‹ Éducation humaine, école de la penséeChapitre 5 sur 34 · LA VÉRITÉ^ C PST I-.A VIE ! J · texte numérisé non relu

LA VÉRITÉ^ C PST I-.A VIE ! J

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directeurs de nous-m^mes, pour réaliser, ^près l'avoir réaolu, le seul problème intéressant, parce qu'il les contient et les résume tous : la Vie I

Nous avons reconnu, dans l'exposé de l'Education Humaine (i) que les causes de l'agitation, de la confusion, du malaise de notre époque, proviennent à la fois de la gestation laborieuse et difficile d'une nouvelle Humanité devant sortir de notre jeunesse régénérée, et de l'ignorance de nous-mêmes où nous stagnons pour accomplir l'œuvre de la Rénovation Humaine. Nous sommes restés persuadés que l'Humanité n'a pas encore vécu malgré les siècles quelle a la certitude d'avoir existé, et quelle ne pourra vivre tant quelle ignorera la vérité des lois immuables qui la régissent, tant quelle n^ saura pas conformer ses actes à ce qui est et non à ce quelle croit être.

Nous avons compris que si l'Humanité n'a pas su, n'a pas pu mettre au jour la Vérité des lois de la vie dans la nature, en faire de la lumière et le régulateur de la vie pour tous, d'une part, c'est qu'elle ne veut pas, renoncer aux prérogatives assurées à quelquesuns par l'entretien de Terreur, de l'autre, qu'elle aime mieux rester prisonnière de la cécité et de la surdité de. la matière vivante, que de se rendre à l'évidence de ces affirmations décevantes, gênantes pour sa vanité : UEtre Humain naît sans rien savoir de lui, tandi$ que l'animal sait tout ce quil doit savoir pour V existence; exister nest pas vivre ; et pour arriver à exister normalement comme pour sa'ooir et pouvoir vivre^ il faut^ après avoir compris la nécessité et les moyené rationnels de V Education Humaine, travailler sans relâche à la réalisa^ tion, au triomphe de l' Humain^moral^conscient qui est la carac* téristique de notre Race*

Ce travail si important, si fécond, si décisif, ne produira sa valeur complète que lorsque l'être humain l'accomplira avec continuité, persuadé qu'aucun labeur ne sera profitable ni progressant, ne résolvra le problème de la vie, tant qu'il ne sera pas conforme stric'tement, dans ses raisons, ses moyens et son but, à la vérité de ce qui est sans nous.

(!) L'Education Humatne 1902, à l'Union de Pensée féîniniûfi.

La Rénovation Humaine et sociale qui commence, par suite de la mise en présence, par la Loi de progrès, des deux principes de la vie et de leur régulateur, ne s'opérera que par cette vérité observée, sinon elle ne sera encore qu'un avortement ou un cran d'arrêt.

Ce sont nos générations qui se trouvent chargées d'en assurer les bases. La tâche qui nous incombe est des plus graves. Le savoir, la prévoyance, tous les pouvoirs de la vie dans l'intelligence, doivent présider à nos actes, à nos réformes, à nos institutions, à nos lois. Nous serions à jamais criminels envers la postérité, coupables envers nos semblables si, comprenant les responsabilités qui nous échoient, nous manquions, par précipitation, à l'œuvre de vie dont nous devons déterminer les bases dans Tlndividu où elles sont déposées par la vie naturellement.

Il faut que nous le sachions tous : La vérité^ c'est la vie ; mais pour que la vérité soit réellement et effectivement la vie, il faut qu'elle devienne la loi d'ordre et d'harmonie en l'Etre Humain luimême : qu'elle soit son moteur, sa force évolutionnelle, sa floraison morale, sa puissance génératrice féconde ; que le foyer de vie produise sa lumière, et que sa chaleur sache faire éclore ses fleurs et mûrir ses fruits.

La vie, voilà la clef du grand problème Humain. L'application de sa loi en est la solution et le bonheur en sera la preuve. Elle est la récompense du travail.

Pour travailler efficacement, cherchons à savoir ce qu'elle est; appliquons-nous à connaître le pourquoi et surtout le comment de ses manifestations. Ne possédons pas seulement la curiosité ardente et persévérante au vrai immuable et progressif qu'elle nous représente; sachons ce qu'elle est en nous, les moyens qu'elle s'y est créés, ce qu'elle exige de nos efforts, de notre intelligence, de nos facultés, de notre raison, et ce que nous pouvons devenir avec son aide, en nous conformant à ce qu'elle veut de nous.

Troublant comme l'Infini, le point d'interrogation se dresse devant notre intelligence : Qu est-ce que la vie ?

Y répondre est bien téméraire. Chercher à le faire en toute sincérité et simplicité est notre strict devoir.

Tout ce que l'Etre humain précisa et dénomma en l'enfermant dans un mot qui le représente à sa pensée et lui sert de moyen d'échange, de communication, de correspondance avec ses semblables, est limité dans l'usage par l'intelligence, le pouvoir, le savoir de celui qui l'emploie.

LA VÉRITÉ, c'est LA VIE! 5

En lui-même, sans limite ni interprétation, le mot, le verbe, porte la vérité qui vit. Lorsqu'il traverse le temps sans changer de signification pour les individus, on peut conclure qu'il répond, dans ce qu'ils sont, à ce qu'il est, malgré la marche évolutionnelle du Pro^ grès; qu'il satisfait à la moyenne des compréhensions, à moins qu'il ne les intrigue sans les renseigner. Il est cependant venu de quelque part. Il est sorti de l'Intelligence, de la Pensée et de la Raison travaillant dans l'union intime, sentant, voyant, entendant, conjugant, selon l'ordre et la vérité de ce qui est. Il veut dire ce qu'il représente.

La Vie est le modèle de ce fait.

Signifiant : formation évolutionnelle perpétuelle de ce qui se manifeste par les deux principes générateurs universels, le masculin et le féminin, il renferme et représente les principes agissants dans tout ce qui existe, l'actif et le passif producteurs de la vibration, selon l'Ordre et leur régulateur, la Raison ; il s'étend à leurs expressions vibratoires: mouvement, lumière, chaleur, sensibilité, couleur, son, parfum, saveur; qualité de substance, de matière; fluidité, opacité, dureté, etc., selon les forces et les qualités qui les actionnent et les constituent; selon ce qu'ils déterminent dans l'action de vivre pour s'exprimer, se conserver, se reproduire et progresser.

On ne peut, en conséquence, concevoir la vie, l'observer, sans un centre dévie, sans l'Etre, qui l'exprime et la synthétise à nos sens.

L'Etre ou vibrateur est un élément de vie, porteur des deux prin- l'être cipes et du régulateur dans un organisme de facultés, correspondant à l'expression qu'il doit en manifester, d'après son rôle dans la Loi de Progrès, selon le plan de vie auquel il appartient et la limite de ce plan d'existence.

La caractéristique des lois de 1 univers, des mondes que nous pouvons observer, se résume dans l'Ordre; elles présentent, dans l'ensemble, l'Harmonie de mouvement d'une mécanique parfaitement réglée, dans laquelle chaque astre ou être accomplit librement son évolution selon sa Raison et la loi générale.

Les deux principes générateurs universels, le masculin et le féminin, entièrement séparés l'un de l'autre et dans un perpétuel effort de conjonction, sont l'élément moléculaire qui forme la substance terrestre et la caractérise, (i)

L'on peut en déduire, sinon en conclure, que la loi de Progrès ou de la Vie, notion intelligente, collective et agissante de tout ce qui

(i) Lire La Science Universelle^ par A. de Faugère.

69t, afin de s'exprimer dons toutes ses forces et qualités et d'arriver à la rayonuauce peflsante, consciente et spirituelle, dans l'unité rôaliôéede ses deux principes, réside dans l'Etre, porteur des deux principes de la vie, entièrement séparés l'un de l'autre, en lui comme dans la nature ♦, leur perpétuel effort de conjonction, par le contact, y produit leur rapport ou vibration, puis progressivement y détermine leur amour exprimant, pour son évolution, sa production et sa conjonction intime, et extérieure, avec ce qui le complète danâ la nature.

La vie n'agit et ne peut agir ainsi que dans un corps, organisme physique, destiné â la conservation, à la reproduction et à la progression de l'Etre, pour la continuité de la manifestation et de la progression de la Vie qualitative, indispensable â la manifestation, à l'expression et au travail de la Vie intelligente, réalisant ainsi l'œuvre de la continuité de la Vie progressante.

