‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 164 sur 549 · VERS ALLÉGORIQUES A MES ENFANTS · texte numérisé non relu

VERS ALLÉGORIQUES A MES ENFANTS

Dans ces près fleuris Qu'arrose la Seine,

Cherchez qui vous mène t Mes chères brebis.

J’ai fait , pour vous rendre Le destin plus doux,

Ce qu’on peut attendre D’une amitié tendre ;

Mais son long courroux Détruit, empoisonne Touà mes soins pour vous ,

El vous abandonne Aux fureurs des loups.

Seriez- vous leur proie,

Aimable troupeau ,

Vous, do ce hameau L'honneur et la joie ;

Vous qui , gras et beau ,

Me donniez sans cesse Surrhcrbelle épaisse Un plaisir nouveau 1 Que je vous regrette !

Mais il faut céder :

Sans chien , sans houlette ,

• Puis-je vous garder I L’injuste fortune Me les a ravis.

En vain j'importune Le ciel par mes cris ;

Il rit de mes craintes ,

Et, sourd à mes plaintes,

Houlette ni chien ,

Il ne me rend rien.

MÉMOIRE

Puissiez-vous , contentes ,

Et sans mon secours ,

Passer d'heureux jours,

Brebis innocentes ,

Brebis, mes amours!

Que Pan vous défondo :

Hélas! il le sait,

Je ne lui demande Que ce seul bienfait.

Oui, brebis chéries ,

Qu'avec tant de soin J'ai toujours nourries ,

Je prends à témoin Ces bois, ces prairies,

Que, si les faveurs Du dieu des pasteurs Vous gardent d’outrages,

Et vous font avoir ,

Du malin au soir,

De gras pâturages ,

J'en conserverai,

Tant que je vivrai ,

La douce mémoire ,

Et que mes chansons ,

En mille façons ,

Porteront sa gloire Du rivage heureux Ou , vif et pompeux,

L’astre qui mesure Les nuits et les jours ,

Commençant son cours ,

Rend à la nature Toute sa parure ,

Jusqu'en ces climats Où , sans doute , las D’éclairer le monde,

11 va chez Télhis Rallumer dans l’onde Ses feux amortis.

M*£ Deshoulières.

FRAGMENT

Quand on est plein de jours, gaiment on les prodigue : Leur flot bruyant s'épanche au hasard et sans digue ; C’est une source vive et faite pour courir,

Et qu'aucune chaleur ne doit jamais tarir.

Pourtant la chaleur vient et l'eau coule plus rare;

La source baisse , alors le prodigue est avare :

Incliné vers ses jours comme vers un miroir,

Dans leur onde limpide il cherche à se revoir;

Mais en tombant déjà las feuilles l'ont voilée,

Et l'œil n’y peut saisir qu'une image troublée.

L’aiieua de Marie.

PROSE

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