‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 112 sur 549 · LE PAON SE PLAIGNANT A JUNON · texte numérisé non relu

LE PAON SE PLAIGNANT A JUNON

Le paon sc plaignait à Junon :

Déesse , disait-il , ce n’est pas sans raison Que je me plains, que je murmure;

Le chant dont vous m’avez fait don 5 Déplaît à toute la nature :

Au lieu qu’un rossignol , chétive créature , Forme des sons aussi doux qu'éclatants,

Est lui seul l’honneur du printemps.

Junon répondit en colère :

40 Oiseau jaloux , et qui devrais te taire , Est-ce à loi d'envier le sort du rossignol ,

Toi que l’on voit porter à l’entour de ton col Un arc en-ciel nué de cent sortes de soies; Qui te panades , qui déploies 45 Une si riche queue , et qui semble à nos yeux La boutique d'un lapidaire?

Est-il quelque oiseau sous les cieux Plus que toi capable de plaire?

MÉMOIRE

Toul animal n'a pas toutes propriétés.

20 Nous vous avons donné diverses qualités :

Les uns ont la grandeur et la force en partage:

Le faucon est léger, l'aigle plein de courage ,

Le corbeau sert pour le présage,

La corneille avertit des malheurs à venir.

25 Tous sont contents de leur ramage.

Cesse donc de le plaindre, ou bien , pour te punir, Je t’ôterai ton plumage.

La Fontainb.

JunoH , dans la mythologie , riait la femme de Jupiter. Jupiter était le maître «tu ciel rt le plut poissant des dieux. Les paons traînaient le char de Junon , connue les colombes celui de Vénus.

*> •, 7, ■ La trois de ce magnifique oiseau déplaît A tout le inonde, tandis qu'uu rossignol , toul petit qu’il est, chante de» airs doux et forts à la fois , qu'on eutend de loin dans la belle *iî»on du printemps.

J T mlottr de ton <ol , à l'entour de ton cou.

11 dre-en-ciel , on iris. Arc composé de sept couleur* formées par ta réflexion des rayons du soleil dans les nuage». — Ailé , nuancé, assorti, entremêle de coulenrt. — Soiet n’est là que |»oiir faire image ou senrir de comparaison ; car le paon n'a que des plumes, mata si belles, si douces, qu'elles ressemblent à de la

•°ie.

'* Q“* ,e pnnadei , qui te pavanes. C’est le paon , dan» sa ma- ÿ nière de marcher et d'étaler sa queue, qui a fait dire de quelqu'un qni marche avec affectation, qu'il se pavane.

'• La boutique d'un marchand de pierres fines de toutes cou- •!leurs.

■* Tout animal n'a |»at, à la fois réunis, toutes les qualités , tons les agréments.

** Le corbean passait, ainsi que la corneille, pour un oiseau de mauvais présage.

On croyait autrefois à ces présages ; mais on a vu depuis qu'il* étaient menteurs, et ou n’y prend plus garde.

® Tous sont contents de leur chant.

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