La vie que nous percevons Comme vibration est donc la résultante de l'effort de conjonction des deux principes de la vie, porteurs d'une force et d'une qualité cherchant â s'unir et à progresser dans un corps et par lui. C'est la condition de la molécule terrestre^ qui fait que les organismes ou corps sont sexués et sollicités au rapprochement des sexes complémentaires pour perpétuer les expressions de la vie.

Bien que porteurs des deux principes de vie, masculin et féminin, sans le contact et la conjonction desquels la vie ne se produit pas en ce qui existe, l'être possède une prépondérance soit du masculin, soit du féminin, dont son organisme physique témoigne par la valeur et la particularité àHb ses moyens correspondants de reproduction : l'organe générateur.

La recherche de la moitié sexuelle qui le complète dans la nature, l'action complémentaire, l'union ou amoUr qu'il exerce avec l'être sexué différemment, mais de race et d'espèce semblables aux siennes, sont à la fois le moyen de fécondation et de reproduction physique de l'être et le moyen de progression psychique de chaque individu sexué. L'apport qualitatif de cette progression se répand dans le social, qui se modifie ainsi insensiblement et influence qualitativement tous les êtres de même qualité psychique.

La vie que nous percevons comme mouvement est en même temps le perpétuel effort de toutes les parties du Tout manifesté, tendant par le jeu intérieur des deux principes de vie vers la possibilité de vivre, c'est-à-dire vers la Liberté de devenir par la Loi de Progrès, ^ç connaître et d'exercer la plénitude d'être^ selon la Loi d'Ordre et

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d'Harmonie supérieure de la vie, et la recherche mutuelle et volontaire, consciente ou inconsciente, des deux principes, le féminin et le masculin, par les êtres sexués dont la fécondation réciproque est indispensable à la continuité, à la progression de chaque être, concourant à la continuité, à la progression de la notion intelligente de la vie et à la possibilité de son action supérieure.

Ce qui constitue la vie universelle, c'est l'ensemble de toutes les vies manifestées, comme l'absolu est l'ensemble de tous les relatifs et l'Infini l'ensemble de tous les finis.

De ce que les manifestations de la vie dans la nature forment l'espace et le limitent, on peut la considérer comme un courant sans commencement ni fin, qu'il faut étudier dans sa manifestation continue : l'Etre.

D'où peut venir et où peut se constituer l'Etre, porteur des deux principes de vie et sexué r

Du sexe même et dans le loyer collectif où les deux principes de la vie conjugant, en possession de tous les pouvoirs conquis de la vie, produisent, dans la plénitude d'être, leur fécondation naturelle, selon la force et la qualité particulières qui les distinguent, comme le font les autres êtres moins évolués et comme nous le faisons nousmêmes.

Quelles que soient la force et la qualité du foyer d'où émane l'Etre dans sa vie progressante planétaire terrestre, les lois de la vie sont les mêmes pour tous les êtres qui y sont manifestés. Il sait, il peut, il veut plus ou moins progresser en lui-même, mais l'existence n'en est pas moins pour lui un ensemble d'action et de réaction constante de sa vie qualitative avec son milieu pour intensifier et parfaire l'exercice de tous ses pouvoirs.

C'est un effort d'équilibre et de progression, selon ses raisons, ses moyens et son but ou Idéal, selon sa force, et sa qualité de substance, selon la limite que lui impose le plan de vie auquel il appartient et dont il doit traduire et exprimer la plénitude de qualité dès qu'il sort de l'état d'inconscience, dés qu'il devient réellement humain. Il peut en goûter consciemment alors la valeur et la spécialité; mais il faut qu'il en réalise les possibilités dans la vie sociale après les avoir réalisées en lui-même.

L'étude de l'être repose en conséquence sur l'étude et la démonstration de la formation d'une nébuleuse, d'un astre, d'un monde; et sur l'étude des êtres qui constituent ce monde et qui mènent, par lui et sur lui, leur vie individuelle et sociale progressante.

Çellçs-ci sont en rapport direct avec l'état de progression dç l'astrç

qui profite lui-même de l'action et de la réaction de Texistence physique et de la progression psychique des êtres qui évoluent sur lui. Chaque état évolutionnel de la Planète y permet V existence d'êtres adéquats qui y vivent selon des moyens^ des raisons et des qualités différentes de ceux qui les devancèrent, dont ils participent ^ avec lesquels ils existent concuremment, et dont ils s aident dans V œuvre de la conservation et de la progression : le supérieur servant de critérium à V inférieur et aspirant lui-même à la progression.

Trois règnes d'êtres se formèrent et s'établirent ainsi sur la planète Terre depuis sa formation au cours de son évolution : le minéral, le végétal et l'animal. Nous n'en connaissons plus que ceux qui correspondent à l'état évolutionnel actuel ou qui sont encore nécessaires au Progrès; jusqu'à ce que la Planète fut arrivée à un degré évolutionnel possible pour la vie de l'Etre Humain.

Participant des règnes qui l'avaient précédé, et soumis aux mêmes lois physiologiques qu'eux; porteur des deux principes delà vie, de la loi d'Ordre et d'Harmonie générale et de sa raison particulière; obligé de se compléter dans la nature et dans le social pour exister ; par un être de sexe différent pour se reproduire et progresser physiquement, psychiquement et intellectuellement, il se différenciait des autres êtres en ce qu'il possédait des moyens d'action et d'expression différents, et, inconsciemment, l'intelligence des pouvoirs de la vie, avec les facultés psychiques, capables par leur accord avec eux, de rendre leur exercice fécond pour la réalisation de la valeur Humaine-morale-consciente, dans l'Individu, et de la vie correspondante, dans le social.

La loi de progrès veut que tout ce qui est être se manifeste ; que tout ce qui. est progressant ne se manifeste que dans un milieu inférieur qualitativement à lui; mais que ce milieu lui permette par les moyens évolutionels qu'il porte en lui et qui contiennent ceux des êtres appartenant aux plans, aux modes de vie précédents, d'évoluer individuellement, complémentairement et socialement dans la nature, et d'atteindre son complet développement psychique dans le travail et la conquête du milieu où, lorsqu'il est à l'état de conscience réalisable, il doit se conquérir lui-même.

C'est ainsi que l'Être Flumain, porteur de ses moyens particuliers d'évolution et de progrès, possède les moyens mécaniques et qualitatifs correspondants à ceux de la planète, et les moyens évolutionnels et reproductifs des trois règnes d'êtres qui l'y ont précédé, pour parfaire et exprimer, s'il veut y travailler, la valeur de sa race, sa

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force qualitative personnelle et conquérir l'état correspondant, synonyme de Justice et de Vérité.

La définition de la vie qui est une^ paraît ainsi pouvoir différer selon l'être, selon la puissance et la force qualitative qu'il manifeste ou qu'il peut et doit manifester ; tandis que chaque être, centre de vie différenciée, qui agit dans la limite d'un plan particulier et se manifeste dans le social selon sa force, sa qualité, selon la résis' tance et le concours plus ou moins hostile du milieu où il évolue, appartient, bien qu'il existe dans l'ambiance générale, à un plan de vie spécial, qui n'est qu'une étape dans l'expression de la Vie progressante, laquelle se manifeste sans cesse, selon l'ordre et la loi, pour arriver, par l'exercice évolutionnel de ses pouvoirs dans l'Harmonie des facultés exprimantes et conjugantes, à la puissance suprême, à l'unité de vie pléniôre, fécondatrice de nouveaux êtres, de la vie elle-même.

