‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 152 sur 549 · MORT DE JEANNE D’ARC · texte numérisé non relu

MORT DE JEANNE D’ARC

A qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers 1 ?

Pour qui ccs torches a qu’on excite?

L'airain sacré 3 tremble et s’agito...

D'où vient ce bruit lugubre? où courent ces guerriers. Dont la foule à longs flots roule et se précipite ?

La joie éclate sur leurs traits;

Sans doute l’honneur les enflamme ;

Us vont pour un assaut former leurs rangs épais ;

Non, ces guerriers sont des Anglais Qui vont voir mourir une femme.

Qu’ils sont nobles dans leur courroux!

M ÉMOI RE

Qu’il est beau d'insulter au bras chargé d’entraves! La voyant sans défense, ils s’écriaient, ces braves : • Qu’elle meure! elle a contre nous Des esprits infernaux suscité la magie4 . . . . •

Lâches, que lui reprochez-vous?

D’un courage inspiré la brûlante énergie,

L’amour du nom français , le mépris du danger, Voilà sa magie et ses charmes :

En faut-il d’autres que des armes Pour combattre, pour vaincre et punir l’étranger? Du Christ, avec ardeur, Jeanno baisait l’image ;

Ses longs cheveux épars flottaient au gré des vents : Au pied de l’échafaud, sans changer de visage,

Elle s'avançait à pas lents ;

Tranquille elle y monta ; quand , debout sur le faite , Elle vit ce bûcher qui l’allait dévorer,

Les bourreaux en suspens , la flamme déjà prête , Sentant son cœur faillir, elle baissa la télé,

El se prit à pleurer.

Ah! pleure, fille infortunée!

Ta jeunesse va se flétrir

Dans sa fleur trop tôt moissonnée!

Adieu, beau ciel, il faut mourir!

Tu ne reverras plus tes riantes montagnes ,

Le temple, le hameau , les champs de Vaucouleurs, Et ta chaumière et tes compagnes,

Et ton père expirant sous le poids des douleurs.

Après quelques instants d’un horrible silence ,

Tout à coup le feu brille, il s’irrite, il s’élance

Le cœur de la guerrière alors s’est ranimé;

A travers les vapeurs d’une fumée ardenlo,

Jeanne, encor menaçante,

Montre aux Anglais son bras à demi consumé. Pourquoi reculer d’épouvante?

Anglais, son bras est désarmé;

La flamme l’environne, et sa voix expirante Murmure encore : O France ! ô mon roi bien aimé! Qu’un monument s'élève aux lieux de ta naissance , 0 toi qui des vainqueurs renversas les projets !

La France y portera son deuil et ses regrets,

Sa tardive reconnaissance ;

Elle y viendra gémir sous de jeunes cyprès ;

Puissent croître avec eux sa gloire et sa puissance! Que sur l’airain funèbre on grave des combats ,

Des étendards anglais fuyant devant tes pas,

Dieu vengeant par tes mains la plus juste des causes! Venez, jeunes beautés, venez, braves soldats;

Semez sur son tombeau les lauriers et les roses!

Qu’un jour le voyageur, en parcourant ces bois,

Cueille un rameau sacré, l’y dépose, et s’écrie :

A celle qui sauva le trône et la patrie,

Et ri obtint qu'un tombeau pour prix de ses exploits!

Casimir Delayignf.

Jranne if Arc y il le jour au village «te Domrémy, à iroi* lirur» de Vauroulctir* , »ur te* confins de la lorraine rl de la (llum|ii‘ gne. Sun | >*• r r te nommait Jacques d'Arc, et «a mère lulii llc Humée. Née de simple cultivateur* , elle rrnil une éducation cnnfor nie à «ou étal. L« » premier* élément* de la rrligiuu . quelque* pratique» pieutri, et ce* principe* de morille qui fout la force et la romolaiion de» homme» de tou* le* nni(l>il telle» furent le* connaissance» de riiundile villageoise , de celle jeune vierge de» champ* , destinée a changer un jour le *ort de *011 pays.

I>é* l'Age de treize an», Jeanne d'Arc prétendit avoir eu de» révélation» ou apparitions céleste». qui rengageaient A se bien conduire, en l'a»»iirant qu'elle chasserait le» Anglaise! ferait comouner le roi de France Charles VII. Accompagnée d’un de se* ourles, auquel elle s'elait confiée, Jeanne »c pré»en>a devant le seigneur de Bandrirourt , qui la renvoya comme une visionnaire. l'Srurtéc d'uu de »rs frère* , de deux gentilshommes de son pay*, elle partit néanmoins, habillée en lumimr , et fit cent cinquante lieues pour arriver auprès de Chirl». ■ Crntil dauphin , lui dit elle, je viens, et suis envoyée de l.i part de Dieu pour porter «erours a vi >ii» et au royaume. Mené*, moi à Orléans, et je vous donnerai lit de» preuves de ma mission. • la? roi lui fit faire une armure , lui donna des chevaux , de* pages, un écuyer, et tout l'attirail d'un chef de guerre. Jeanne ravitailla Orléans, assiégé par 1rs Anglais, Tel était l’atrenclant de celle fille extraordinaire, que toute* les villr* ici. elle; au pouvoir des Anglais ouvrirent leur* portes; lleims suivit cet exemple. Ix roi y fit son entrée solennelle le Itj juillet , et le lendemain il fut ronronné dan* la cathédrale, à la grande satisfaction de Jeanne d’Arr, qui, durant la cérémonie, se tint debout , près de l'autel , son étendard A la main.

IA »c terminait sa mission, et l'humble Jeanne d'Arc , tandis que l'Kuropc entière retentissait du bruit de sa gloire, n'aspirait plus qu’au repas de sa première obscurité. • l'btl A Dieu mon créateur , disait-elle A l'archevêque de Heinis , que je pusse maintenant partir, abandonnant les armes, et aller servir mon père et ma mère , en gardant leurs brebis avec ma ttrnr et mes frères, qui moult se réjouiroirul de tue voir! a

Mais Jeanne d'Arc sacrifia set désirs aux ordres de son roi et au bien de la France, et ne cessa de combattre jusqu’A l’époque oit, défendant la ville de Compïègne, assiégée par les Anglais, elle tomba entre leurs maint. Ceux ci, loin d'élre loucbét de tant de courage, sans respect pour son jeune Age et ta vertu, eurent la cruauté de faire périr leur noble prisonuière. Elle fut condamnée A être brûlée.

1 Les apprêts d’un bûcher.

* Torches . flambeaux de bois résineux ou de cire.

1 L'airain sacré , les cloches.

* Les Anglais disaient que Jeanne était une sorcière, une magiricnne , et comme telle la firent condamner A être brûlée sur un bûcher.

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