciel supérieur : c'est fini de son amour.
A tous les degrés de l'impulsivité il en est ainsi ; George Sand en fut la plus éclatante preuve malgré son génie.
Le mariage, comme il devrait être compris, est l'union de deux êtres humains conscients qui s'aiment, se complètent et savent vivre de façon à progresser ensemble, à se féconder physiquement, psychiquement et intellectuellement, à s'aider mutuellement dans la montée C'est la conception supérieure de la vie sociale, de la cellule sociale, de la base sociale de la morale.
C'est la fusion des deux extrêmes produisant leur rapport à toutes les étapes de la vie progressante.
C'est le couronnement de tous les règnes d'Etres planétaires produisant, par le couple //«mam complémentaire conscient, le radium^ humain, spirituel, psychique et fluidique.
Et tout ceci n'est ni plus difficile, ni plus ennuyeux à faire que de traîner une existence inconsciente, en cherchant à se leurrer et en se payant d'interprétation, d'illusions et de mots.
Il suffit de savoir ce que l'on a à faire; de vouloir l'accomplir pour le mieux et d'y travailler avec son cœur, son ingéniosité et son intelligence, de toutes ses forces, toujours.
Quant aux accidents : la mort, la maladie, qui brisent souvent l'existence la mieux orientée, ils ne prouvent pas qu'il ne faille avoir su et voulu faire de sa vie une œuvre rationnelle, saine, normale et évolutionnelle.
Car l'Être Humain qui souffre, non de ce qu'il aime, mais pour ce qu'il aime et qui est réellement humain et progressant, saura, malgré son malheur et sa peine, faire son devoir vis-à-vis de sa moitié souffrante et, le fera toujours envers lui-même, et envers ses responsabilités.
124 VERS LA vie!
S fit chanter tout l'amour avec une voix humaine et l'autre le fit pleu-
rer avec une voix poétique et amère où l'on peut retrouver toute y la décevance de l'interprétation. Le bandeau sur les yeux de
y l'amour fait mal à la vanité des êtres humains tout en la flattant ;
Musset l'a bien démontré ; tandis que George Sand, par sa légendaire aventure avec Pagello, nous laisse dans ses lettres la preuve de son bonheur d'interprétation, sa joie de mettre tout le monde au courant de ses aventures.
C'est bien fini : le grand amour qui aurait pu naître d'une grande époque ne fut pas encore par eux.
Et depuis > Depuis, nous voici revenus à un temps très primitif. L'Homme, fier de faire l'amour en tout temps, est le maître du terrain; et des expressions, qui sortent du terroir même, caractérisent assez bien son idéal d'amour. La marchande de sourires s'appela (( cocotte )) et maintenant (( poupoule » fleurit même sur le conjugal. Ceci peint une époque. Le coq chante.
La poule est passive à moins qu'elle ne se révolte. Oh! nous sommes loin du plan humain. Et l'amoralité est complète. Il est temps d'allumer la lanterne de Diogène, non pour chercher un homme et une femme, mais pour les éclairer sur eux-mêmes tous les deux.
Dès que l'Homme voudra savoir et non pas croire, et qu'il comprendra pourquoi il doit vivre d'après ce qui est, c'est dans l'action solidaire, dans l'union sincère et connaissante des énergies actionnant des raisons et des moyens différents, c'est dans la communion des équivalences morales-mentales reconnues et appréciées, de l'Homme et delà Femme, qu'il voudra chercher le bonheur d'aimer et la sécurité de ce bonheur.
Et voilà où la réalisation de l'amour en chaque être s'impose, pour que l'amour connaissant allant au-devant de l'amour, les êtres humains réalisés veuillent et sachent se reconnaître, pour l'union des énergies, des sensibilités, des facultés, des âmes, de l'intelligence, de la Pensée, de la tendresse, et qu'ils puissent réaliser consciemment, à deux, l'unité supérieure, le couple complémentaire, pour lequel le masculin et le féminin humains sont créés.
Car l'amour considéré en lui-même, à tous les degrés de l'évolution de l'être, étant sans cesse un effort, un désir, une aspiration de conjonction harmonieuse avec ce qui le complète et peut le féconder et être fécondé, se méprend sans cesse sur la réalité, la force et la valeur de ses attractions et de sa volonté. L'Etre Humain ne sait pas
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en œuvre de l'Etre humain, germe de l'Etre intégral, il ne s'en suit pas que l'institution ne renferme une part de la vérité, l'ordre et l'harmonie humaine. Il est non moins vrai qu'union ou mariage exige d'autres connaissances, d'autres enseignements, d'autres mentalités, une conscience, un idéal autres, que ceux qu'on nous a imposés jusqu'à ce jour, et qu'il n'est pas dans l'histoire d'exemple à chercher à ce sujet, pour continuer le progrès, sinon pour éviter de retomber dans les mêmes erreurs.