Et l'observant, toujours créatrice, agissante, connaissante et pen- la vie santé, dans l'Etre, quel qu'il soit, qui est son moyen, son élément d'expression; en admirant son œuvre, depuis l'infiniment petit, jusqu'à l'être le plus élevé sur l'échelle évolutionnelle des êtres de notre planète : l'Homme, la Femme, on peut concevoir que la vie est en tous la même : le fluide cosmique^ moteur essentiel, porteur de la notion et de V essence intellectuelle collective de tout ce qui est Elle est la Raison, le moyen et le but de tout ce qui fut^ est et sera ; et ce toutf différencié par étapes progressantes, y correspond à des centres de vie^ des foyers d'êtres capables de se manij ester selon la force et la qualité quils renferment^ auxquels elle mesure la connaissance et les moyens^ selon ce quils ont à manifester^ l'Etre humain étant seul libre et responsable et limité par lui-même; dans le plan physique et naturel, les autres êtres n'existent que pour la servir elle-même en évoluant automatiquement, instinctivement et impulsivement tant qu'ils demeurent dans l'inconscience involontaire ou voulue ou dans l'ignorance de ce qu'ils sont. Mais ils peuvent vivre, se réaliser entièrement vivants selon ce qu'elle est en eux, dès qu'ils le comprennent, s'ils veulent s'unir à elle et s'ils y travaillent en toute sincérité : telle la race Humaine. Sollicitant l'échange des fluides magnétiques, électriques et psychiques de tous les êtres visibles et invisibles qu'elle suscite dans l'Univers, selon la Loi d'Ordre et d'Harmonie qu'elle porte en elle, la vie est le moteur, le mouvement perpétuel, le progrès lui-même, pour lequel les forces combinées et leurs substances s'associent, s'équilibrent et se correspondent dans l'œuvre

la VBR8 LA VIE I

de la manifestation des êtres, nécessaire à Tœuvre de la vie.

Seul, sur la terre, l'Etre humain est capable de s'unir consciemment au travail de la vie dont il est Télôment supérieur d'expression. 11 doit, s'il sait, s'il veut, la faire rayonner en conquérant et en établissant le plan social humain-moral-conscient qui corresponde à sa force qualitative et dans lequel il n'ait plus de limite pour l'intelligence que la plus ou moins grande capacité de l'âme, le développement de ses facultés psychiques, la réalisation de sa Pensée, afin que l'Intelligence et l'Amour conscient de l'Etre puissent conjuguer et exprimer la Vie selon la Raison et la Vérité.

La Vie doit donc être, dans un être humain, le résultat de la liberté de son intelligence et de la liberté de ses facultés psychiques^ réalisées rationnellement, par l'emploi des modes progressifs et l'expression générative des êtres qui Font précédé sur la planète, aidant ses moyens personnels, conjugant et se fécondant pour progression et reproduction.

Si, jusqu'à ce jour, l'Etre humain n'a pas su se rendre tout entier vivant, malgré les incessants et concluants progrès de la vie (i) c'est qu'il ne sait pas la valeur des moyens qu'il possède et qu'il est resté tributaire de lui-même et des habiles, dans l'embarras des influences dont il ne sait pas se rendre maître.

Il est une vérité incontestable, c'est que la force de la résistance fait toute la valeur de l'être organisé. Les puissances, les forces intangibles qui l'entourent, ont pour but de se constituer une résistance personnelle, de je servir dans la nature de ce qui peut les manifester ; elles n'ont qu'un mobile : prendre un domicile où elles le trouvent. Plus l'être sera cuirassé contre elles, moins il leur sera assujetti. S'il ne se tient pas sur ses gardes, par le savoir et la prévoyance, par l'hygiène et l'équilibre de son état général, par le bon état de son organisme, il est évident qu'il devient une proie facile pour tout ce qui l'entoure occultement.

La force de volonté consciente d'être et la connaissance des moyens de résistance, voilà le secret de la puissance qualitative, de la longévité, de l'équilibre des êtres humains normaux et sains. Ils passent à travers l'existence ; ils empêchent les forces inférieures de se servir d'eux ; ils opposent leur force et leur savoir à ce qui est nuisible à leur progression.

(l) Voir Loi df Progrès,

LA VÉRttÉ, C'EST LA VIe! !I

La ëupériorité de l'Etre humain en dam êa volonté conschnte de

VlVftÊ.

Malheureusement, rHumanité gaspillé eu luttes stériles, puériles et cruelles, contre elle-itiôme, le tnellleur de son énergie \ tandis que les individus devraient se liguer, avant tout, pour établir les moyens indispensables à la conservation, à la progression de chacun, à la conquête de la vie pour tous, 6t se mettre en garde ensemble contre ce qui leur nuit et les infériorise.

Malgré l'humanité, lentement, cette œuvre s'accomplit. Il faut donc que la loi de progrés Soit bien celle de la vie, puisqu'elle marche quand môme, entraînant les peuples et les sociétés vers la Lumière, et qu'elle donne des résiiltats, indéniables pour qui sait voir, au milieu d'inconscients qui ne la connaissent pas, qui l'entravent, mais dont elle se sert sans pitié.

Quand voudront-ils ne plus en souffrir?

La Vérité pour l'être humain, est donc bien la vie ; et son bonheur est indéniablement renfermé dans la science de la vie elle-même. Toute la force de l'humanité est dans l'emploi qu'elle en sait faire, dans sa conjonction consciente avec tout ce qui est.

Car la vie est Tunique moyen d'être et de réaliser la volonté transcendante et intelligente.

Tant qu'on ne saura pas la loi de la vie, on ne connaîtra pas la Vérité dans sa simplicité grandiose* On sera toujours surpris et pris par la nature formative et agissante, par les lois impitoyables de la vie même dans la nature, par leur impersonnalité aveugle et sourde et pourtant sensible, toujours trop conjoncti*^e si elle ne devient pas destructive, quand on s'oppose brutalement à la conjonction.

Mais, merveilleuses indicatrices, quand on les a pénétrées et qu'elles sont sues, connues, respectées et appliquées, ces lois sont les seules révélatrices de ce qui est.

Aussi la science de la vie doit elle, avant toute autre science, être enseignée à l'Etre Humain et former la base et le but de son éducation.

Comme action personnelle^ la vie est^ pour chacun^ le temps pen^ dant lequel l'Etre doit savoir manifester la force et la qualité particu-^ Hères quil possède^ en se conservant, en progressant, en se reproduisant, non pas seulement physiquement, mais psychiquement et intellectuellement.

Vivrey cest arriver à faire rayonner toutes les puissances de son vivr^ être^ aprè^ H développement rationnel des facultés^ selon la }oi (jç

Progrès et les raisons, les moyens particuliers que l'on porte en soi. C'est donc progresser en soi^ dans le but de s'épanouir, de s'exprimer, de se répandre, en apportant à l'acquis de l'Humanité la part de force et de qualité que l'on possède, de façon à contribuer à la réalisation de l'Œuvre de la Vie, en tous et pour tous.

Avoir vécu cest avoir sm, pu et voulu réaliser rationnellement^ par raccord conscient de V Intelligence et de V Amour ^ la part qualitative de vérité absolue que Von possède^ et la déverser dans le relatif oii l'on a puisé les moyens de vivre.

Quand ce travail s'opère de notre temps dans un individu, c'est un hasard bien plus qu'une œuvre de volonté ; tandis qu'il pourrait être la réalité de la Vie pour une grande quantité d'êtres normaux et sains, qui, sans lui, gaspillent l'existence, en souffrant et en faisant souffrir les autres.

Est-il rien de plus encourageant et de plus consolant que cette certitude : si l'on veut, si l'on a su nous éduquer selon les lois de la vie, serait-on l'être le plus disgracié de la nature, du seul fait que l'on voit, que l'on entend, que l'on sent consciemment, et que Ton possède des mains auxquelles on a donné l'habitude de l'exercice et de l'habileté travailleuse, par l'Education Humaine, l'on peut arriver à vivre tout entier, à s'exprimer, à sortir de soi en utilité, en Beauté, en Bonté, ce qui y est déposé, en force et en qualité spéciales r Il faut vouloir y réussir, si infime que soit l'apport, pour soi comme pour les autres. Tout le secret du bonheur individuel et social : la joie de l'activité et du travail féconds, est enfermé là. C'est ainsi que la Vie vaut toujours la p$ine d'être vécue, même pour ceux qui ont à se plaindre d'elle physiquement.

Pour les autres empêchements de progresser, ils viennent de nous-mêmes.

L'on dit : (( Il y aura toujours sur la terre des faibles et des forts, des pauvres et des riches, des ignorants et des savants. »

Voici justement ce que nous ne devons plus endurer; c'est là ce qu'il faut nous appliquer à éviter : la faiblesse^ ïignorance et la pauvreté. Ce n'est pas la Vie qui les a faites. Car ce n'est pas la Vie qui est mauvaise, pour l'Humanité qu'elle a comblée de tous ses pouvoirs, du don de tout ce qui est ; c'est ce que les hommes en ont fait qui est défectueux, parce ce qu'ils ne veulent pas et ne savent pas la rendre franchement Humaine,

Nous voici dans une époque d'action à outrance.

