LES DEUX MULETS
Deux mulets cheminaient, l'un d’aveinc chargé, L'autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
5 11 marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette ;
Quand l’ennemi se présentant ,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette ,
40 Le saisit au frein et l’arrête.
Le mulet , en se défendant ,
Se sent percé de coups ; il gémit, il soupire : Est-ce donc là , dit-il , ce qu’on m’avait promis?
Ce mulet qui me suit du danger sc retire;
45 Et moi , j’y tombe , et je péris !
Ami , lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu'un meunier, comme moi ,
Tu ne serais pas si malade.
La Fontaine.
Le mulet est un animal produit d’un Ane et d’une jument, ou d'un cheval et d’une ànesse. On u’en voit guère dan* les pays du oord; il* sont 1res -commun» dans les pays du midi, où on les
emploie connue béict de somme. F.n l*>pagiic , les princes et le» grands «rigueurs les attellent A leurs Itelles voilures.
■ L’un était chargé d’avoine, grain destiné A la nourriture des chevaux et de» mulets.
* L'argent de ta gabelle ; dans le temps, l’argent qui provenait des droits sur le sel : aujourd'hui cc serait l'argent des droiuréunii.
* Le mulet du fm, le mulet qui portait l’argent du trésor royal.