L'ENFANT ET LE MAITRE D'ECOLE
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Dans ce petit récit je prétends faire voir D'un certain sot la remonlrance vaine.
Un jeune enfant dans l’eau se laissa choir, S 5 En badinant sur les bords de la Seine.
5 Le ciel permit qu'un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S'étant pris, dis-je, aux branches do ce saule, £
Par cet endroit passe un maître d'écolo; " 10
L'enfant lui crie : Au secours! je périsl 10 Le magister, se tournant à ses cris.
D'un ton fort grave à contre-temps s'avise
De le lancer : Ah ! le petit babouin I
Voyez, dit-il , où l'a mis sa sottise ! ¥ ,!i
Et puis, prenez de tels fripons le soin !
15 Que les parents sont malheureux qu'il faille Toujours veiller à semblable canaille!
Qu’ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! S Ayant tout dit, il mit l’enfant à bord. S 20
te blâme ici plus de gens qu’on ne pense. £
20 Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
Se peut connaître au discours que j'avance. ■£ Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l'engeance. 2 25
En toute affaire ils ne font que songer 25 Au moyen d’exercer leur langue.
Hé ! mon ami , tire-moi du danger;
Tu feras après la harangue.
Lx Fontaine. g 30
* U remonlrance inutile.
* Se laissa tomber. 5»
* La Setut, rivière qui traverse Paris.
11 De le gronder. — Babouin, espèce de singe.
** El puis prenex soin de tels méchants enfants! S ^
'•Ce maître est bien grossier dans ses expressions; aussi 1 a t’
Fuaiainc a-t-il dit plus haut qu'il était un sot , manquant d'esprit , S d* bon sens et de bon ton.
'• Il le mit à terre.