(( Effort, Vie Intense, Energie, Volonté, triomphe de la Bonté sur

LA VÉRITÉ, c'est LA VIEÎ I3

le mal et sur la vie méchante, triomphe de la Joie », sont des mots qui circulent et qu'on se renvoie, en espérant que ce qu'ils veulent dire sortira de leur lancement.

Mais tant que la Liberté ne sera pas l'œuvre d'Hommes libres en eux-mêmes ; tant que le Bien-Etre ne sera pas le Savoir-Etre et la • science de la Vie selon le But de Vérité et de Justice ; tant que l'Amour conscient ne répandra pas la Beauté et la Bonté pour tous les enfants de notre pays, leplusapteàréaliser la Viepar la Liberté, le Bien-être et l'Amour conscient, et d'en enseigner la science à l'Humanité, la guerre morale et intellectuelle, plus redoutable, plus pernicieuse, plus ruineuse que toutes les guerres, restera permanente au sein de la paix armée ; elle nous empêchera de résoudre efficacement le problème que tiennent dans Tesclavage, la faiblesse, l'ignorance et la pauvreté.

La Paix sociale, l'Harmonie sociale, ne peut venir que de ce qui la paix la produit : de l'individu. Tant que Vindividu ne sera pas d'accord avec le social et avec lui-même ; tant quil ne trouvera pas et n* emploiera pas les moyens de s épanouir en toute conscience, dans le plaisir de ses facultés (non pas celles qu'on veut qu'il ait et qui ne sont pas les réels agents de ses raisons et de ses moyens, mais celle qu'il possède) tant que le foyer individuel sera dans l'agitation, le trouble, le désaccord et l'inconscience décevante et douloureuse de ce qu'on appelle le raté, rHarmonie, quil ne possède pas, ne peut pas être. Oh ! la joie que l'on réclame, que l'on proclame, n'est possible la joie et durable que dans l'épanouissement conscient et réversible de l'être, dans un milieu favorable. Alors elle est la vie même, victorieuse en tous .

C'est ce qui explique pourquoi les réformateurs rêvent de cités nouvelles* Ils veulent créer un milieu propice à la vie qu'ils conçoivent; ils oublient que tout est relatif et solidaire.

Ce quil faut réaliser, c'est la vie, daus la vie sociale, ^our tous les Humains renseignés ^

L'Etre Humain connaît peu là vrai© joie : celle par laquelle toutes les facultés sont vivantes, tous les centres de sensibilité fonctionnent et sont émus délicieusement tandis que leur effervescence ne choque personne douloureusement et est bienfaisantedans l'action consciente.

Il faut posséder la plénitude d'être pour en goûter les douceurs et la vouloir pratiquement possible pour les autres.

Il faut savoir ce que l'on a concentré pour s'épanouir dans l'expansion libre.

Il faut connaître le travail à faire, le prix du travail, pour en apprécier la juste et complète récompense :

Avant de vouloir la joie, il faut travailler sciemment à réaliser ce qui peut la constituer,

L'Individu doit en conséquence devenir volontairement l'élément supérieur et complet de la vie ; non selon des modes ou la mode, par des méthodes françaises ou étrangères et des systèmes particuliers anciens ou modernes, mais selon la vérité, la nature et la vie, et d'après leurs lois.

L'Etre Humain est l'élément de vie et de progrès par excellence pour tout ce qui est susceptible de progresser par l'intelligence et le savoir, rationnellement.

Il ne peut exercer ses pouvoirs que lorsqu'il sait consciemment agglomérer autour de lui, choisir, faire produire sa substance particulière intégrante et la substance extérieure nécessaire à sa nourriture physique et intellectuelle; lorsqu'il sait connaître, diriger, employer son organisme, le faire fonctionner mécaniquement selon la loi de Progrès ; lorsqu'il sait, veut et peut accueillir et rejeter avec discernement ce qui le sollicite ; engendrer, reproduire au physique comme au moral par ce qu'il a accueilli ou sollicité ; lorsqu'il sait vivre tout entier dans l'exercice des pouvoirs de la vie, selon la dignité et la valeur Humaines, dans l'épanouissement et par le reversement conscient de sa sensibilité et de sa valeur dans l'acquis de l'Hu" manité.

Et comme tout élément de vie pensant et conscient doit être un élément de réel progrès et connaître et vouloir le But, l'Idéal, pour lequel il progresse, son travail individuel et son acquis moral et intellectuel devront tendre à la réalisation la plus rapide du plan social de vie Humaine, de sorte que le reversement qu'il ^saura faire dans l'acquis de l'Humanité y apporte et y intensifie la réelle Justice et la simple Vérité.

Les moyens que nous devons employer pour être un élément vivant du progrès sont ceux que la vie et la nature elles-mêmes ont mis en nous pour qu'avec l'intelligence, l'amour et la raison nous sachions marcher avec lui.

C'est donc aux deux puissances par lesquelles tout se combine et

semble se détruire en se transformant qu'il faut demander le secret

de la science de vivre : â la nature et à la vie, qui sont un comme le

principe et l'Instrument assemblés.

LA NATURE La nature, qui est l'universalité des êtres créés et de leur§ manifea-

LA VÉRITÉ, c'est LA VIE! I5

tations, qui n est toujours que parce qu elle se renouvelle sans cesse par la vie, est aussi Teaseinble des déchets et des forces émanées de tous ces êtres. Ceux-ci ont chacun sa vie propre, sa substance, son dynamisme respectif, ses qualités, ses formes et son organisme capable de servir, d'exprimer, de renseigner la particularité de ce dynamisme et de ces qualités, selon la loi de Progrès. Leur influence bonne ou mauvaise augmente, neutralise, entretient ou anéantit nos propres forces, indépendamment des lois particulières et personnelles que la nature et la vie imposent dans la Race, l'espèce, le sexe et l'individu, à tous les Humains. C'est au milieu d'elles que l'homme et la femme doivent se conquérire ux-mêmes et faire vivre ce qui est enfermé en eux. Nous avons vu comment ils peuvent en être victorieux.

D'ailleurs, il ne s* agit pas tant de définir la nature que d^exider avec elle et de la soumettre pour vivre par elle.

Chaque fois que la paix a produit sur un coin civilisé de la Planète le calme assez prolongé de la sécurité, le mouvement, la vie, qui jamais ne s'arrête, ne perdit pas ses droits; de l'action physique, elle passa à l'action intellectuelle, artistique et littéraire, et l'Homme en a conclu, sentant une surabondance de vibration, que la véritable vie Humaine est celle de l'intelligence, 11 oubliait deux autres centres d'activité sans lesquels il ne peut posséder la vie : la Pensée affective et la sensibilité consciente^ cette dernière assurant l'exercice et le bienfait de la Liberté conquise.

D'un état rudimentaire et très imparfait qui nous montre cependant des résultats certains, nous pouvons conclure au général et affirmer que la vie ne pourra être triomphante de la nature par l'Humanité et l'Humanité avec elle, tant que les individus ne con:prendront pas que la vie ne s'exerce progressivement dans tous les êtres de la Planète, dans leur plan respectif de vie évolutionnelle, dans la Planète elle-même, que pour arriver à exprimer par l'Homme et par la Femme, par leurs facultés psychiques connues, développées et exprimantes la Pensée, la Vérité, la Plénitude d'expression et d'action que l'Humanité réalisée peut seule rendre vivantes dans le plan social qui y correspond.

La science de la vie n'est pas suffisante pour bien vivre selon les lois que la nature nous enseigne* Il faut en même temps posséder l'art de vivre.

Les secrets de la Science de la Vie, que nous cherchons à découvrir, ne seraient pas si difficiles à déchiffrer s'ils n'étaient enveloppés, enfouis, cachés, avec un art admirable, sous la matière, la forme,

l6 VERS LA VIE

le son, la couleur, le parfum, portant une qualité différente, adéquate à la fonction dont nous voyons l'organe, mais dont nous ne saisissons pas souvent la réalité, la vérité, la valeur, la raison.

Notre impuissance est le résultat que la méconnaissance de nous

môme nous inflige par la perturbation qu'elle introduit dans nos

moyens. Car la vie y a pourvu.

