‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 108 sur 549 · LES DEUX MULETS · texte numérisé non relu

LES DEUX MULETS

Deux mulets cheminaient, l'un d’aveinc chargé, L'autre portant l’argent de la gabelle.

Celui-ci, glorieux d une charge si belle,

N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.

5 11 marchait d’un pas relevé,

Et faisait sonner sa sonnette ;

Quand l’ennemi se présentant ,

Comme il en voulait à l’argent,

Sur le mulet du fisc une troupe se jette ,

40 Le saisit au frein et l’arrête.

Le mulet , en se défendant ,

Se sent percé de coups ; il gémit, il soupire : Est-ce donc là , dit-il , ce qu’on m’avait promis?

Ce mulet qui me suit du danger sc retire;

45 Et moi , j’y tombe , et je péris !

Ami , lui dit son camarade,

Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :

Si tu n’avais servi qu'un meunier, comme moi ,

Tu ne serais pas si malade.

La Fontaine.

Le mulet est un animal produit d’un Ane et d’une jument, ou d'un cheval et d’une ànesse. On u’en voit guère dan* les pays du oord; il* sont 1res -commun» dans les pays du midi, où on les

emploie connue béict de somme. F.n l*>pagiic , les princes et le» grands «rigueurs les attellent A leurs Itelles voilures.

■ L’un était chargé d’avoine, grain destiné A la nourriture des chevaux et de» mulets.

* L'argent de ta gabelle ; dans le temps, l’argent qui provenait des droits sur le sel : aujourd'hui cc serait l'argent des droiuréunii.

* Le mulet du fm, le mulet qui portait l’argent du trésor royal.

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