LA MÈRE, L’ENFANT ET LES SARIGUES
Maman , disait un jour à la plus tendre mère Un enfant péruvien sur ses genoux assis,
Quel est cet animal qui dans celte bruyère Se promène avec ses petits?
5 11 ressemble au renard. Mon fils, répondit-elle,
Du sarigue c’est la femelle;
Nulle mère pour ses enfants N'eut jamais plus d’amour, plus de soins vigilants. La nature a voulu seconder sa tendresse,
40 Et lui (U près de l’estomac
Une poche profonde , une espece de sac ,
Où ses petits , quand un danger les presse ,
Vont mettre à couvert leur faiblesse.
Fois du bruit ; lu verras ce qu’ils vont devenir.
45 L’enfant frappe des mains : la sarigue attentive Se dresse , el d’une voix plaintive Jette un cri; les petits aussitôt d’accourir,
Et de s’élancer vers la mère En cherchant duns son sein leur retraite ordinaire. 20 La poche s’ouvre , les petits En un moment y sont blottis ,
Et disparaissent tous ; la mère avec vitesse S'enfuit , emportant sa richesse.
La Péruvienne alors dit à l’enfant surpris : 25 Si jamais le sort t'est contraire ,
Souviens-toi du sarigue; imite-le, mon fils : L’asile le plus sùr est le sein d’une mère.
Florian.
SE
Si
Si
Sarigue. Espece de renard du Pérou.
* Péruvien, ne au Pérou, dan» l'Amérique méridionale.
* Bruyère, (liante qui croit dan* le» lieux *ecs et sablonneux , terrain couvert de bruyère».
" Soin» vigilant», »oin» de tou» les moment».
* Seconder, aider.
** Le» prette, les poursuit.
17 Auuitàl d accourir, aussitôt de se mettre à courir.
10 Dan» ion sein, partie du corps humain depuis le bas du cou jusqu’au crcuv de l'cslomac. L u enfant dans les bras de sa mère et appuyé contre son sein.
— Leur retraite, Icndroit où ils se retirent, s'abrileul ordinairement ; l'enfant n’a pas de plus douce ni de plus sûre place que le sein d’une mère.
•* Blotti», ramassés, pliés ou roulés sur soi-tuéme, pour *c Fourrer dan* un lieu étroit.
B Le sort, le destiu, la destinée, le hasard.