LA Elle a doué l'Etre Humain de la sensibilité complète, au moyen,

SENSIBILITÉ de laquelle, s'il sait s'en servir dans ce qu'elle doit être comme puis-

^^ ^/^^'A^i«i^sance, il peut acquérir la connaissance et assurer le fonctionnement

'< J^ -4^ \ fécond des facultés supérieures de la race Humaine, dans leur

cqnj^aison avec les pouvoirs de la vie.

^^^^^^^^^**^^^^^**Si dans la nature, dans la lutte pour l'existence, la prépondérance ^ ' ^i!CC^\. la victoire restent à la force, dans le plan humain de Liberté

^^^^^onquise, le travail de l'Intelligence, dans son accord avec la Raison ^y-^ et l'Amour, avec la Pensée, donne la victoire à la sensibilité cons- ^^^ ciente, résistante, réversible, qui est la supériorité de la vie active

^f^^^^^^^^flntelligente.

' ^^^^omX, ce qui se manifeste est la vie, tout est Etre. / >^ ^ 7^" Tout ce qui vit est être et est sensible à sa manière. Tout ce qui

.,^ existe est sensibilité.

'^•'^^^'^^^^^ ^ '^^^^^j jQy( çç q^i ggt ^lYQ est sensible, c'est pour pouvoir dans la J^^t^t^^^ ^^^^*^^^^=^yftés2re de ses forces et de ses moyens sentir, donc comprendre, même

^^£^2-<^ distance, et s'assimiler ce qui lui est utile, ou rejeter ce qui lui est uisible selon le plan de vie auquel il appartient. L'Etre Humain qui, seul sur la planète, peut être porteur des pouvoirs de la vie, les comprendre, les définir, les exercer, est doué pOTT son travail d'une sensibilité telle que ne sachant pas ce qu'il doit en faire, s'il n'en veut pas souffrir, il l'atrophie ou se laisse diriger par elle.

il ignore que la sensibilité est un autre nom de la vie, celui de la vie qualitative fluidique et interpsychique. La sensibilité est plus que l'expérimentation, elle est l'initiation de la réelle vie Humaine, aussi bien la sensibilité propre à l'Etre humain que celle de tout ce qui est. Elle rend étroitement solidaires les individus appartenant au même plan de vie pshychique, tandis que ceux appartenant aux plans inférieurs, qui participent à la vie psychique générale de la Planète et des Etres qui l'habitent, doivent servir à la progression du plan supérieur en tendant vers lui. L'Individu ne sait pas que non seulement les nerfs sensitifs et les organes des sens correspondent au cerveau et lui apportent en aliment ses sensations pour qu'il

LA VÉRITÉ, c'est LA VIe! I7

les réfléchisse mais que sa sensibilité tout entière subit les courants fluidiques impersonnels provenant de la collectivité des êtres de la Planète et que cette action constitue et explique l'action même du progrès inconscient dans tous les vibrateurs Humains, malgré les influences du milieu, l'imitation et l'habitude ; et que vivre : ccst recevoir consciemment, puis employer avec discernement pour progression^ ce qui est reçu par la sensibilité.

Savoir sentir, savoir employer les sensibilités, la sienne y compris, c*est toute la science et l'art de vivre.

Car savoir n'est rien sans connaître, qui est la naissance de la vie de la vérité en nous. Pour connaître il faut non seulement se servir en toute compétence et conscience de nos instruments de la connaissance, les sens; il faut avoir exercé notre intelligence : sagacité, pénétration, intuition, perspicacité, notre raison et notre jugement, mais il faut avoir senti ; il faut avoir été pénétré, choqué ; il faut que la matière ait été ébranlée et châtiée pour céder la place à la Vie; il faut, ensuite et enfin, que la Vie trouve son chemin libre dans l'Etre tout entier, masculin ou féminin.

Il est donc nécessaire de se rendre compte que le sentiment est selon Vétat de la sensibilité en VEtre. Sa valeur est en rapport de la valeur de cette sensibilité. La sentimentalité et la sensiblerie sont une dévia- ^ tion, une atrophie, un accaparement de la sensibilité dans une époque et dans un Etre d'ignorance et de stagnation.

Elles ne la résument pas, heureusement.

Et si l'Etre Humain est, Homme ou Femme, avant tout, un être sensible, chacun l'est selon son sexe et son Etre, selon le chemin libre de la vibration en lui.

L'Etude de la sensibilité doit à mon sens, commencer l'étude de l'être humain en lui-même : la sensibilité, plus ou moins complète de l'organisme d'un être et de ses facultés, étant la mesure de sa valeur qualitative, de ce qu'il pourra faire par elle de la vie, en lui et autour de lui.

La Conscience est le centre récepteur de la sensibilité de tous les la

organes des facultés de l'être; une conscience est en raison directe coNscn-NCE de l'équilibre et de la plénitude que le jeu de la sensibilité peut y déterminer.

Vivre est bien ainsi avoir réalisé sa conscience. C'est être entièrement sensible intérieurement et extérieurement. C'est être arrivé à ce point de connaissance où Tintelligence comprend nettement, dans un haut intérêt de dignité Humaine et de progression constante,

l8 VERS ;-A VIE !

la qualité de ce qui touche la sensibilité et la qualité d'impression qu'en reçoit la conscience.

Toute la valeur de l'être consiste ainsi dans l'emploi qu'il sait et veut faire de ce qui est selon sa conscience réalisée; et dans la rapidité avec laquelle il discerne ce qui convient et ce qui ne convient pas au progrès selon l'Humain moral.

LA La sensibilité est la faculté plus ou moins subtile, que possède

SENSIBILITÉ tout ce qui vit, de recevoir, de distinguer et de dégager la vibration particulière qui caractérise les êtres et les choses, et qui impressionne les vibrations respectives sans choc matériel palpable.

L'Etre humain est capable de posséder la plus parfaite sensibilité, étant donnée l'œuvre supérieure à laquelle il doit travailler et que le couple humain complémentaire peut seul réaliser.

La sensibilité est d'abord la faculté d'éprouver des impressions physiques qui influencent ensemble ou séparément nos trois centres de sensibilité : le derme, les nerfs et le sang, et les organes des sens. Elle est ainsi la faculté de recevoir, de sentir, d'éprouver des émotions morales mentales, que les sens et les centres de sensibilité doivent apporter rapidement à notre cérébralité, à notre conscience. C'est ensuite la disposition à les éprouver qui influence le physique et agit sur lui, comme le physique influence l'intelligence et le moral quand il s'agit des facultés affectives et volontaires, mises en activité par une sollicitation soit sympathique, ou attractive, ou conjonctive, ou répulsive.

Lorsqu'elle n'est pas atrophiée, la sensibilité est le plus précieux agent de la connaissance. Si on ne la fait pas dévier en sentimentalité qui l'exaspère, elle devient le critérium de l'Etre Humain, puisque, tout entière connaissante, elle est la conscience elle-même.

Elle est l'agent de renseignement supérieur, qui ne peut pas tromper : le jeu de sonneries électriques naturel de la vie connaissante et intelligente, avec tableau dans la conscience.

La sensibilité, qui dans l'être entier est devenue la vie, est la connaissance de ce qui est ; elle est la source du génie comme l'attention à qui elle doit sa valeur. Elle se confond alors complètement avec la vie doat elle peut être effectivement, un autre nom.

Il est important de faire remarquer que la sensibilité humaine se différencie de toutes les sensibilités en ce qu'elle est plus intérieure qu'extérieure et qu'elle semble n'exister extérieurement que pour aiider au travail de la sensibilité interne, intinie, cérébrale, affective et progressive; pour mettre en jeu toutes les facultés, les développer^

La vérité, c'est la vie! 19

les faire conjuguer et, par elles et ce travail senti, faire rayonner en nous le pourquoi nous sommes faits : l'unité harmonieuse dans la liberté conquise, l'aniour, }a conscience.

II s'est produit à la Martinique, lors de l'éruption de la montagne Pelée, un fait qui confirme cette observation. Les animaux qui habitent le volcan, serpents, etc., s'étaient sauvés bien avant l'apparitiçn de la vapeur. Tous, en contact direct avec le travail de la vie dans la matière, dans la nature naturante, avaient senti ce qui se préparait et s'en étaient garés. Seul, l'Etre hunaain n'avait pas bougé. Non seulement ses intérêts le tenaient sur place, mais sa sensibilité corporelle n'avait pas été directement influencée comme celle des animaux. C'est que la sensibilité humaine, plus intérieure, est faite pour renseigner le savoir et que l'action humaine ne doit être ni impulsive, ni sensorielle, mais intelligente... mais elle doit être.