Encore faudrait-il pour ce travail ne pas confondre le progrès en marche, en lui-môme, avec ses déchets et ce qu'ils produisent.
Dans sa réalisation et son expression supérieures, l'Etre possédant la Liberté et l'amour dans la plénitude de vivre, ne cherche plus et ne trouverait guère de conjonction, s'il n'a pas rencontré dans sa jeunesse sa moitié progressante. Il agit alors de deux manières : ou bien il se complaît dans son harmonie et s'y absorbe en s'efforçant d'être bon et de répandre le bien et le beau, ou bien il se reverse sur ce qui l'entoure avec une activité sûre d'elle-même (c'est le cas des éléments supérieurs de la vie), et c'est alors qu'il sait, veut et peut y faire rayonner la vie elle-même, selon la vérité.
Plus nous irons, plus l'ère de Liberté, et la Liberté consciente, conquise, permettront à ces êtres de se produire, de se manifester, de s'exprimer; plus la Pensée, dans toute son amplitude, plus l'amour psychique et la conscience se reverseront sur le social et plus aussi la science leur iournira les moyens adéquats à l'œuvre de réalisation humaine, en même temps que les intelligences et les âmes, sachant ce que veut la Raison, s'y prêteront et les seconderont au lieu de les entraver.
L,\imoui- psychique^ qui procède plus spécialement du plan végé- l'amour tal et qui est porteur de la partie germinale et des tendances élevées psychique de l'être, en est donc la partie qualitative, morale. C'çst lui qui contient, par l'âme, la Pensée, l'élévation de la nature humaine ; il doit rester sa déterminante souveraine, sa volonté calorique ; il est l'agent et le principe de vie sur lequel se porteront, concurremment avec l'éducation mécanique et l'éducation minérale-corporelle, tous les soins de la première éducation. ^^
La première Communion et sa préparation intensive répondent p^^emiere à cette sollicitude et à cette connaissance de la nature humaine. communion
On comprendra ainsi facilement pourquoi l'Eglise catholique, de dix à douze ans, détermine l'Etre psychique à son profit. Elle sème dans la partie végétale de l'Etre, elle imprime dans la montée
progressante de sa spirale, les germes, les tendances spéciales qui se développeront tant bien que mal, mais qui le lui ramèneront, qui le guideront dans sa volonté, sa vie intérieure, selon son but à elle pendant toute sa vie. Elle lui en fait prêter le serment.
Le travail que fait l'Eglise est bien selon la vérité de la \'ie et du Progrès dans Tenfant ; seulement, au lieu de le diriger dans le sens humain, intellectuel, psychique et rationnel, créateur, comme il devrait l'être, c'est le côté mystique, c'est Texaltation de l'âme qu'elle sollicite pour l'au-delà et la conservation de son pouvoir temporel ecclésiastique.
Il n'en est pas moins nécessaire et incontestable qu'entre dix et treize ans, l'enfant doive être plus particulièrement habitué à la pensée, à la réflexion, à la connaissance des racines de sa langue maternelle et du sens profond, particulier des mots, des Etres et des choses. Il doit être soumis à une action de culture morale intensive qui trempera sa volonté humaine et la réalisera.
Je me permettrai, à ce propos, d'aftirmer qu'Edgar Quinet se laisse emporter par son désir aigu de liberté lorsqu'il traite légèrement de la première communion comme d'un acte sans importance. Elle est, dans son principe, l'entraînement de l'Etre moral, une préparation, une ouverture de l'Etre psychique qui font que lorsque l'àtre du foyer sexuel s'allume et met tout l'Etre en mouvement pour progression en sollicitant la ccrébralité, l'intelligence actionnée selon l'ordre et par toute l'ardeur vierge de l'être, y classe le savoir et commence l'action delà vie intérieure. Elle trouve dans les facultés affectives, pensantes et sensorielles de l'enfant, dans la mémoire de ses sens spirituels sollicités par l'attention et déterminés générateurs et récepteurs par l'Education, une nourriture adéquate qui alimente leur action réciproque, après prise de contact ; et la force motrice, trouvant le véritable emploi de sa puissance, participe à la montée progressante ; elle s'établit dans la cérébralité au lieu de s'arrêter à la sexualité.
La première communion morale et psychique de l'Etre avec son intelligence et avec l'extérieur, qui correspond au moment où l'action de l'intérieur sur l'extérieur se manifeste par la mise en œuvre du foyer sexuel, par l'emploi qu'il est obligé de faire de ce qui n'est pas lui, et qu'il ne doit ni gêner, ni faire souffrir, ni léser, lui donne connaissance de la responsabilité de ses actes. Sa préparation est un point capital de l'Education humaine, rationnelle, sur lequel on ne saurait trop insister.
