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LA VÉRITÉ, C'EST LA VIE

« Quelle affaire que la vie ! » s'écriait devant ce grand problème la géniale imaginative que fut George Sand.

Depuis l'époque dont une telle exclamation peint assez la confuse inquiétude, la Femme, en cherchant sincèrement et pour tous l'affranchissement de l'esclavage matériel, intellectuel et légal, en s'affirmant, en s'étudiant, en voulant vivre, a trouvé la base de sa réelle progression : elle aspire et veut, selon ce qu'elle doit et peut être.

Vers la Vie ! crie-t-elle à l'humanité, à l'homme qui doit l'aider dans la tâche supérieure, dans le travail humain par excellence qu'est la conquête de la Vie pour tous. Et sentant en elle vibrer Tharmonie de l'existence possible et nouvelle qu'elle prépare, elle ajoute avec une confiance, courageuse : (( Vers Vamour ! qui doit être la récompense )).

Pour elle, la Vie ne peut pas n'être qu'une affaire, c'est-à-dire un moyen spéculatif plus ou moins chanceux entre deux inconnus. La Vie, c'est à la fois la raison, le moyen certain et le devenir. La Vie, c'est toute la Vérité.

Faite pour la transmettre en portant et en mettant au monde ses éléments supérieurs et vivants, la Femme, lien de tous les êtres humains, hommes et femmes, qui naissent d'elle, sait et sent ce que vaut la Vie. Comme elle la donne, elle doit savoir la conserver, et participer à son organisation pour la faire rayonner individuellement e( socialement^

Et comme c'est à l'homme et à la femme, âmes, esprits, corps complémentaires, de chercher à découvrir ce qu'est la Vérité, la Vie, et d*eii faire la science des sciences, c'est dans l'ère de Liberté, de choix, de connaissance, de solidarité et de justice qui commence, que la plus importante de toutes les sciences, celle de la Vie, est appelée en s'édifîant sur la science de Tlndividu, sur Tétude sincère des lois de la nature qui le régissent, corps et âme, ainsi que la Planète qu'il habite, à faire resplendir enfin la Vie elle-même.

Car l'Homme et la Femme, après avoir codifié « la science parexcellence », et y avoir apporté chacun la part de Vérité éternelle qu'ils détiennent, selon leurs moyens sexuels différents et leurs forces qualitatives particulières pour arriver au même but, répandront et observeront les préceptes des lois de la Vie qui sont celles du Progrès, de la Liberté et de l'Amour.

De cette science, conduisant progressivement par la liberté et l'amour conquis, vers la volonté supérieure réglée par la conscience, l'art de la Vie saura vite resplendir. Loin d'être une affaire, la Vie sera alors la science et l'art eux-mêmes, seuls producteurs de la réelle Beauté, de la Bonté, du Bien-Etre et de l'Harmonie, dans la généralité des humains moraux et normaux. Il importe d'insister sur l'être normal ; car ce ne sont pas les outranciers, les arrivistes têtus et volontaires, ni les infirmes qui doivent mener le monde ; ils ne sont pas dans l'ordre; ce sont les individus sains et équilibrés, qui possèdent et peuvent acquérir le savoir de ce que doit être l'Etre Humain dans toute sa dignité, et dont l'Intelligence et la Pensée dirigent la volonté, et l'emploient. Vers la Vie! cette aspiration légitime de la Femme qui s'éveille à la lumière et à la Vérité, et qui, par la conscience vivante en chaque individu, veut faire régner la justice, ne doit-elle pas être la devise de la Jeunesse, de tous les individus normaux, nés dans un pays propice à son avènement, dans unenation qui veut rester à l'avant-garde de l'Humanité, pour faire triompher l'équité et le vrai, en basant son action sur la Loi de Progrès, connue et observée >

Vers la Vie! voilà ce qui doit être le désir de conquête et l'encouragement au travail des générations nouvelles, connaissant le but supérieur de l'Humanité et le rôle que notre pays remplit dans sa poursuite* Voilà l'idéal réalisable qu'il faut atteindre au plus tôt. Il exige l'emploi et l'ardeur des facultés conscientes de tous. Nous n'aurons jamais trop de savoir, de persévérance, de solidarité et d'union, nous ne saurons jamais trop être et rester les maîtres et les

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