(( Etre sensible » et (( sentir » ne se placent pas sur le même degré dans l'étude de la sensibilité.

Etre seulement sensible est une possibilité qui laisse l'individu à la merci de ce qui est plus entraînant.

Sentir est un pouvoir et un savoir. C'est une distinction à faire dans la valeur des individus. Il résulte de cette distinction que tout être possède son degré, son état de sensibilité, et que, suivant l'état de sensibilité inhérente à la qualité d'un individu, à l'état accidentel que les événements produisent en lui, selon notre propre état, la compréhension de ce qui est se trouve modifiée, et les rapports eatre les êtres, subordonnés aux diverses sensibilités de tous et de chacun.

La politesse est l'accommodation et le respect des sensibilités et du droit légitime de chacun de n'être pas choqué dans l'exercice de la sienne.

Un individu qui lit dans sa sensibilité, qui la met au service de sa pensée, de spn intelligence et qui, par elle et sa pensée, dirige sa volonté réalisée ou amour conscient, est à la fois sur le chemin de la puissance et du bonheur. Cela ne veut pas dire qu'il mettra sa sensibilité à l'abri. En possession de lui-même, il la laissera libre de sentir pour le renseigner ; il ne fera rien pour empêcher ses sens et ses centres sensoriels de recevoir; mais il ne s'arrêtera pas à la réception. Immédiatenient, son jugement et sa pensée entreront en tra* vail ; ils classeront, détermineront le rôle de la volonté. Ils sauront extraire de ce qui les touche, par une sensibilité peu à peu plus aiguë, le vrai qu'elle renferme lequel, même s'il le fait un peu souffrir^

vaut mieux que toutes les illusions et les croyances trompeuses. Peu à peu, il arrive à cette sensibilité exquise, adéquate et unie au jugement sûr et lumineux, qui trouve la vérité immédiatement. L'Etre humain est en possession de sa conscience agissante.

Si, d'autre part, il arrive à comprendre, parce qu'il la sent, l'essence des êtres et des choses, qu'il la goûte sans interprétation dans ce qu'elle est, l'Etre humain sait sentir la saveur de la vie.

Il en arrive à accepter avec connaissance ce qu'il lui faut pour se manifester. Il apprécie justement et respecte la limite des manifestations possibles des êtres dans le plan de vie auquel ils appartiennent. Il connaît alors le bonheur de ne pas s'embarrasser de ce qui se mêle au qualitatif dans la matière et qui gêne l'ignorance ; il éprouve la joie de la saveur, du parfum, de l'harmonie, de la spécialité de l'être ou de l'œuvre qui renferme une valeur réelle et particulière. C'est l'amour triomphant et prudent, parce que connaissant et sachant.

LA La sensibilité n'est pas de même nature chez l'homme et chez la

:nsibilité femme (i). Inutile d'insister pour indiquer combien la sensibilité RANÇAiSE féminine est délicate, pour faire comprendre quelle valeur qualitative elle possède de ce fait.

On dit que la France est femme. Ceci implique que ses enfants des deux sexes possèdent à un haut degré la part de féminité dont chaque sexe est pourvu différemment.

C'est la grande supériorité de notre race. Ce sera celle de notre nation unifiée. Elle nous infériorisera tant que nous ne saurons pas nous connaître, exploiter en nous le trésor déposé par la vie... et que l'Education Humaine permet de mettre en exploitation.

Reconnaître un être sensible, un vibrateur normal et sain, et savoir le rendre maître de cette valeur supérieure en lui montrant le but de la vie Humaine, c'est faire un heureux, un être fort; c'est doter l'Humanité d'une puissance qualitative capable de faire rayonner la vie pour tous.

La sensibilité joue un rôle prépondérant dans tous les êtres et pendant toute leur existence.

Il faut que la jeunesse comprenne son importance. C'est en elle

qu'elle doit être cultivée avec délicatesse et guidée avec justesse.

Etre trop sensible n'est une faiblesse que parce qu'on ne sait pas

(i) Chap. Education Humaine,

LA VÉRITÉ, c'est LA VIE ! 21

mettre l'Etre humain en possession de sa valeur et de sa volonté. C'est au contraire le signe réel d'une qualité qui ne demande que de connaître sa force, correspondante en elle-même, et qu'il faut déterminer pour être de la Vie triomphante et supérieure.

Il est dans la nature de chaque individu de vouloir être heureux; mais cet état, comme tout ce que nous voulons réaliser, est une œuvre à édifier en chacun de nous.

Ne nous y trompons pas : la nature n'est qu'un moyen pour la vie de se manifester; moyen pour l'être humain de se réaliser.

Certes, quelques générations passeront sans que la généralité puisse en atteindre la maîtrise; mais si nos gouvernants voulaient admettre que ce résultat peut être possible; si chacun, en toute sincérité, en toute simplicité, voulait essayer de travailler sérieusement à ce progrés individuel, que de bien social ne se ferait-il pas en peu de temps !

S'il est un état qui exige la connaissance, le respect et l'emploi de la sensibilité, c'est celui de la solidarité et de la conquête de la Liberté, pour lequel le savoir-vivre est aussi nécessaire que la science de la vie. Le savoir vivre n'exige que de savoir effleurer les le

sensibilités de chacun en sauvegardant les amours-propres et en savoir-vivre ménageant les vanités; la Science de la Vie est la connaissance pro- la science fonde et Temploi conscient des forces et des sensibilités des êtres et de la vie des choses, dans le respect de la dignité de l'Etre Humain, de soimême, et des responsabilités consenties.

L'Art de vivre consiste donc à connaître la table harmonique de l'art la sensibilité, humaine et autre, de la respecter ou de l'employer de vivre pour le bien, en la dirigeant en soi jusqu'à savoir la reverser en dehors de soi, afin d'aider à l'accomplissement de ce que l'on veut • faire, par les fluides qui sont l'expansion de lorce qualitative magnétique, électrique et psychique de l'être tout entier.

Comment devons-nous nous y prendre pour acquérir cette science et nous y entretenir, pour lutter avec la vie dans la nature, par elle et contre elle à la fois, en nous et autour de nous?

En l'imitant. En employant ses moyens, à elle, qui sont l'impersonnalité dans les actes, l'inlassable continuité, la ténacité, lajrésistance, l'énergie et la volonté; mais en lui opposant le savoir et ses pouvoirs, ceux de l'intelligence, et en provoquant, nous-mêmes, par les éléments qu'elle nous offre dans ce qu'elle suscite, de nouveaux rapports de conjonction qui soient des aides, des forces, annihilant les effets nuisibles que son action incessante, sourde et

22 VERS LA Vlk !

avèiiglé, par la matière vivante, petit produirfe èti noUS et atitdlir de iiôUs.

a nature et la vie, eh luttant avec elles, dans lé même sens qu'elles et contre elles, au moyen de la vie, dé la sensibilité connaissante et réversible et de ce qu'elle prodiiil dans la nature, soit en leur opposant systématiquement leurs moyeiis d'action dans nos opérations physiques, dans nos opérations intellectuelles, dans nos institutions, ou en les imitant fidèlement seloia le cas : toute la science de la vie, par et dans là nature, est énférinéé là ; toute la science de nos organisations aiissi. Je dirais niêrhe toute la thérapeutique.

A mesure que l'humanité progresse et correspond entré individus de tous pays, le champ des expériences, et des aventures batailleuses se limite, se restreint pour l'Etre humain quant à l'étendue territoriale. Malgré les faciHtés de se mouvoir presque par toute la

terre, s'il possède l'argent nécessaire, nulle part, il ne peut se livrer librement, sauf dans les contrées périlleuses et jusqu'à ce jour inhabitables, à la conquête et à l'initiative privées.

Le voici devant lui-même, en face de sa vie monotone, enfiévrée par l'industrie.

Ne pouvant pas satisfaire à son amour de l'imprévu, dans là guerre dans les expéditions lointaines, où sa fantaisie pourrait s'ébattre, il regarde la vie sociale et la juge injuste et mauvaise. Il donne tète baissée dans ce c}ui est.