VERS l'amo^ur! 137
Il faut qu'elle existe, préparée, consciente, chez l'enfant, dans lequel elle joue un rôle des plus importants pour son évolution morale-mentale.
La première communion psycho-spirituelle est bien, en effet, le travail que nous devons savoir faciliter et provoquer nous-mêmes dans l'adulte, mais au profit de rindividu, de l Humanité^ et pour la progression des deux.
Je ne voudrais pas qu'on pût penser qu'aucune critique sur ce que l'on fait pour le bien sortît de cette œuvre, mais l'éducation sexuelle, les notions sur la vie naturelle données à la fillette de treize à quinze ans ne doivent l'être que si l'Education générative ( i ) et l'Education humaine proprement dite ont résolu en elle l'Etre humain rationnel en possession de sa qualité humaine. On ne doit parler du sixième sens et des résultats physiques qu'il donne dans l'existence que si, par les cinq autres, l'adulte est en possession de son être moral. Ceci ne fera pas que la jeune fille sera une oie blanche à dix-huit ans. Mais enfant, elle aura été enfant, fillette, elle aura gardé sa tranquillité, et jeune fille, en possession de sa moralité^ des raisons de son amour et de sa vie supérieure d'Etre humain conscient.^ elle apprendra les lois de la vie et les préceptes.^ les connaissances qui lui permettront, après avoir su reconnaître et choisir son époux, de savoir donner la vie, de savoir la conserver, la faire progresser, lembèllir, la rendre rayonnante en elle et pour les autres, en ayant goûté entièrement la beauté de ses âges et de son évolution.
Ce qui est pour la jeune fille doit et peut être pour le jeune garçon.
Ah! que la sévérité qui est (( Savoir et Volonté » est une bonne servante de l'Educateur. Sévérité pour soi, sévérité pour le bien dans les autres ne veut pas dire austérité; je ne sais personne de plus franchement gai et indulgent que les gens sévères pour euxmêmes.
D'après les études que nous venons de faire, nous nous rendons compte que ce qu'on appelle (( Péché originel )) n'est pas autre chose que de ne pas savoir et vouloir réaliser le travail humain moral en l'Etre avant sa puberté, avant de le livrer à la vie de responsabilité et d'expansion.
Le jeune homme qui veut prendre possession de l'existence en s'instruisant, et qui, de lui-même en se connaissant, se réserve
(i) Voir Chap. Education Humaine,
avant de communier, par la femme, avec la nature et la vie fécondatrices, porte en lui la prescience de son devoir vis-à-vis de luimôme et de la société. Il comprend sa valeur humaine. L'inconvénient de cette conduite supérieure, à notre époque, à l'heure actuelle, réside en ce qu'elle n'est qu'intuitive; elle n'est pas dictée par le réel savoir. Il y entre plus de crainte de l'inconnu et de mépris, du sexe dit faible, par ignorance, préjugé, vanité, que de compréhension de la valeur respective et complémentaire des sexes et de l'importance de l'observance de la continence sexuelle. Il n'en peut être autrement tant que l'Etre humain n'est pas en possession, d'après sa mise en œuvre rationnelle, de la spécialité de la force qualitative de l'Humain moral caractéristique de sa race, de la connaissance du but de l'Humanité et des devoirs comme des bonheurs que sa valeur et sa dignité comportent.
Il est de la plus grande importance que cette conduite se généralise en toute connaissance.
L'Homme actif et réalisateur dans la vie sociale dit avec justesse : « l'Amour n'est pas tout ». Il a raison. Mais il est dans tout. Et c'est la qualité de son action, c'est l'intensité de la réalisation de la VMe qu'il assure, c'est la volonté qu'il détermine, qui sont toute la puissance d'une œuvre et d'un être et toute sa progression, comme cest la qualité de l amour dun être qui est toute la valeur de cet être.
Et généralement, ces hommes intelligents et de volonté raisonnable nient leur âme; ils méprisent l'amour psychique qu'ils ne connaissent pas. Ils exploitent le social, la superticialité un peu bébcte dont ils font bon marché. S'ils sont profonds, ils ne sont pas élevés. Ce sont souvent les altruitistes égoïstes.
Tandis que le jeune homme déterminé moralement et psychique— ment, comme la jeune fille, connaissant les qualités respectives des sexes, les devoirs qui s'imposent à l'Etre humain et le droit de ses pouvoirs, saura ce que valent pour lui, pour les enfants qu'il aura plus tard, cette chasteté, cette vie morale qu'il saura observer.
