SAVOIR DISCERNER
estimable. Elle confère une certaine supériorité. C'est un terrain vierge propre à recevoir la Vérité et à la mise en œuvre du Progrès. Les deux autres, Les demi-ignorances, sont plus nuisibles qu'utiles, si l'on n'y adjoint la science de la -vie. Elles troublent ou suppriment généralement le bon sens naturel^ cette science innée de ce qu'il faut faire, la raison droite, le sentiment de ce qui est juste et convenable jet le bon esprit^ qui est de trouver en soi-même ce qu'il faut penser.
Ces deux facultés naturelles, si largement dévolues à la race framjçaise, soat faciLement faussées par les excitations de l'esprit et les déviations de l'âme jqui troublent la Raison. Elles prouvent qu'en l'Etre Immain, normal et sain, préside toujours l'intelligence qui agit et jconnaît, l'âmie qui pense et la raison qui guide.
Dépêchons^nous d'apprendre ce qu'il faut savoir-et de bien savoir ce que nous apprenons.
Notre bon sens libéré réapparaîtra fortifié et solide, et notre ban
esprit reprendra son empire avec sa vigueur. Mais il faudra savoir.
SAVOIR Savoir, c'est voir et sentir en soi et en dehors de soi, ce qui est
dans ce qu'il est. C'est comprendre et apprécier la juste valeur d=e ce
que les autres ont dit ou ont fait par rapport à ce qui est.
Clest voir les causes à travers les effets et c'est ensuite employer les effets, compris, connus dans leurs causes et leurs moyens, et les faire participer à l'expression et aux décisions de la pensée, d=es conceptions dje l'intelligence entraînant ensemble la volonté à l'action.
CONNAITRE Savoir, c'est connaître.
Connaître, c'est posséder la vérité sans cesse renaissante. C'est voir et comprendre les êtres et les choses clans leur essence, selon la Loi de Progrès, en tmrte rmpersonnalité et sans interprétation.
Savoir, c'est posséder le sens des choses et des mots, du langage: leur valeur, leur qualité, leur emploi et leur signification.
Savoir est le trésor sans lequel tous les trésors ne sont rien; sans lequel vivre est vide de sens.
Ce qu'il importe de savoir, c'est ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, toujours, tant qu'il y aura une terre et des humains pour l'exprimer et en vivre; ce sont les vérités pratiques, communes à tous les êtres; ce sont les lois de l'équilibre des libertés de chacun ; équilibre qui doit être la raison, le moyen et le but de toute organisation sociale.
Connaître donne la faculté de délibérer avant d'agir, de prendre conscience de nos propres opération-s.
La liberté d'agir suppose la connai-ssance de ce qu'on doit employer et la connaissance des moyens d'emploi en soi et en dehors de soi.
Elle nécessite de distinguer les avantages et les inconvénients qui résultent d'obéir à ses désirs, à ses impulsivités ou d'y résister.
Ce jugement exige de :savoir voir intérieurement et extérieurement.
Pour savoir, il faut en conséquence savoir voir. Il faut que tous savoir voir les instruments de la connaissance fonctionnent bien. Il faut pouvoir faire par eux la liberté de l'Intelligence.
Ces instruments, ce sont les organes des sens, les sens euxmêmes, qui sont à la fois nos facultés d'éprouver pour comprendre et d'exprimer pour se manifester.
J>îous nous occuperons d'eux dans l'Education djes sens.
Et nous y indiquerons comment, après leur apport, l'on discerjie; discerner comment, après avoir comparé, l'on comprend ce qui vaut, puis ce qui convient le mieux à nos goûts, à nos aptitudes, à nos tendances, à nos aspirations, à nos facultés, à nos pouvoirs.
Pour tous les êtres, savoir discerner est la première des facultés intelligentes. Elle est faite d'observation, d'attention, de précision et de justesse de jugement, de sincérité et d'honnêteté. Mais qu'estelle si nous n'avons pas la Volonté, après avoir su discerner, d'embrasser l'état qui convient le mieux à tout notre être renseigné sur les êtres, les choses et sur lui-même.
Sans la volonté, l'Etre humain ne peut pas se manifester; il ne voroNTiJsait pas se gouverner ; il n'affirme ni sa force ni sa qualité. Il ne vit pas.
La volonté, c'est l'amour libéré, fécondé par l'intelligence libre, marchant ensemble dans l'action, guidés par la conscience réalisée.
La volonté est la manifestation supérieure de la virilité et de la fécondité de l'être qui sait, qui pense et est conscient.
Savoir exactement ce qu'on veut et vouloir fermement ce qu'on sait, tel est le secret du pouvoir.
Savoir vouloir qui est pouvoir, voici ce qui compose l'action de choisir.
Cependant, elle n'est complète et ne se détermine que si l'on ose.
Oser, qui est le courage un peu audacieux, nécessaire à la décision de quelque acte important et plein de conséquence, est une preuve de la confiance en soi que doit posséder celui qui sait, celui qui veut, celui qui peut.
Choisir, c'est savoir élire.
l'élection Or l'élection conduit à la sélection. Nous voici tout en haut de l'échelle de l'intelligence et des facultés humaines, dans leur emploi, pour l'action sociale et individuelle.
Il n'est pas indifférent, dans notpe pays de gouvernement électif, de connaître l'action de choisir.
Hommes et femmes sont intéressés à savoir l'importance, la difficulté de l'exercice d'un droit, duquel dépend la vie individuelle aussi bien que la vie sociale.
Chacun de nous est appelé à élire de toutes façons; chacun doit pouvoir se rendre compte de l'action de choisir pour la vie privée, de celle d'élire pour la vie sociale ; de ce que devrait être l'électeur et l'électrice ; de toute la valeur intrinsèque d'un élu; des responsabilités, des droits et des devoirs de chacun.
L'Etre humain connaissant et choisissant arrêtera de lui-même la surproduction des matières nutritives Irelatées.
Le commerce et l'industrie s'en modifieront d'autant : ce que la concurrence obtiendra d'abord, la connaissance l'exigera ensuite. En ce moment et pendant quelque temps, le superficiel seul bénéficiera du savoir-voir. Bientôt le savoir-lire modifiera également les productions littéraires et fera de lui-même le triage, puis la vue s'étendra à ce qui sera attachant au sens lui-même : elle pénétrera les qualités des choses d'après leur forme, leur couleur, comme Todorat les reconnaîtra à l'odeur et l'oreille au son.
L'exploitation de l'ignorance se ralentira. Elle n'aura plus pour complices les appétits, les désirs de tous ceux qui autrefois ne pouvaient pas vivre et l'inconnaissance et la satisfaction immédiate suivie de maladie, etc., etc.
La justice se fera d'elle-même. Les produits que l'on absorbera seront mieux faits et de meilleure qualité. On n'aura pas intérêt à en mettre d'autres sur le marché; le goût se formant, il en sera de même de toutes les laideurs que l'on véhicule.
L*éducation des sens, qui pour chacun est la base du bonheur intérieur, est certainement aussi la base d'une plus grande sécurité pour la conservation.
L'attention de tous, habituée à s'exercer sur tout, évitera bien des turpitudes et en débarrassera la circulation.
L'Etre humain en acquerra la conscience après l'éducation rationnelle dés sens qui est la libération de l'intelligence.