LE LION DEVENU VIEUX
Le lion , terreur des forêts,
Chargé d’ans, et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par scs propres sujets ,
Devenus forts par sa faiblesse.
5 Le cheval s'approchant lui donne un coup de pié, Le loup un coup de dents, le bœuf un coup de corne. Le malheureux lion, languissant, triste et morne, Peut à peine rugir, par l’âge estropié.
Il attend son destin sans faire aucunes plaintes;
10 Quand voyant l’âne même à son antre accourir : Ah t c’est trop, lui dit-il : je voulais bien mourir ; Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.
La Fontaine.
■ Le lion dont tout cc qui habile le» forêt* avait peur.
* Antique prouesse, son ancien courage, son ancienne valeur. ** Te» atteintes , te* coup». C’e»t de là qu'est née IV» pression proverbiale le coup de pied de l'Ane, pour dire frapper quelqu'un qui est à terre et qui ne peut se défendre.