Elle sera sa force, sa santé, la source de sa continuelle vigueur intellectuelle et physique et, le jour où, sachant choisir et en possession de sa sensibilité, il reconnaîtra, comme il sera reconnu d'elle, la femme capable de réaliser avec lui l'œuvre de la Vie humaine, c'est en toute conscience, en toute sincérité et sain de corps, d'esprit et d'âme, qu'il pourra entreprendre avec elle ce travail réellement humain.
Et si la jeune fille, qui ne devrait s'unir que consciente du rôle
VEKS l'amour! 13g
de la Femme, de la mère et de tout ce qu'il com.porte de savoir, d'intelligence, d'affectivité, de pensée, de prévoyance supérieures, arrivait, à 22 ou 25 ans, dans les mêmes conditions d'éducation morale et spirituelle que l'Homme,, apte à savoir vivre, à pouvoir apprendre la vie, à la déterminer dans toute sa valeur chez ceux qui. naîtront d'elle, à remplir les rôles et les devoirs que l'état de mariage comporte en sachant discerner et choisir, il est bien certain que les unions, que l'amour qui les dicterait, n'auraient rien de comparable à ceux qui, libres ou légalisés, se nouent aujourd'hui.
On dit : (( Toutes les femmes ne sont pas épouses et mères, à quoi bon les élever dans ce but?)) Si toutes les femmes ne sont pas épouses et mères, toutes sont faites, si elles sont normales, pour être mères et si les femmes étaient conscientes, elles ne le seraient pas sans être épouses, pas plus qu'elles ne consentiraient ou se livreraient à l'amour sans savoir ce qui peut en être la conséquence.
Qu'elles soient mères dans Tunion libre ou dans le mariage, dès que l'amour physique entre dans la vie d'une femme, la maternité est toujours possible pour elle. Il est donc nécessaire qu'elle sache ce que comporte l'état féminin.
Puis l'on peut affirmer que l'épanouissement de la femme normale, consciente et bonne, dans la première maternité et la légitimité, est à la fois l'un des grands bonheurs de sa vie et. la révélation, la compréhension, le sentiment de toute la vie vécue.
Il est donc nécessaire, moralement et socialement,, que la femme soit toujours élevée en connaissant la destinée et le, rôle sexuels- de la Femme., quelle se destinsL ou non au mariage.
Elle arrangera sa vie comme elle voudra, comme elle pourra, comme elle saura; mais la femme célibataire doit être toute la Femme, le plus et le mieux possible, avec ou sans amour partagé; elle ne peut pas prévoir les rencontres de l'avenir;: la société a besoin de toutes les facultés de la femme connaissante et toujours socialement complémentaire de l'homme, comme l'homme doit être tout l'Homme, en sachant apprécier le rôle du sexe fiéminindans ce qui le différencie du sien, et le compléter dans la vie sociale.
Les sexes sont ce qu'ils sont. Ils sont nobles et dignes tous les deux. 11 ne faut donc pas- que l'être humain se résigne à son sort sexuel : il est impérieusement nécessaire quil sache non seidement employer ce qu'il doit supporter.^ ce qui sera déjà un grand progrès, mais
force (cette fois sous sa forme la plus redoutable parce que créatrice et ingénieuse : l'esprit), qui prime le droit.
Quelle erreur ! Quel cran d'arrêt ! Il faut à l'esprit pour créer, poun faire de la vie, l'âme, féconde et progressante ; sans elle, il est comme un homme sans femme, il ne peut pas procréer l'Etre humain.
Et nous voici dans un temps où la lutte entre la force et la qualité, le droit, ne se circonscrit plus aux idées, aux religions, aux philosophies, aux lois civiles, aux questions politiques, la voici plus pressante et plus agissante : elle est en l'Etre humain lui-même, en l'Homme, en la Femme, volontaires de vivre, de jouir de la Vie, de la sentir libre en eux et autour d'eux, pour eux, mais qui n'en savent pas le pouvoir et qui ne sont pas armés pour placer cette lutte, cette dépense d'action et de vie sur le seul terrain qui lui convienne : celui de la réalisation d'eux-mêmes, sans interprétation, selon la Loi de Progrès, d'après la Vie qu'eux seuls peuvent traduire.
Et l'on se demande si l'Homme est libre !
Certes, il l'est, comme il est responsable! Sans quoi tous les désordres moraux, psychiques, sensoriels et intellectuels ne se produiraient pas comme ils le font ! Mais il ne portera en lui la liberté et la notion de ses responsabilités, il ne saura rendre possible l'exercice de la liberté et de la responsabilité, que lorsqu'il possédera la Science de la Liberté, de la Vie et de l'Humain, et qu'il l'appliquera à sa réalisation, à sa vie intime, privée, sociale ; lorsqu'elle sera la vie consciente de tout ce qui émanera de lui; lorsqu'elle sera basée sur la connaissance et le choix, par l'Education qui y correspond.