CONNAITRE POUR CHOISIR
Si condamner et comprimer furent la Loi du passé, choisir est la loi du Progrès, de la Liberté et de l'épanouissement de l'être.
Le (( Qui choisit prend pis )) de nos devanciers, esclaves et annihilés, semble désoî'mais sortir de mentalités résignées à un état d'esclavage où le peuple attendait tout du hasard, n'ayant ni le droit, ni les facultés de savoir pour vouloir, de savoir vouloir pour pouvoir, vis-à-vis des autres et vis-à-vis de soi-même.
Choisir ne peut avoir de sens qu'abrité et guidé par la Liberté, mais par la Liberté consciente.
En effet, Choisir est un acte de discernement et de volonté qui
fixe la préférence sur un état, sur une personne ou sur une chose ; c'est la détermination volontaire au bien ou au mal.
Choisir n'est donc rien moins que l'acte d'où dépend, pour les grandes déterminations, toute l'orientation de la vie, et qui fixe, pour les petites, la qualité, la physionomie et le bon emploi de notre existence.
Dans l'ignorance et l'esclavage, l'acte de choisir ne pouvait guère avoir de résultat profitable ; il n'avait de signffîcation que pour ceux qui détenaient les apparences de possibilité d'en jouir.
Car ne regrettons rien. Si nous apprécions l'Histoire comme elle fut réellement, il n'exista pour ainsi dire pas d'êtres libres avant Tère de liberté, pas plus chez les privilégiés que chez les déshérités.
Ceux-ci stagnaient dans le marasme ignorant et miséreux, dans le servage; ceux-là s'agitaient dans la servilité; les mieux favorisés se débattaient dans l'ignorance de ce qui est et d'eux-mêmes ; c'est pourquoi tous les esprits pénétrants et les âmes hautes poussèrent en même temps et de tous les côtés à la fois, le grand cri de délivrance de la Raison triomphante.
L'Homme libre, la Femme libre, ces deux grandeurs de dignité et de noblesse humaine, dont nous voulons l'éclosion et la vie féconde, sont mus de nos jours par un ressort puissant : la nécessité de vivre dignement en faisant leur place au soleil dans le plus complet épanouissement de leurs facultés.
Choisir en résume l'action intelligente et pratique. Celle-ci exige trois acquisitions personnelles : savoir discerner, savoir vouloir et pouvoir vouloir ; toutes les trois constitutives de la vraie liberté et de la réelle puissance humaine dans toutes les conditions de la vie.
La première, savoir discerner, se compose d'une force et d'une qualité acquises et conjointes : savoir et discerner.
Or, l'animal, en naissant, sait tout ce qu'il doit savoir, mais THomme doit tout apprendre; il vient au monde avec une plus ou moins épaisse enveloppe matérielle à soulever pour voir, entendre, sentir et comprendre.
Au cours de l'existence, même en s'y appliquant, il s'instruit plus ou moins, mais tant qu'il ne se développera pas selon la Vérité, il restera plus ou moins ignorant de lui-même.
Il est en permanence trois sortes d'ignorance : ne rien savoir ; savoir mal ce qu'on sait; et savoir autre chose que ce qu'on doit savoir.
C'est la première catégorie, celle du Rien savoir, qui est la plus