Légitirnement, il trôlive la place du travailleur trop fexiglie. Il souffre surtout parce qu'il sent davantage, dans sa limite sans horizon et sans but, le ttialaiise de l'état hybride, que s'est créé et où s'est teniie l'Humanité.

La religion suffit et va bien aux époques de stagnation tourmetitées par l'ignorance, la peilr de tout, l'brréur et la petite giierre entre voisins gênés dànô letirs démarcations. C'est la lumlèfe dans les ténèbres. Mais dès que là clarté dU jour se dévoile dans l'Idée dé liberté et par la science, c'est le soleil seulement, mais le soleil resplehdissàiit, qu'il faiit à l'irltelligence et à l'ânie humaines.

L'Individu ëent fet comprend qu'il est fait pour autre chose iqufe pour ce qui est ëhràcirié dans les croyances et dans les habitudes ; inais îl ignore que c'est en lui seulement, en l'Hotiime, en là Peltitne, réalisés dans leur état naturel d'htimàins moraux çoiisciehts, que la hàture rçsté à vatni^re et la cohiquêteâ faire,

LA VÉRITÉ, c'est LA VIE ! 2}

L'Etre humain est devant lui-même. Il faut qu'il se pénètre, se cherche et se trouve.

L'Humanité s'est rendue à peu près maîtresse des airs, des mers, de l'espace, et elle n'a pas dit son dernier mot. Elle s'est débarrassée des animaux trop nuisibles. Par les instruments de précision, elle intensifie ses sens. Elle observe et expérimente autour d'elle.

Mais en même temps qu'elle cherche à asservir et à déjouer par la microbiologie, les êtres que la nature naturante, la matière vivante suscite en elle-même, dans les produits morbides de son foyer vital, il faut qu'elle comprenne que ces efforts, ces travaux, ces améliorations ne valent qu'autant que, moralement et intellectuellement, dans toute sa sensibilité, elle se sentira maîtresse de la nature ; et qu'heureuse de connaître le but de bonheur et de noblesse, de dignité d'existence pour laquelle elle est faite, elle saura par la lumière et la chaleur intérieures rendues libres et agissantes en elle, conquérir la vie triomphante et faire luire le soleil dans son harmonie intime, capable de se reverser en puissance et en direction sur ce qui l'entoure.

Gagnons la vie I Ne nous agitons pas stérilement dans l'indécision du but à atteindre.

Connaissons l'idéal de Vérité qui nous donnera le réel contentement de nous-mêmes, en nous faisant sentir le pourquoi nous devons nous dépenser et agir.

Conquérons notre véritable état naturel, l'Humain, que le moral et le conscient réalisés en nous rendront apte à traduire le psychique, en exerçant le spirituel. Sachons faire mouvoir par tous nos moyens, rationnellement mis en œuvre, la loi de Progrès qui porte la notion intelligente de ce qui est et de ce qui doit se produire ; et nous goûterons, dans tout notre être, ce bonheur désiré, que peut seul procurer le travail d'une extension féconde, utile et bienfaisante pour soi et pour tous : la joie de vivre tout entier^ par la vérité qui vit^ et pour elle^ en sachant et en voulant en préparer V extension dans le social.

Tout est vie. Tout est être. Tout est sensible ; tout obéit inconsciemment à la Loi de Progrès. Seul, l'être humain peut consciemment s'unir à elle pour faire concourir son travail, son savoir, sa volonté réalisée à l'OEuvre de vie. Du jour où il saura et voudra le faire, sa marche vers le Bien-être sera rapide.

Comprenant ce que veut la loi d'Ordre et d'Harmonie ou Justice, et ce qu'est la Vérité, il vivra, par elles, harmonieusement en lui-même. Il sera alors capable de créer le plan de vie sociale humain-moral-conscient, sans lequel la Liberté, l'Egalité, la Solidarité ne peuvent réellement exister.

Si la sensibilité, consciente, résistante et réversible, est la puissance et l'expression supérieures de la vie qualitative, intellectuelle et psychique de la planète, la race des seuls êtres capables d'en acquérir le pouvoir et d'en répandre le bienfait, la race humaine, est si complexe dans l'infini qu'elle porte en elle que, sans cesse dévoyée, arrêtée, leurrée, elle se montre inhabile à comprendre et à faciliter ce qu'elle doit vouloir et savoir obtenir en elle-même et par ses propres moyens, pour se faire, par ses individus, réalisés dans leur valeur hominale, l'auxiliaire de la vie et de sa marche rationnelle ou Loi de Progrès, vers la réalisation de la vie sociale qui correspond la loi à sa qualité, à ses pouvoirs. de progrès

La Loi de Progrès est la loi de la vie poursuivant la conquête de son expression supérieure dans les êtres manifestés. Elle se sert d'eux pour exprimer la force qualitative de tout ce qui est, de tout ce qui concourt, par son expression et son évolution particulière, à l'évolution de la Planète elle-même.

Elle fait son œuvre dans tout ce qui n'est pas l'Humanité par le jeu des forces et des substances qui, pour se combiner, se manifester, se conserver et se reproduire, luttent en laissant la victoire au plus fort, au plus résistant, au plus habile. (Sélection naturelle.)

Comme l'Etre humain ne sent pas ou mal ce qui se passe dans les règnes des êtres inférieurs à lui, il conclut à l'Harmonie, due surtout au principe d'ordre et de mécanique qui régit la Planète et les êtres qui l'habitent. Mais, dès qu'il s'agit de l'espèce humaine, le môme jeu des forces, luttant par ses individus, lui fait comprendre la perturbation qu'elles causent. Et si, au point de vue physique, elles pourraient aétermiriér la sélection des forts, elles ne sauraient cotitribtier à là sélection iiiteîlectuelle et psychique ni réaliser la vie supérieure â laquelle Thumanité aspire et pour laquelle elle bst faite.

Depuis 6000 ans que l'homme comprend qu'il vit, parce que depuis ce leriips il sétit qu'il souffre de n'être pas selon son idéal, selon l'infini qu'il renferme, il peut remarquer que la loi de progrès n'a agi qlié par révolutions, tandis qiie la nature ne procède pas par bondSi et qu'il n'a fait, en lui-^niême, que des progrès lents et peu cbliclUants. Né serait-ce pas que la loi de la vie ou la loi de progrès est inconnue et méconnue de lui dans son ordre mécanique, et qu'en conséquence elle semble toujours cruelle à la généralité des individus, malgré les changements superficiels dans les moyens d'exister que l'on appelle progrès, malgré les subterfuges des religions ?

Si, perplexe sur lui-mêihé et anxieux de mieux fiaire, l'Etre humain rejgarde en arrière dans le temps, les races hiimaines, les peuples, et ati-dessoùs de lui, dans l'espacé, dans les riaces et les espèces d'êtres organisés, pour chercher les moyens de tnoins souffrir, de connaître et de progresser, il n'y trouvera de profitable que ceci : l'Etre ne vaut que par là manifestation supérieure de la force qualitative de la race, de l'espèce et du genre qu'il représente. Mais comrhè il se manifeste selon ses raisons, ses moyeiis et le but du plan de vie auquel il appartient et que l'Etre hiimain, expression psychique de la Planète, vaut selon la manijfestàtion supérieure qu'il sait exprimer de la force qualitative de sa race, de son sexe, de luiitiêrne polir le bien général et 'pb\ir son bonheur particulier, il ne peut trouver en l'être minéral, végétal et animal l'enseignement dé là vie qui correspond au plan Iliihiaih. Il y puisera au plus quelques vàgties indications, intéressantes, siir des modes d'existence. Il s'en servira pour anatomiser les organes et conciliera par analogies ; mais il constatera qUe le transformisrhe est la loi de progrès qui, se mani- Testàiit, sur la Planète piar des êtres, dans des organismes de plus en i^liis exprimants et sensibles, les fait tendre tous vers la forme bumàiiic sdns qiie l'itidividu qui Jbs Jj^sséde acquière d'auttes vçl-

LA Ldl ofe pkbbRÈs i^

lëités d'ëxîJrëSsibn appréciables tiour l'Idée, ik hlÉ'câhiqub appliquée et larchitë'ctbriiqtte, qîië dé mieux sâvbii:, pôdl: '4uëî<3û'eè-dh§ prépàréi: là cbiisérvàtidii et la reprbéiictiôii ifaatértfellë ël rënsëî^dër à leurs petits. Les animaux dits domestiques sont dépourvus dé cë*é fàcultéis ; tï Và'n peut constater, chez tbtis, qile plùô la possibilité et là joùissànbe d'amour, plus là sensibilité Sensorielle se développé, irioitiè ils sont cbiistrUctifs et prévoyants, nioins ilâ ihànifestetit dé teiidàncès nioralës.

