L’ANE ET LA FLUTE
Les sols sont un peuple nombreux,
Trouvant toutes choses faciles.
II faut le leur (tasser ; souvent ils sont heureux , Grand motif de se croire habiles.
5 Un âno, en broutant ses chardons,
Regardait un pasteur jouant , sous le feuillage, D’une flûte dont les doux sons Attiraient et charmaient les bergers du bocage.
Cet âne mécontent disait : Ce monde est fou !
10 Les voilà tous, bouche béante,
Admirant un grand sol qui suc et se tourmente A souffler dans un pelit trou.
C’est par de tels efforts qu’on parvient à leur plaire , Tandis que moi .. Suffit. . Allons-nous-cn d’ici,
45 Car je me sens trop en colère.
Notre âne en raisonnant ainsi Avance quelques pas, lorsque sur la fougère .
Une flûte, oubliée on ces champêtres lieux Par quelque pasteur amoureux ,
20 Se trouve sous ses pieds. Notre âne se redresse, Sur elle de cêlé fixe ses deux gros yeux ;
Une oreille en avant , lentement il se baisse , Applique son naseau sur le pauvre instrument,
Et souffle tant qu’il peut. O hasard incroyable!
25 11 en sort un son agréable.
L’âne sc croit un grand talent,
Et tout joyeux s’écrie en faisant la culbute :
Eh ! je joue aussi de la flûte.
Florian.
t Peuple nombreux : te* sou sont en graod nombre, s Chardon», plantes piquantes, nourriture que les Anes aiment beaucoup.
• Pasteur , pétre , berger,
• Charmaient, faisaient beaucoup de plaisir.
MÉMOIRE
Il»
MÉMOIRE
I® Bouche héanlr, bouche ouverte.
17 Fougère, jolie plante qui naît dan* le* hoi*.
I* Champêtre» lieux: la ratitpsgue, le» champ», le* boi», voilà de* lieux champêtre».
** .Yfljrfiu : le nez de l’âoc »c compose de deux naseaux.
— Pauvre infiniment, *ur celte malheureuse flûte abandonnée.