‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 118 sur 549 · LE LOUP ET L’AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L’AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un agneau se désaltérait Dans le courant d’une onde pure.

5 Un loup survient à jeun , qui cherchait aventure ,

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

10 Sire, répond l’agneau, que votre majesté Ne se mette pas en colère;

Mais plutél qu’elle considère Que je me vais désaltérant Dans le courant ,

15 Plus de vingt pas au-dessous d’elle;

Et que, par conséquent, en aucune façon ,

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles I reprit cette bète cruelle ;

Et je sais que de moi tu médis l’an passé.

20 Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né?

Reprit l’agneau ; je tète encor ma mère. —

Si ce n’est toi , c’est donc ton frère? —

Je n’en ai point. — C’est donc quelqu’un des tiens, Car vous ne m’épargnez guère,

25 Vous, vos bergers et vos chiens.

On me l’a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts Le loup l’emporto, et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

La Fontaine.

I Im meilleure veut dire seulement la plus forte. Tl ne faudrait pas prendre ce vers rnmme «tue moralité. La Fontaine a vonln

MEMOIRE

prouver que les oicchanii se sentent obliges de justifier leurs UMUvaisrs actions, même quand ils sout les plu* forts; qu ainsi ils savent bien qu'ils oot tort de mal faire.

* Nous allons le montrer.

I1 Que je t^iis me désaltérant.

19 Tu dis du mal l‘an passé.

é> 90 Pédant : on appelle ainsi un homme qui sait peu , mais qui ^ croit savoir beaucoup et qui en est très-vain.

"* Les bons maîtres méritent lous nos rrspecl«, tout nuire attache- 3* meut ; à ceux-là, on n'a pas besoin de leur dire les deux derniers ST vers de notre fable.

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