Qùaiit àùx races humaines, aux peuples qui faous blit pt-écôBés, tout eh les respectant en nbiis, iioiis ne dévoué lelir déiiiandel: fet extraire de leurs manières d'être et de leui-s œuvtes que la part dé Vérité imtnuàblé quils apportèrent â l'àcqiii^ de l'Humanité. Leur évolution tibus apprendra les causes deâ entraves iqu'ils èë créêrëiit, les erretirè séctilaires, filles de l'ignorance cirédulé et de riiiiagiïiatibn dévb^ée de son rôle,qui iie serbiil retendes que pour li'y pas i-etoniDéh

L'EtrbHliradinné doit regarder àii-desébUs de lui et en arriéré dàhs le Passé qtift pôtir élever cb qhi bst peirfectiblë dàiiâ Itk iriférieùrs, pour étudier là nature dans la vie progressante et pour se tJ'erBtiàder que ce qui a été fait dans le bilt d'àtrivëi- à lui, dëmaniié â étire obtenu par lui, en lut-mêihe.

Pour Jiartlcipér ùtilenieht et conscieîntiiehl â la Lbt dé Progrès, poiir soùffHr le hioiris possible par elle et cbdqtiérlr la iPélicitë rationnelle, l'Homme doit réaliser rHbmrhe, l'Être Hurtiàlh, l'Indlvidd, l'Honime, la Femme, le cbûple Humain Harrtibnieiix, l'Être liitégrai, par sa volonté consciente.

Et ceci, c'est lé biit le plus pressant à voiiloir et à atteiiidre dans l'état actuel ; car le social doit être la résultante de l'iildividuël supérieur et le devenir moral de paix, d'hàrmortlë, d'unité, est contenu dans ce travail de réalisatiori et rien qu'en liii.

Tarit que l'Homnie ne sera pas l'Homme, tant que lia Êeiiihië lië sera pas la Êéninie, Tldée, la Vie, là Liberté, la Conscience, l'Amour, l'Harmonie Individuelle et sociale, rie péuVent pas trbùver, dàHs lélir mentalité, là pensée capable d'entraîner là volohtè selon la Vérité qui vit. Tant qtib l'Homme et la Femme ne serotit pas l'eipressibii réalisée, vivante et corhplémeritaire, la manifestation supérieure de la force qualitative psychiqiie, intellectuelle et rationnelle, (:Jtie tà^" tient là race humairié, l'Htimanité ne vivra pas, l'huriiàriiib â'alriierà pas ; et ioiit ce qiii est l'œuvre de la Vie, dé l'Idée bl de l'aiilôur, Ib travail porteur de la récompense en soi et réversible dans l'àfcqiiîs de THumaaité : la Bonté, la Beaiité, la Justice mençiût vers THarmg^

nie, forme supérieure du Bonheur individuel et social, ne se produira pas dans une éclosion suffisante, assez précise, vigoureuse et résistante, pour déterminer un nouvel état de supériorité morale-mentale ou Rénovation.

Car le Progrès est bien une spirale déroulant lentement ses anneaux entrouverts ; l'humanité- en ralentit encore la montée parce qu'elle ne sait pas le travail qu'elle doit accomplir et qu'elle s'enferme elle-même, par l'ignorance et l'interprétation, par l'exploitation, la spéculation et l'accaparement, avides et cupides, dans chaque nouveau tour révolu, dont elle fait avant tout le champ de ses convoitises, en donnant le change à ses aspirations.

De ce que le Progrés est la Vie s'exprimant, agissant dans tous les êtres mais qu'elle devient le Verbe traducteur de la Pensée collective sociale et, de la Pensée individuelle par les éléments supérieurs de la vie planétaire terrestre que sont les êtres humains, nous portons tous en nous des aspirations qui nous tourmentent, et comme nous ne savons pas ce qu'elles veulent ni comment les satisfaire, nous y adaptons ce qui nous semble devoir y correspondre, selon notre degré évolutionnel et notre moralité.

C'est ainsi que [se dévoie sans cesse Tldée supérieure directrice de la vie, enfermée dans la vie elle-même; idée très mal comprise, très mal traduite et appliquée, et toujours diminuée par ceux qui s'en emparent, quand elle n'est pas volontairement étouffée par ceux qu'elles gênent dans leurs intérêts immédiats et mesquins, restrictifs et conséquemment échafaudés sur le sable.

Mais la vie est plus forte que les éléments pensants, sur lesquels elle devrait s'appuyer pour être triomphante, et qui l'entravent. Aussi la voyons-nous supprimer tout à coup, brusquement, ce qui devient trop encombrant et rétrograde et qui ayant fourni cequ'elleen voulait, et obstruant sa marche ascendante l'empêche d'accomplir son œuvre.

L'Humanité aura fait un grand pas quand tous ses individus connaîtront la loi de Progrés et ses exigences ; lorsqu'au lieu de créer le désordre et la douleur en lui résistant ou de les entretenir en la canalisant à leur profit, ils s'uniront à elle, dans la haute conscience de la valeur humaine et de la vie, en donnant à chaque être, par la connaissance et le développement de sa force qualitative, devenue exprimante et réversible, la place qui lui convient, la vie qui lui est due; en le faisant^ conscient, sachant et pensant, un élément tout entier vivant du Progrès.

D'après ce qui précède, nous pouvons conclure que le Progrès ne subit des reculs ou plutôt semble ne pas avancer que parce que les humains ne connaissent pas sa Loi.

Tout ce qui vit dans des corps organisés non seulement se nourrit, se reproduit, mais déjecte.

Nous savons tous que l'hygiène exige des particuliers qu'ils se débarrassent, au plus tôt et le plus proprement possible, des détritus qui viennent de la composition même de leur nourriture et du fonctionnement de leur organisme, et que la propreté (c'est-à-dire le soin minutieux de nous préserver du contact dangereux ou douloureux, pour notre sensibilité, de ce que les mouvements continus de la Planète et des éléments de vie nous imposent, ce que le jeu de nos organes produit et fait sécréter par tous nos exutoires) est une partie de la santé, du Bien-Etre et de la Liberté. En laissant toujours la place libre à la partie qualitative de l'Etre et de ses œuvres, la propreté permet à la vie, quelle que soit sa simplicité et à l'expression du travail conjugant de l'esprit, de la raison et de l'âme dans ce qu'il a de meilleur et de supérieur, de le continuer dans le temps et le mouvement, malgré eux.

Le Progrès se nourrit du présent ; il l'absorbe le plus possible, mais sans cesse il fait des déchets.

Non seulement l'ignorance de Thomme, mais les détritus de ses erreurs sont les entraves de l'Homme, comme les détritus du Progrès et sa loi inconnue sont les entraves du Progrès lui-même. Un progrès engendre de nouvelles habitudes au milieu des anciennes, et des routiniers d'un nouvel ordre d'habitudes. De ce que l'Etre Humain, peu évolué, est rempli d'attachement à son milieu, qu'il a besoin de placer son sentiment et qu'il ne sait qu'en faire, il le localise dans des illusions, dans ce qui lui est imposé par l'habitude des autres ou par leur ambition, et qui répond à ses vagues aspirations, ou dans son très mesquin et mal compris intérêt personnel. Tant que l'Humanité ne saura pas reconnaître la valeur de ce qui naît à l'existence, son besoin et son droit d'être mis immédiatement sur la voie du progrès individuel et social ; tant qu'elle ne saura pas sacrifier elle-même les déchets du progrès, en les prévoyant, en facilitant à tous les Humains les moyens de vivre dignement selon cette vérité ; tant que les anciens et les vétérans ne comprendront pas qu'ils ne vivent plus dès qu'ils gênent les nouveaux qui les dépassent, s'ils ne s'y associent, le Progrès subira des reculs dans l'embarras de ses propres détritus.

VERS L4 VIE î

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