LE CHEVAL
Voyez ce fier coursier, noble ami de son mai ire ,
Son compagnon guerrier, son serviteur champêtre,
Le traînant dans un char ou s'élançant sous lui ;
Dès qu'a sonné l'airain , dés que le fer a lui ,
Il s’éveille, il s’anime, et, redressant la tête , Provoque à la mélée , insulte à la tempête :
De ses naseaux brûlants il souille la terreur;
Il bondit d'allégresse, il frémit de fureur;
On charge, il dit : Allons, se courrouce et s’élance.
Il brave lo mousquet , il affronte la lance ;
Parmi le feu, le fer, les morts et les mourants, Terrible , échevelé , s’enfonce dans les rangs ,
Du bruit des chants guerriers fait retentir la terre, Prête aux foudres de Mars les ailes du tonnerre :
Il prévient l’éperon , il obéit au frein ,
Fracasse par son choc les cuirasses d'airain,
S’enivre de valeur, do carnage et de gloire,
Et partage avec nous l’orgueil de la victoire ;
Puis revient dans nos champs, oubliant ses explois, Reprendre un air plus calme et de plus doux emplois ; Aux rustiques travaux humblement s'abandonne ,
Et console Cérès des fureurs de Bellone.
Dklille.